à2.7IS
On remarquera que les angles des vingt-quatre espèces précédentes ne forment pas une continuité parfaite : la distance entre la première et la huitième n'est que de vingt-trois minutes, tandis qu'il existe un hiatus de près d'un degré entre la huitième et la neuvième. Cette différence assez grande se reproduit dans la dureté, et surtout dans la pesanteur spécifique qui est de 2,775 pour la huitième, et de 2,917 pour la neuvième.
Un semblable hiatus a lieu entre l'espèce 14 et 15, en sorte qu'il faut séparer ces vingt-quatre espèces en trois groupes différents : le premier, de 1 à 8, appartient exclusivement à la chaux carbonatée ; le second, de 9 à 14, se rapporte à la dolomie; enfin le troisième, de 15 à 24, comprend à la fois le fer carbonate, le manganèse carbonate et le zinc carbonate.
Une fois ces trois divisions admises, les différences d'angles signalées par M. Breithaupt ne sont plus que des oscillations naturelles ; et toutes les personnes qui ont pris des angles
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sayent que bien rarement on retombe, en mesurant à plusieurs reprises le même cristal, sur des angles complètement identiques ; à plus forte raison doit-il exister quelque variation pour des échantillons difTérents. Ces variations sont souvent le résultat de déformations par des causes physiques , telle que la chaleur que les cristaux ont pu éprouver postérieurement k leur formation.
Chau carbonatée lainéll«nse. — Les cristaux cassés donnent naissance à des fragments lamelleux ; on désigne plus particulièrement par le nom de chaux carbonatée lamelleuM des masses dans lesquelles les clivages ne sont pas continus, et qui sont le résultat d'une cristallisation confuse, mais assez distincte pour qu*on puisse en extraire des solides de clivage. Quand les lames sont petites et entrelacées , on se sert plutôt de l'expression lamellaire que de celle de lamelleuse* Du reste, la cristallisation passe par des nuances insensibles de Tétat lamelleux à letat saccharolde, et c'est la texture lamellaire qui tient le milieu.
La cristallisation étant un moyen constant de séparer les substances solubles et de les (purifier, on doit comprendre que les masses de chaux carbonatée lamelleuse ou lamellaire sont pures; elles sont par conséquent presque toutes d'un blanc laiteux , ou légèrement colorées en jaune de vin par la substitution d'une légère quantité de fer à de la chaux. Dans les échantillons de chaux carbonatée qui contiennent à la fois des oxydes de fer et de manganèse, en remplacement d'une certaine quantité de chaux, ces oxydes, en passant au maximum, leur donnent une couleur brune. Cette variété particulière de chaux carbonatée, à laquelle appartient le calcaire de Moutiers, a été désignée par Werner sous le nom de braun spath , ou spath brunissant.
Madréporite. On donne ce nom à une variété de chaux carbonatée, qui se présente en baguettes à cassure lamelleuse courbe; elle est d'un gris très-foncé, et quelquefois même d*un noir analogue à celui de la houille : elle doit ce caractère
SIO CHAUX GÂRBONATÉE.
à un mélange de charbon, qui s'élève pour quelques échantillons à 8 pour 100. Sa structure bacillaire l'a fait comparer à des coraux ; mais elle est le résultat de la cristallisation, et non du remplacement de corps organisés.
Ghaiiz carbonatée nacrée. — Je signalerai encore celte variété, parce que ses caractères extérieurs sont assez trompeurs : elle forme des masses lamelleuses d'un blanc de lait, quelquefois d'un blanc jaunâtre, à lames courbes as^z étendues. Son éclat nacré est brillant à la manière du mica; elle est tendre, se laisse rayer à l'ongle, comme le ferait de la chaux sulfatée, quelquefois même elle est friable. Son analyse montre qu'elle est uniquement composée de chaux et d'acide carbonique. Werner supposait que la texture de la chaux carbonatée nacrée n'était pas due à la cristallisation, mais à un dépôt par couches, et il l'appelait schieferspalhy ou spath schisteux; j'ai eu l'occasion de m'assurer que l'angle est de 105^ environ, comme pour les masses lamelleuses ordinaires. C'est à la même variété que les minéralogistes allemands donnent le nom de schaùmerde, ou écume de mer.
On trouve le schieferspath à Bermsgrûn, près de Schwartzemberg, en Saxe, où il est accompagné de galène, et àKonsberg, en Norwége. Le schaûmerde provient de Géra en Misnie, et d'Eisleben en Thuringe.
Argentine.— Zirman a décrit sous ce nom une variété de chaux carbonatée nacrée, assez analogue au talc par son éclat argentin et soyeux ; elle contient une petite quantité de silice.
Quelques auteurs ont donné des noms à certains échantillons de chaux carbonatée, qui offrent des couleurs et des tissus différents. Mais comme ces caractères ne sont pas constants, les échantillons auxquels ils appartiennent ne peuvent pas même être considérés comme constituant des variétés particulières. La chaux carbonatée lamelleuse violacée, de Faroe, a été désignée sous le nom de prunnerite ; la chaux carbonatée bitumineuse, qui donne une odeur souvent assez forte par la percussion, a reçu le nom à'm^thràcùnUê et de
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minesUmê. Ce dernier nom, adopté par les minéralogistes anglais, signifie pierre puante. H. Dana cite deux Tariétés de ehaux carbonatée, sous les noms à'inolite et d'o5<réocolte, sans en donner les earactères. Je ne puis indiquer exactement à quelles divisiOBs elles appartiennent.
Plnmbo-calclte. — On trouve dans la mine dé plomb de Tanlocklead , en Ecosse , de la chaux carbonatée lamelleuse, contenant de 7 à 8 pour 100 de carbonate de plomb ; M. Johnston , qui en a fait l'analyse , a donné à celte substance le nom de plumbo-calcite *, qui rappelle sa composition. L'examen que j'ai été à même de faire de ces masses lamelieuses , en tout semblables à la chaux carbonatée, m'a convaincu que c'est un simple mélange , ou peut-être une substitution d'une certaine quantité de plomb à une proportion atomique correspondante de chaux ; il y aurait donc , dans ce cas ] isomorphisme entre la chaux et l'oxyde de plomb , circonstance qui établirait un lien de plus entre les carbonates qui cristallisent en rhomboèdres, et ceux qui ont pour système cristallin le prisme rectangulaire droit.
On a retrouvé à Leadhill's, en Ecosse , des échantillons de plumbo'calcite. D'après l'analyse de M. Delesse ( Annales des mines, 1. 1*'), elle est composée de carbonate de chaux, 97,6 ; carbonate de plomb, 2,34 ; eau, 0,03. Cette variété est moins riche en plomb que celle de Yanlocklead , ce qui confirme les observations précédentes.
J'ai trouvé l'angle du plumbo-calcite exactement de 105^ 5' comme celui de la chaux carbonatée.
H. bescloizeaux a obtenu pour sa pesanteur spécifique les nombres2,746 et 2,748; celle de la chaux carbonatée est2,723.
Les autres caractères du plumbo-calcite sont identiques avec ceux de la chaux carbonatée ; on doit donc la considérer comme en étant une variété. Il existe également une arrago*
< Journal dtEéMbourg^ nonvéUe série , t. VI , p. 79.