CHAUX CARBONATÉE
lier, surmonté d'uD pointement à six faces, également régulier, le pointement est formé de la réunion des rhomboèdres P et ^ ^l\ lesquels donneraient un dodécaèdre triangulaire isocèle par le prolongement de leurs faces. Ces dodécaèdres, dans la chaux carbonatée, ne sont jamais complets, ils ne se présentent qu'à Tétat de pointement plus ou moins étendu.
Eqoiaze. — Ce rhomboèdre, produit par des troncatures tangentes sur les arêtes culminantes, et par suite dont la hauteur est la même que celle du primitif, est le plus fréquent des cristaux; il se trouve quelquefois simple, à Joachimsthal en Bohême, à Andréasberg, auHartz, etc., /I9. 136. Mais le plus ordinairement il se présente en combinaison ayec d'autres cristaux. II est surtout très-fréquent avec les prismes à six faces et les métastatiques , ainsi qu'on le voit dans les fig. 161, 162 et 191. Quelquefois les angles de l'équiaxe sont arrondis, les cristaux deviennent alors lenticulaires.
Il résulte de la position de ce rhomboèdre sur le primitif, qu^ sa diagonale horizontale est double de celle du noyau , et que sa diagonale oblique est égale à Tarête du noyau. J'ai démontré cette propriété générale dans les principes de cristallographie, vol. P% p. 99. Son signe est 6'.
inverse. -— M. Haûy a donné ce nom à un rhomboèdre intérieur au primitif, et sur lequel celui-ci est tangent, par suite d'une propriété remarquable qu'il présente, qui consiste en ce que les angles plans de Tinverse sont égaux aux angles dièdres du primitif. Il résulte de cette disposition que les angles de la coupe principale sont les mêmes de part et d'autre. Ce rhomboèdre , représenté /tgr. 139 , pi. 22 , est aigu ; moins fréquent à l'état simple que l'équiaxe , on l'a trouvé à Cousons , près de Lyon , en cristaux très-nets. Un gisement dans lequel il est fort abondant , c'est le grès de Fontainebleau. Cette roche, dont le ciment est de chaux carbonatée. présente fréquemment des géodes où cette substance s'est concentrée en assez grande proportion pour cristalliser. Dans ce cas , la chaux carbonatée empâte une grande quantité de
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grains de quartz qui lui donnent l'apparence de grés cristallisé. La forme qu'elle affecte est toujours l'inverse. On a retrouyé le gris mstallisé dans les landeç de Bayonne et dans le grès tertiaire de Bergerac ; dans ces deux localités, il se présente , comme dans la forêt de Fontainebleau, en rhomboèdres inverses. Ces cristaux fournissent un des exemples les plus intéressaùts pour établir la relation entre la forme secondaire des minéraux et le milieu dans lequel la cristallisation s'est opérée.
Le rhomboèdre inverse est très-fréquemment associé avec d'autres formes secondaires ; les fig. 145, 149 et 184 en offirent des exemples. Son signe est e^ .
Je ferai remarquer que les Allemands désignent sous le nom d'inverse le rhomboèdre eV^, qui est effectivement placé dans une position inverse relativement au primitif. Cette expression, beaucoup plus exacte que celle de Haûy, s'applique aussi aux cristaux de quartz et de plusieurs autres substances. Il est né« cessaire de se rappeler cette circonstance , pour ne pas faire de confusion entre ces deux variétés de cristaux.
Gontraslant. —Ce rhomboèdre , encore plus aigu {fig. 140, p{. 23) que Tinverse, est placé, dans ce dernier, d'une manière tangentielle, de sorte que les quatre cristaux qui précèdent constituent une série de rhomboèdres tangents les uns sur les autres ; le contrastant forme le premier terme de la série ; V inverse est tangent sur les arêtes de ce rhomboèdre; le primitif l'est sur Tinverse ; enfin , Véquiaxe est placé d une manière analogue sur le primitif.
Le contrastant est fort rare comme cristal simple; cependant M. Haûy le cite dans le pays d'Aunis , à une lieue de La Rochelle^ où il a été trouvé, par M. Fleuriau de Believue, en géodes dans le calcaire jurassique. Il est fréquemment en combinaison avec d'autres rhomboèdres : les fig. 150 et 187 en offrent des exemples. Le signe symbolique du contrastant estes.
— Les cristaux qui portent ce nom forment
Î94 CHAUX CARBONÀTÉE.
dès rhomboèdres aigus, peu différents du cube, fig. 138; aussi ont-ils été rangés, pendant longtemps, dans les collections avec la chaui fluatée ; c'est Texamen du cimge triple qu'ils possèdent, qui a appris à M. Smithson, célèbre chimiste anglais, leur véritable nature. Le cuboïde dont le signe est ^/* est assez fréquent. On Ta trouvé en France , près de Castelnaudary , dans le département de TAude , à Test du Puy de Corrent, près de Clermont-Ferrand , à Andréasberg au Hartz, etc., où il est accompagné d'harmotome cruciforme. Les cristaux simples de cette variété sont plus abondants que ceux du rhomboèdre contrastant , mais les combinaisons y sont moins fréquentes; les fig. 167 et 168, pi. 27, en fourùlssent cependant des exemples. Les cristaux de cette variété sont généralement peu chargés de facettes , et leur forme est souvent celle du cuboïde.
Mixte. — Ce rhomboèdre , /!g. 141, plus aigu qu'aucun de ceux que j'ai décrits, et dont le signe est e^^, a été trouvé en cristaux simples dans plusieurs localités. H. Haûy le cite dans une mine de plomb du Derbyshire. M. Lévy, dans le catalogue de la collection de M. Heuland, en décrit qui proviennent du calcaire de transition de Plymouth en Angleterre , ainsi que de la mine de plomb du prince Maximilien , à Andréasberg , au Hartz ; les premiers , d'un blanc terne et terreux , présentent des ifldices prononcés de clivage ; les autres, d'un jaune orange , sont hyalins. Les fig. 152 et 154, pi. 25, offrent des combinaisons du mixte.
contracté et dilaté. — M. Haûy a donné ces noms à deux rhomboèdres extrêmement aigus qui se trouvent encore avec quelque fréquence , mais dont on ne connaît pas de cristaux simples ; la fig, 142, qui appartient à des cristaux trouvés dans des mines de plomb du Gumberland , représente le rhomboèdre contracté surmonté de Téquiaxe. La fig. 145, p(. 23, qui se rapportent à des cristaux garnissant l'intérieur de géodes de quartz d'Oberstein , dans la Prusse rhénane , représente le rhomboèdre dilaté, également surmonté du rhomboèdre
GHAOX GARÈONAtËÉ. 295
équiaie. Ces deux rholnboèdres ont beaucoup d'analogie l'un avec Tautre, les signes qui les distinguent sont également fort rapprochés ; en effet , le contracté est donné par la loi e*^*, et le dilaté par e«/».
Outre les huit rhomboèdres précédents , la chaux carbonatée en présente encore au moins dix , qui ont été décrits par M. le* comte de Bournon , ou par M. Lévy. Ces rhomboèdres sont, en général, très-rares; tous, à Texception d'un seul fort obtus, trouvé à Offenbanya, en Transylvanie, dont le signe est a'/*, et que la/îgr. ÎSlf, pL 22, représente, sont placés sur les angles latéraux du primitif. Les signes que nous avons donnés ci-dessus indiquent leurs lois de dérivation , et les font suffisamment connaître. Ces rhomboèdres ne sont ordinairement représentés que par des facettes peu importantes qui n'altèrent pas la forme générale des cristaux ; leâ fig. 155 et 156 donnent des exemples du rhomboèdre c'^' combiné avec le cuboïde e*f^ ou l'inverse e*.
La fig. 157 « pL 25, qui représente un cristal provenant des environs de Castelnaudary , offre l'association du contrastant avec un rhomboèdre très-rare, dont le signe est e^fi.
La fig. 147, pi. 24, dont la forme générale est celle de Fin* verse, porte des modifications d'un rhomboèdre, e®/* dont les faces sont assez dévelopt)ées. Ces cristaux , qui proviennent d'Ândréasberg auHartz, sont légèrement courbes^
Enfin, dans les cristaux représentés /ig. 155, 165^174, 185 et 197, il existe également des rhomboèdres que nous n'avons pas encore cités, et dont les lois de décroissement sont e*fi^ e*, e»'*, «•'*, et ^/». Plusieurs de ces cristaux sont très-chargés de facettes, et les rhomboèdres dont nous venons de donner les signes ne se présentent, en général^ que sous la forme de modifications très-peu étendues.
Les derniers exemples que nous venons de citer ont déjà montré la réunion de plusieurs rhomboèdres. Quelques-unes dé (^9 associations sont éitrémenieiit fréquentes, entre àutrÀs
296 CHAUX GARBONATÊE.
celles du primitif et de Téquiaxe, fig. 148 , de l'iayerse et du primitif, fig. 149, du primitif et du contrastant, fig. 150.
Les cristaux composés de deux modifications, quoique beaucoup plus fréquents que ceux qui n'en offrent qu'une seule, le sont cependant encore moins que les cristaux formés par la réunion de trois genres de facettes. Bien rarement ces trois genres de facettes appartiennent à des rhomboèdres. M. le comte de Boumon en cite deux exemples. Ordinairement , dans les cristaux composés , il existe les faces d*un prisme à six faces , ou d un métastatique. Pour qu'on puisse saisir plus facilement la disposition générale des cristaux, je donnerai successivement des exemples de ces deux genres de modifications.
Je rappellerai d'abord qu'il existe, dans le rhomboèdre, deux prismes réguliers à six faces, l'un placé sur les angles latéraux et donné par la loi e^, l'autre placé sur les arêtes latérales , et résultant du décroissement d'. Pour que ces prismes soient complets , il faut , en outre , y ajouter la modification a* qui donne la base , en produisant un plan horizontal sur Tangle sommet.
Le prisme placé sur les angles est très-fréquent , celui sur les arêtes est au contraire très-rare , et on n'en connaît que quelques exemples. Le premier, fig. 158, pi. 26, est en outre le seul complet , on le trouve avec abondance dans plusieurs mines du Hartz. Il est d'un blanc laiteux , presque toujours opaque. Souvent la base porte des stries parallèles aux arêtes qui sont des indications de clivage. Si le prisme complet est assez rare, les cristaux portant des indices du prisme sont au contraire très-fréquents, et, dans un grand nombre, cette modification leur donne même l'aspect général.
Les modifications qui se trouvent le plus ordinairement réunies au prisme sont le rhomboèdre primitif et Téquiaxe. La fig. 159 qui représente des cristaux trouvés au Hartz, dans le Gumberland , en Angleterre , et dans le département de risère , en France , montre le prisme sur les angles surmonté
GHAOX GARBONATEE. 297
du primitif. La fig. 160, qui provient du Gumberland, est un exemple très-rare du prisme sur les arêtes, associé au rhomboèdre primitif.
On remarquera que la position du rhomboèdre primitif est différente dans chacun de ces cristaux. Dans le premier, ses intersections avec trois des faces du prisme sont horizontales, tandis que , dans le second , il coupe les six faces du prisme suivant des lignes inclinées qui dessinent les six arêtes latérales du primitif.
Les/!gr. 161 et 162, pi. 26, sont la répétition des deux prismes dans lesquels l'équiaxe remplace le primitif comme pointement.
Dans quelques cristaux , les deux prismes à six faces sont réunis, et donnent par leur ensemble un prisme à douze faces. M. Haûy cite cette variété dans le Cumberland , en Angleterre, fig. 163. Les deux prismes y sont représentés par des faces de largeur à peu près égale, mais celles du prisme é^ sont plus brillantes.
Parmi les rhomboèdres de la chaux carbonatée, plusieurs forment, deux à deux, des angles semblables; seulement, ils sont placés en sens contraire. Nous avons déjà cité le rhomboèdre e*fi qui présente cette disposition ; lorsque ces rhomboèdres sont réunis avec un des prismes , la base de ce cristal est remplacée par un pointement régulier à six faces, dont les arêtes sont horizontales , ainsi qu'on le voit dans la fig. 164, pL 27 , à laquelle M. Haûy a donné le nom de trihexaidre. Il résulte de cette disposition que , si le prisme disparaissait, les deux pointements à six faces formeraient , par leur réunion, un dodécaèdre triangulaire isocèle.
Outre les dodécaèdres triangulaires qui résultent de Tassociation des deux rhomboèdres d'angles égaux, mais placés en sens inverses , il existe dans la chaux carbonatée , conune dans le quartz, des solides de cette nature donnés par des lois particulières ; ces cristaux ont reçu le nom A'isoeiloèdrei ( voir tome V% page 112). La flg. 165 ftû, qui représente une variété
298 CHAUX CAHfiOltATEe.
décrite par Haûy sous le tiom de lèptomotphique ^ offre un exemple d'isocéloèdre complet. Il est le seul que j'ai vu indiqué. Ces solides, presque toujours à Fétàt tudimentaire , se j^résentent dans la chaux carbonatée sous forme de modiScar tions placées sur les arêtes horizontales des prismes à six fttces. hesfig. 165 et 166, pi. 27 , en offrent des exemples; la première appartient à des cristaux d'Andréasberg, associés à de la stilbite; la seconde représente des cristaux provenant de la mine deSamson, dans le Hartz. Cette localité offre un nouvel exemple du prisme placé sur leâ arêtes ; lés faces en sont mates et un peu raboteuses , circonstance fréquente pour le second prisme à six faces.
Nous joindrons encore plusieurs autres exemples de la foi'me prismatique, empruntés, pour la plupart, à la belle collection de M. Heuland , et dont les. lois de dérivation ont été calculées par M. Lévy , fig. 167. Prisme è* surmonté du cuboîde , trouvé à Guanaxuato , au Mexique.
Fig. 168. La même forme dans laquelle le cuboîde est simplement indiqué par une légère trondature sur trois arêtes de la base du prisme; de la mine de Sevenracks, dané lé Derby shire.
Fîg. 169. Prisme e*^ avec équiaxe tronqué ail sommet ; de Guanaxuato.
Hg. 170. Cristaux provenant des environs de Luçon, dans la Vendée, formant une géode dans Toolite inférieure. Dans ces cristaux , le prisme est surmonté d'un pointement à six faces basé , composé du primitif ei de Téquiate.
Fig. 171 « Prisme à six faces, avec des indications de deux scalénoèdres aigus e^^^ et d}^^ ; de Braûnsdorf ^ en Saxe.
jFV^. 172. Même cristal, dans lequel il existe des indications du second prisme à six faces d^ ; d'Andréasberg, au Hartz. '
Fig. 173. Prisme terminé par les faces d'un scalénoèdre obtus 6^, dont le sommet est remplacé par la base du prisme, et trois de ses arêtes par les faces du rhomboèdre équiaxe.
Plg. 174. Yariélé précédente^ dani laquelle leâ trois arétés
CBAtJX CARBONATEE. 29Ô
d'intersectioD de i'équiaxe avec les faces du prisme sont remplacées par le rhomboèdre aigu «•'* ; d'Andréasberg.
Ftg. 175. Prisme à six faces, dont le sommet porte Téquiaxe, le métastatique ordinaire d*, et deux scalénoèdres obtus b^ et e,; du Derby shire.
Fig. 176. Même variété, augmentée du rhomboèdre contrastant c«. J*ai eu Toccasion d'étudier cette belle variété dans la collection de M. le marquis de Drée. Ces cristaux , blancs et transparents» sont associés à de la chaux fluatée cubique et du zinc sulfuré. Ils proviennent d'une mine de plomb du Derbyshire , en Angleterre.
Fig. 177. Prisme hexaèdre, terminé par les faces du primitif et celles de l'équiaxe, et doublement émarginé à l'endroit des intersections obliques des faces du primitif avec celles du prisme par deux scalénoèdres , l'un ej^ , placé sur les arêtes; l'autre t, qui est produit par une modification intermédiaire, dont l'expression est dv* d*/^ jt/*. jg Garrigill, Cumberland.
Fig. 178. Cristal très-aplati, portant les deux prismes avec un scalénoèdre c, qui en tronque fortement les bords de la base ; d'Andréasberg.
Les détails qui précèdent font connaître les principaux rhomboèdres que présente la chaux carbonatée , ainsi que les dispositions générales des deux prismes à six faces. Déjà même j'ai indiqué quelques facettes des scalénoèdres ou des métastatiqufes, mais elles étaient pour ainsi dire accidentelles, et ne changeaient rien à l'aspect général des cristaux. Je vaismaintenailt décrire un certain nombre de variétés datis lesquelles les métastatiques dominent. Plusieurs seront la répétition de quelques-unes de celles que j'ai données plus haut; mais, suivant que les faces des rhomboèdres, du prisme à six faces, ou des métastatiques dominent , Taspect des cristaux est différent.
Le métastatique ordinaire d* est le plus fréquent de tous les cristaux. Quelquefois il est simple, comme on le voit dans la fig. 179, pL 29 ; lé plus ordinairement , il porté sur ses an-
300 CHAUX GARBONATEE.
gles latéraux des facettes du prisme , fig.iSS, pL 51 , ou des facettes de rhomboèdres qui émoussentson sommet; mais ces facettes ne changent que bien peu la disposition générale des cristaux, fig. 182.
Je rappellerai que le métastatiqued^ possède deux propriétés fort remarquables : elles consistent!^ en ce que Tangle obtus de Tun quelconque des triangles qui composent ce dodécaèdre est égal à l'angle obtus du rhomboèdre primitif; 2^ en ce que rincidence de deux faces voisines à l'endroit d'une des deux plus courtes arêtes u est égale à celle des faces du noyau , prises vers un même sommet. C'est pour faire allusion à ces deux propriétés que M. Haûy a donné à ce cristal le nom de tnélastatique , qui veut dire transport.
Il résulte de cette disposition relative des angles du métastatique , que Taxe de ce cristal est triple de celui du rhomboèdre primitif; en sorte que, lorsque ce solide est placé dans son intérieur, ainsi que la fig. 179, pi. 29 , le représente , les sommets du rhomboèdre divisent en trois parties égales l'axe du métastatique. J'ai démontré cette propriété dans les principes de cristallographie, vol. P^ p. 100. La loi de dérivation de ce métastatique est d>. Les plus beaux cristaux métastatiques proviennent du Derbyshire. Le Muséum d'histoire naturelle en possède qui ont trois à quatre pouces de diamètre, d'une limpidité parfaite. Les localités qui en fournissent sont très-nombreuses; nous citerons encore ceux du Saint-Gothard, remarquables par la pureté de leurs formes.
Les fig. 180 et 181, pL 29, représentent deux métastatiques très*aigus : le premier, appelé axigraplie par Haûy, est donné par la loi */* ; il a été trouvé dans les mines de fer de Framont dans les Vosges. Ses cristaux, légèrement colorés à la surface par de l'oxyde rouge de fer, sont parfaitement limpides ; le second, qui provient de l'Ile de Feroë en Islande, est d'un blanc laiteux. Le sommet de la plupart des cristaux de cette variété est terminé par une ligne horizontale, ce qui tient à l'élargissement de deux faces opposées de ce dodécaè-
CHAUX GARBONATEE. 301
dre : le signe qui représente sa loi de dériyation est cF/^.
Fig. 182. Métastatique ordinaire surmonté du rhomboèdre primitif; du Derbyshire. M. Haûy a donné le nom de binaire à cette i^ariété.
Fig. 185. Métastatique aigu, ayant pour signe d*P, terminé par la base du prisme à six faces ; provient du Hartz.
Fig. 184. Métastatique très-aigu d*/*, dont les sommets sont remplacés par le rhomboèdre inverse e* ; d'Andréasberg, Hartz.
Ftg. 185. Métastatique encore plus aigu que le précédent (T/^, dont le sommet est également remplacé par un rhomboèdre ««/*, plus aigu que l'inverse ; de l'Ile de Feroë.
Fig. 186. Métastatique éPP^ dont le sommet est remplacé à la fois par le primitif et l'inverse. Ce cristal, qui provient du . Mexique^ montre d'une manière distincte que le primitif est tangent sur Tinverse.
Fig. 187. Métastatique ordinaire dont les sommets portent à la fois les traces du primitif et de Téquiaxe, et qui présente en outre sur ses angles latéraux des troncatures dues à un riiomboèdre aigu ^.
Fig. 188. Métastatique ordinaire (P,dont les angles latéraux sont tronqués par les faces du prisme hexaèdre régulier e^. Cristal très-fréquent ; il existe en abondance dans les mines de Matloc, dans le Derbyshire.
Fig. 189. La même variété portant à son sommet le rhomboèdre primitif ; du Derbyshire.
Fig. 190. Elle représente des cristaux provenant de Gua- , naxuato, au Mexique, dans lesquels les sommets, au lieu d'être remplacés par le primitif, le sont par le rhomboèdre e*P qui fait le même angle que celui-ci ; les arêtes les moins obtuses de ces cristaux sont en outre doublement émarginées par un scalénoèdre dont le signe est (d*p d'P fr'/»).
Fxg. 191. Métastatique ordinaire (P avec le prisme; le sommet en est remplacé par Téquiaxe.
fij|. 192. Même variété, dont le sommet porte des indica-
50« aUUX CABBONATEE.
tions du primitif en même temps que i'équiaie. U y existe également de petites facettes inclinées appartenant à Tinverse ; du Derbyshire.
Fig. 193. Métastatique d», dont le sommet est remplacé par rinverse, et portant sur ses angles latéraux les faces du prisme. U résulte de la position de Tinverse sur le métastatique, que les lignes d'intersection sont parallèles aux arêtes longitudinales du métastatique, et sont par conséquent parallèles entre elles deux à deux.
Fig. 194. Scalénoèdre aigu ej^^ avec le prisme; de Garigill, Gumberland.
Fig. 195. Métastatique aigu d?/^, avec les faces du prisme ; de la mine de Samson, au Hartz.
Ftg. 196. La même variété, dont les sommets sont en outre terminés par le rhomboèdre équiaxe; de Maronne, dans le département de l'Isère, en France.
Fig. 197. Métastatique d\ dont les sommets sont remplacés par un scalénoèdre obtus b^, tel que ses arêtes d'intersection sont horizontales, et par conséquent donnant, s'il était complet, un isocéloèdre ; les angles latéraux du métastatique (P portent d abord de petites facettes du prisme e , celles d'un scalénoèdre aigu donné par un décroissemenl intermédiaire dont la loi est (d* d^p b^/'), enfin des indications très-légères du mixte. Ce cristal, qui provient du Derbyshire, présente, malgré son assez grand nombre de facettes, la forme générale du métastatique.
Fig. 198, pi. 53. Les cristaux que représente cette figure proviennent de Konsberg en Norwége. Us sont presque exactement la répétition de la fig. 182, pi 30, désignée par M. Haûy sous le nom de binaire, etcomposée du métastatique ordinaire d^ et du primitif qui en remplace les sommets. Mais, contrairement à celle-ci, dans les cristaux de Norwége le primitif a pris une grande extension, et le métastatique n'est indiqué que par deux séries de facettes qui forment une double bordure sur les arêtes latérales du primitif. li en résulte que
CHAUX GARBONATEE. 308
la forme domio^nte de ces cristaux est donnée par le pnnûtif. De petites facettes ^, appartenant à un rhomboèdre, existent en outre sur les angles latéraux.
Fig. 199. Cette variété, analogue à la précédente par sa disposition générale» s'en distingue par le double biseau placé sur les arêtes du primitif : Tun de ces biseaux «^p^rtient au métastatique ordinaire éP; l'autre est le résultat d'un second métastatique cP , beaucoup plus court que le premier; ces cristaux portent en outre l'indication du rhomboèdre e^l*.
Fig. 200. Les qristaux que représente cette figure et qui proviennent de Garigill dans le Gumberland^ quoique plus chargés de facettes que les deux précédents, sont cependant analogues à ceux-ci : la forme primitive domine encore et leur donne Taspect général. Les bords latéraux en sont remplacés par deux métastatiques d* et d* ; les bords supérieurs, par le scalénoèdre b* ; enfin les angles latéraux portent deux séries de facettes : Tune appartenant au prisme à six faces e*, l'autre à un rhomboèdre e^J^ que nous n'avions pas encore cité, et qui est lune des facettes les plus rares de la chaux carbonatée.
Fig. 201 . Les cristaux représentés dans cette figure sont re« marquables par la multiplicité des facettes; ils comprennent six rhomboèdres, savoir : le primitif P, Véquiaxe t* ; le rhonh boidree^P de même angle que le primitif; le mixte e^/*; le contrastante^ et le contracté e^/^ ; les deux prismes à six faces e* etd* ; le mftatastique ordinaire d^, deux scalénoèdresb^ et dV que nous avons déjà eu l'occasion de citer dans plusieurs cristaux, enfin un scalénoèdre (d*/^ d*P b^p) produit par un décroissement iptermédiaire.
Ces crjstaux, qui proviennent du Derbyshire, en Angleterre, fournissent un exemple intéressant à étudier. On remarquera que, ipalgré le nombre de facettes dont ils ^ont surchargés et qui s'élève à 96, leur forme générale est celle de la fig. 180, composée exclusivement du métastatique du prisme #3, et du primitif; qu^ toutes les facettes qui y existent
304 CHAUX GARBONATEE.
nous sont très-familières^ et que la plupart constituent les variétés les plus fréquentes. L'analyse de ces cristaux, en ap* parence très-complexe, devient donc facile quand on isole, ainsi que je viens de le faire, chaque modification. Cet exemple fait en outre comprendre qu'il est inutile de faire une monographie complète des variétés de cristaux que possè* dent les espèces minérales, puisqu'on peut toujours trouver de nouvelles combinaisons de facettes, et que les noms qu'on donne à chacune de ces combinaisons, loin de faciliter Tétude de la cristallographie, deviennent une véritable difficulté.
Hémitropfet. — Pour compléter les formes cristallines de la chaux carbonatée, il faut ajouteraux exemples que je viens de donner la description des cristaux hémitropes. Plusieurs d'entre eux sont extrêmement fréquents; les angles rentrants qui les accompagnent ordinairement indiquent l'existence de ces hémitropies, mais pour quelques-unes les lois qui les régissent sont difficiles à saisir, quoique cependant elles aient toutes lieu parallèlement à des faces importantes de cette espèce.
1® Hémitropie perpendiciilam à l'axe. — L'bémitropie la plus fréquente est celle qui a lieu perpendiculairement à Taxe du rhomboèdre ; elle se reproduit dans les cristaux rhomboédriques et surtout dans les métastatiques ; les mines du Derbyshire, si riches en variétés de ce genre, fournissent au moins autant de cristaux hémitropes que de cristaux ordinaires. Pour concevoir la manière dont le groupement a lieu, reprenons le métastatique simple, et traçons^en son milieu, fig. 202, p/. 33, un plan perpendiculaire à son axe : il coupera le métastatique suivant un polygone régulier à
douze faces, i, a la. Ce même plan interceptera sur
chaque face du métastatique douze petits triangles égaux (g^ II, 12) (ia,a, i) (i,a, a) (a, 6, 3) etc. Si l'on suppose maintenant que la moitié inférieure du métastatique tourne sur son axe d'un sixième de circonférence vers la droite, en restant toujours appliquée sur la moitié supérieure, il en ré-
CHAUX GÀRBONATÉE. 305
sultera que chaque triangle inférieur (i, la, a), (i, a, 2), (4, c, 5), (5 c« 6), etc.,yieDdras'appliquer sur les triangles supérieurs. Les premiers étant inclinés vers l'angle supérieur S du métastatique, et les seconds appartenant aux plans qui les réunissent au sommet inférieur S', il est évident qu'il se formera des angles rentrants suivant les lignes (n, la), {ny 3), etc., qui sont restées en place; mais en même temps, ces mêmes lignes, appartenant aux plans inférieurs, viendront sur les lignes horizontales ( is, i ), ( i, a) de la moitié supérieure du cristal, et. donneront lieu à des arêtes saillantes le long de ces lignes. Il y aura donc^ ainsi qu'on l'observe dans la fig. 203, trois angles rentrants et trois arêtes saillantes.
La fig. 204 représente cette même hémitropie sur des cristaux de la forme primitive, portant de légères troncatures, appartenant au prisme régulier à six faces. Les angles rentrants sont formés, dans ce cas, par la réunion d'une face P supérieure, et d'une face P' inférieure ; elle présente de même trois angles rentrants et trois arêtes saillantes.
2^ Hémitropie parallèle à la face de réqoiaze. — Le rhomboèdre qui porte ce nom est déterminé par des plans tangents menés sur les arêtes culminantes du primitif. Prenons le plan de Téquiaxe naissant sur l'arête AE, il est évident qu'un plan parallèle à l'équiaxe, passant par cette arête, coupera les faces du primitif, fig. 154, pi. 22, suivant des lignes parallèles aux arêtes latérales Ee. Menons donc dans le cristal 205, p(. 33, représentant le prisme à six faces placé sur les arêtes latérales du primitif surmonté de ce rhomboèdre,
un plan coupant i, a, 3 6, par des lignes (i, a), (4, 5)
parallèles à ces arêtes; il coupera le cristal suivant le polygone à six faces i, 2. ...6. Supposons maintenant que la moitié inférieure du cristal tourne d'une demi- circonférence en s'appliquant toujours exactement sur le plan coupant, ce plan étant incliné à l'axe, il en résultera nécessairement que l'axe sera rompu en deux parties, formant entre elles un angle AcA', fig, 206 : toutes les parties correspon- T. II. 20
306 OEXBX GÀBBONATÉE.
dantes affecteroot le même angle, et il naîtra trois angles rentrants dans le cristal ainsi modifié ; Tun d'eux, placé sur le devant OE'oe\ est le résultat de la réunion des deux faces primitives WOoe, OEV'o' contiguës; en même temps qu'il se forme ces trois angles rentrants, la réunion des faces opposées donne lieu à trois arêtes saillantes.
M. Lévy décrit des cristaux, fig. 207, provenant de Vaagoe dans les lies de Feroë, appartenant à cette hémitropie, dans lesquels il manque quatre faces du prisme. Cette circonstance apporte au premier abord quelque difficulté pour reconnaître ces cristaux comme appartenant à de la chaux car* bonatée , parce qu'ils ne présentent qu'un angle rentrant ; mais les traces du clivage mettent sur la voie, et indiquent la position des différentes faces.
Cette même hémitropie se reproduit d'abord dans les métastatiques simples, et dans des métastatiques portant le prisme. La plupart des métastatiques affectés de cette hémitropie présentent un élargissement de deux faces qui lui donne un Q&ractère particulier, surtout pour les cristaux maclés. La fig. 208 représente un métastatique simple de cette nature, avec l'indication du plan coupant passant par deux arêtes latérales opposées (i,a),( 4)^» et par suite parallèles à une des faces de Téquiaxe. La moitié inférieure, en tournant sur ce plan d'une demi-circonférence, s'applique de manière qu'il se produit un angle rentrant entre les faces n, a, 3, n', 5, 6 : les quatre triangles /Bi , ^56, gaS et g34 donnent par leur réunion un angle quadruple.
La fig. 209, qui représente des cristaux de Nertschinsky» en Sibérie, montre cette disposition.
3^ Hémitropie parallèle à une des faces de la forme primitiTe. — On trouve dans le Derbyshire des cristaux trè^ aplatis, présentant des biseaux coupants à la manière d'un ciseau, qui appartiennent à ce troisième genre d' hémitropie ; souvent deux des faces du métastatique ont pris assez d'accroissement pour réduire à quatre les faces de chaque som-
CHAra GARBONATtE. 3^'
met de ce solide, ainsi que la fig, 210 le représente, et Thémitropie s'est faite autour du plan 1,2. ..6. Cette suppression fait que la macle ne présente pas alors d'angle rentrant.
Fréquemment ces cristaux appartiennent à la Tariété bisalterne deHaQy, c'est-à-dire au métastatique portant les faces du prisme sur chaque angle latéral, ayant subi une transposition d'une demi-circonférence : ils présentent alors un angle rentrant dans lequel deux faces du prisme se coupent.
La fig. 211, qui représente des cristaux du Derbyshire, montre la même forme, sur laquelle on remarque des facettes b^ qui appartiennent à Téquiaxe.
4^ Hémitropie parallèle à la face da prUme à sljt f acee placé tiir les anirlM. — La collection de minéralogie de TEcole des Mines possède un échantillon dont la localité est inconnue , sur lequel existe une hémitropie de cette nature. La fig. 212 , que Ton a seulement complétée , montre sa disposition générale. Il existe des angles rentrants aux extrémités du plan de jonction des deux cristaux.
aemarqiies sur la Tariation de l'angle de la cbanz carbonatée. — J'ai annoncé, en parlant de la cristallisation, que l'angle de 105® 5' était une moyenne entre lesangles que m a- Tait fournis la mesure de masses lamelleuses très-nettes pro- Tcnant dislande, de Saxe et du Derbyshire. M. Breithaupt a pensé que les différences d'angles étaient assez prononcées et assez constantes pour donner lieu à diviser la chaux carbonatée en plusieurs espèces. Les divisions proposées par M. Breithaupt ont Tinconvénient de porter atteinte aux véritables bases de la spécification , qui consistent dans Taccord des caractères chimiques et des caractères cristallographiques; aussi ne sont-elles pas généralement adoptées par les minéralogistes. Je pense néanmoins utile de donner, dans le tableau suivant, la classification du savant professeur de minéralogie de Freyberg , parce qu'elle indique d'une manière certaine la relation entre la forme, la dureté et la pesanteur spécifique de chacune des espèces qu'il propose.
CHAUX GARBONÂTËE.
!• Arétrigonale. .
S» Kophonique. .
S* Eagnosiique. .
4* Polymorphe. .
5» Méroiéoique. .
6« Uaplotypiqoe.
?• MéliDique...., 8* Dia:$Utique...
9» Ëuroétrique....
10« Tantoklinique .
Il» Paratomique..
12o Dimériqae...., i3« Kryptique. . . . , 140 Isométrique...
15» Sidérique
I60 Rosique
170 Kaminoxénique.
i8o Olëzonique. ....
i9<> Allotropique. ..
2O0 Mésilinique....
21» Bractaytipique. .
22» Hystatique
23« Maneanique. . . .
24" Zincique
Angles.
JO60 ir.