‹ Traité de minéralogieChapitre 87 sur 118 · PYR0C31L0RE · texte numérisé non relu

PYR0C31L0RE

Ce minéral y existe daos un filon qui traverse la Serpentine. Il est engagé dans une gangue talqueuse schistoîde, de couleur verte, traversé par des veines de calcaire cristallin. La pérowskite y est associée avec de l'ilmenite et du fer aimant, précisément comme cela a lieu dans l'Oural. Cett« association confirme l'analogie qui existe entre les montagnes de l'Oural et celles des Alpes, que j'aurai l'occasion de signaler en décrivant les silicates, notamment les idocrases, les grenats et les émeraudes.

M. Damour a trouvé pour la pesanteur spécifique de la pérowskite de Zermatt, les nombres 4,057 et 4,039 ; un des échantillons rapporté par M. Hugard, est recouvert d'une croûte noire de 3 à 12 millimètres d'épaisseur, que M. Damour a reconnue être essentiellement composée de fer titane, renfermant une proportion notable de magnésie et d'oxyde de manganèse.

Cette substance est en grains arrondis et en petits cristaux en octaèdres réguliers, fig. 375, pi. 45, engagés dans la siénile zirconienne de Friedrickswàm, en Norwége. Elle a été retrouvée à Miask, en octaèdres portant les faces du dodécaèdre, et d'un solide à 24 faces aV^, dont les faces font l'une sur l'autre des angles de 150® 31' et 160*^ 32'. Ces cristaux, fig. 276, beaucoup plus gros que ceux de Friedrickswam, sont en même temps plus brillants; quelques-uns atteignent un demi-pouce de diamètre. Tous les autres caractères, sauf la pesanteur spécifique qui est un peu plus grande, ainsi qu'on le verra plus tard, sont du reste identiques pour le pyrochlore de Norwége et celui de l'Oural. La couleur du pyrochlore est d'un bruD rougeâtre ou noirâtre, opaque, même dans les fragments minces; son éclat est à la fois vitreux et résineux. Rayé par le feldspath, il raye la chaux phosphatée. Sa pesanteur spécifique varie de 4,105 à 4,220 : sa cassure est conchoîde. Il est complètement attaqué par l'acide sulfurique.

4fQ PYROGBLOaÇ.

Au chalumeau, le pyrochlore est infurible; il ^eyieuld'un jaune verdàtre par la calcination, et perd une certaine quantité d'eau.

Le pyrochlore de Friedrickswarn, a donné :

Par Wohier. Par Hayes *.

Acide titanique 62,75. Acide titanique 20,20.

Chaux i2,85. — tantalique 53,10.

Protoxyde de manganèse. 2,75. Chaux 19.45.

Oxydedefer 2,16. Oxyde de fer 2j35.

Oxyde d*uraDe» 6,18. — d'urane de manga-

Oxyde de cérium 6,80. nëse pi. et ont i ,20.

p3(|de d'étaln 0,61. Perte 0,80.

(iau 4,20.

L'analyse de Wôhler semble indiquer que le pyrochlore est un tilanaté de chatÂX uni à un titanate d'urane, de cérium et de fer. On croit devoir remarquer que le pyroehlorê et la pirou)8kUe cristallisent l'un et Fautre dans le système régulier; que la couleur, la pesanteur spécifique et la dureté de ces deux minéraux 'sont presque identiques : Téclat seul est différent. II serait possible cju'ils appartinssent à la même espèce, et que des mélanges fussent )a cause de la difiérence qui existe entre eux.

L'analyse de Hayes n'a que peu d'analogie avec celle de Wôhler; il est probable qu'elle ne se rapporte pas au même minéral.

Les cristaux de Miask en Sibérie, et deBrévig en Norvège, contiennent de l'acide tantalique au lieu d'acide titanique. En considérant ces deux acides comme isomorphes, on pourrait identifier ces minéraux ; dans le cas contraire, les cristaux de Miask et de Brévig appartiendraient à une espèce différente. M. Rose, qui a décrit les cristaux de Miask, et M. Wôhler, quia fait connaître la composition des pyrochlores de ces deux localités\ les considèrent comme de simples variétés d'une même espèce, malgré la différence que je viens de signaler.

* imericgn /ottrtuU ofsdfinceSy t. XLVI, p. 164.

PYRGjGHLORE. 4i1

La pesanteur spécifique du pyrochlore de Miask est de 4,20 à 4,32, celle du pyrochlore de Brévig est seulement de 3,80.

Les analyses suivantes montrent les analogie^ et les diffé* renées qui existent entre ces deux dernières variétés.

De Miak, pu HernuiDii ». De BréTig, pir Vohier. p'ÎÎIJiVmain"

Onf.

Acide tanUlîque 62,25 7,46 1 ^ ^ 67,376 Acide mobi(iûe. . 60,80

Acide titanique 2.23 0,88)' Traces. Traces. 41»90

Zircone 5,57 1,46 » » »

Oxydedecériumetthorine 3,32 0,68 13,152 5,159) ^^^

Oxyde de lanthane 2,00 0,28 Oxyde d'arane. 5,601 ) '

Tttria » » 0,808 » 0,94

Oxyde de mauganëse 0,70 0,14 0,146 1,688 Magnésie. 1,46

Oxyde de fer 5.68 1,74 1,135 1,329 2,23

Chaux 13,54 3,80 10.934 9,877 9,80

Sodium-potassium 3,72 3.930 » Potasse. . 3.23

Fluor 3,23 . 5,233 » 2.21

Eau 0.50 1,160 7,058 ^^

Acide tungstique Traces. Ox. d'étain . Traces . '

M. Wôhler annonce que l'excès de poids que présente Tune de ses analyses tient en partie à ce que l'oxyde de cérium y existe à l'état de proloxyde; il lui parait, en outre, trèsprobable que le fluor s'y troure combiné au sodium, et il admet qu'on peut représenter le ppochlore de Miask par la formule : (Ca^ + Ce^ TA*)ïa + NaF. La formule d'Hermann est 2 (Ca^ iV, P) Ta + 2 (ir ^ i'e) ia ïi + (Ka, Na, LOF/.

Une partie de Tacide tantalique étant remplacée par de Tacide titanique, et une partie des bases par ryttria et les protoxydes de fer et de manganèse.

ificroUte. — On a trouvé associé à une veine d albite» à Chesterfield dans le Massacbussets, des cristaux en octaèdres.

• Jwmal d^Brdmann, X. XXXI. p. 98, 1844. s Idem, t. L, p. 189.

il 2 AÇORITE.

dïiiie couleur jaune et brune. Ces cristaux tantôt opaques, tantôt translucides, ont été rapportésau pyrochlore par Teschemacher. Analysés par Shepard et Hayes, ces chimistes ont trouvé pour la composition de la microlite :

Shepard. Hayei.

Acide tantalique 75,70 » 79,60.

Ghaax 14,84 » 10,87.

Acide tungstique^ yttria, arane 7,42 Acide T. uran 5,50. ■

Eaa 2,04 Fer magnésien »

L'analyse de Shepard conduirait à la formule Ca* Ta», et celle de Hayes à Ca Ta*, qui difiEèrent essentiellement des analyses du pyrochlore de Friedrickswarn et de Miask. Ces différences tiennent sans doute à des mélanges en proportions considérables, mais dont on ne sait pas encore apprécier la nature.

AÇOaiTB.

Azorite; Tantalate de chaux.

Les roches albitiques des Açores contiennent des petits cristaux octaédriques composés essentiellement, d'après les essais deM.HayeSjdechauxetd acidetantalique. Laformede cescristaux serait, d'après Teschemacher, qui les a décrits sous le nom i'azarite, un octaèdre à base carrée, sous l'angle de 123* 15'. Les caractères de ces cristaux les rapprocheraient du zircon, dont les faces de l'octaèdre b* font entre elles un angle de 123® 19', presqu'identique avec celui qui caractérise l'açorite. Mais les essais de M. Hayes s'opposent à ce rapprochement, et si la composition qu'il a donnée pour ce minéral se confirme, cette nouvelle espèce devra être définitivement adoptée.

L'açorite raye la chaux fluatée. Sa dureté est comprise entre 4 et 4,5; sa couleur, d'un gris jaunâtre avec une teinte de vert, se rapproche de celle de quelques variétés de grenat. Sa

' American Journal of$cienc$s, deuxième série, t. m, p. 53.

SGHËELIN CALCAIRE. 415

cassure grenue est assez analogue à celle de ce minéral. On n'y observe pas de clivage. Au chalumeau, Façorite est infusible, mais elle blanchit sur les bords des cristaux, et perd sa demi-transparence. Le borax la dissout avec lenteur, elle donne alors un bouton transparent ayant une nuance verdâtre très-claire. Le sel de phosphore produit une réaction analogue, le globule vitreux qu'on obtient est un peu plus coloré.

Les cristaux d'açorite atteignent quelquefois 1 ligne à 2 lignes de diamètre.

SOWBBUOr OAIlOi

Chaux tungstanée; Wolfram blanc ; Tangstein blanc; Schéelite (Beudant).

Cette substance, connue seulement à Tétat cristallin, présente une grande constance dans sa composition. D'après une analyse de M. Berzélius, elle contient :

oiyg.

Chaux 19,400 5,45 i.

Acide lungstique 80,417 16,27 3.

nomJ)re8 qui donnent pour formule Ca.W^. '

La pesanteur spécifique considérable, qui est 6,076, est un caractère saillant pour la reconnaître.

Sa couleur est le blanc laiteux, blanc grisâtre, blanc jaunâtre, accidentellement brunâtre. Son éclat est très-vif; on le compare à l'éclat du diamant. Sa dureté, supérieure à celle de la chaux fluatée, et moindre que la dureté de la chaux phosphatée, est représentée par le nombre 4, 5. Difficilement fusible au chalumeau en un verre transparent. L'acide nitrique Fattaque lentement et produit un résidu d acide tungstique, qui est jaune. Sa cassure inégale est imparfaitement concholde. Il possède des clivages difficiles, suivant les faces de l'octaèdre ft*.

Le schéelin calcaire cristallise dans le système du prisme à base carrée, fig. 277, pi. 45. La hauteur du prisme est à la longueur d'un des côtés de la base : : 21 : 10. On ne connaît de la forme primitive que la base^^qui est même fort rare. Les

Mfk SCHÉELIN CkLeAIftÊ.

cristaux ordihairës affectent la disposition d'un octaèdre aigu à base carrée, fig. 278, donné par des inodifications sur les arêtes de la base. Un second octaèdre à base carrée a*, placé sur les angles, est encore fort habituel; il est rarement simple. La plupart des cristaux de cette forme portent, ainsi que la fig. 279 l'indique, de petites faces o* appartenant au second octaèdre.

Quelques cristaux sont surmontés d'un octaèdue fort obtus b^, et souvent même dans ce cas ils portent une indication de la base du prisme. La fig. 280, qui représente des cristaux provenant des mines d'étain de Schlackenwald en Bohémei aJQTecte cette disposition. La fig. 281, qui appartient à un cristal que j'ai rapporté des environs de Borrowdale dans le Westmoreland, offre un troisième octaèdre placé sur les angles dont le signe est a* ; je citerai, d'après M. Lévy, un trèsbeau cristal, fig. 282, de la collection de la comtesse Aylesford, remarquable par la pureté de ses faces, ses dimensions et sa limpidité; il contient les octaèdres o*, a^ et a' placés sur les angles, ainsi que les octaèdres b^ eib^ placés sur les arêtes que je viens de faire connaître; mais il présente, en outre, un solide à 16 faces ou dioctaèdre a^, dont la moitié des faces manque. D'après les observations de Phillips, il existe encore trois autres dioctaèdres a ,/a; a ,/, et a, qui sont hémièdres. Les cristaux de Zinnwald, fig. 281 bis, sont presque toujours dans ee cas. Les cristaux de schéelin calcaire sont souvent maclés, quoiqu'ils n'offrent pas d'angles rentrants. L'axe de révolution est alors perpendiculaire à I une des faces latérales de la forme primitive. On reconnaît facilement les macles àce que, dans les cristaux qui en contiennent, les faces qui les présentent sont striées de manière que les stries d'une moitié ne sont pas le prolongement des stries de l'autre moitié, mais forment entre elles un angle légèrement obtus.

Les faces des cristaux de schéelin calcaire, quoique trèsbrillantes, sont souvent un peu courbes. On éprouve quelquefois de la difficulté à en obtenir les nlfôures exactes. Cette

CHAUi NÎTRATÉÉ. t\^

ràteôti ih'a engagé â donner les angles indiqués par Phillipè dans sa Minéralogie y fel ceux que M. de Marignàc a bien i?oula me communiquer ; ils sont le résultat d'une étude trèscomplète du schéelin calcaire faite par le savant professeur de Genève.

Tableau des angî^ du schéeUn calcaire.

H. Marignac. M.

Phillips.

Û. Marignac. M. Phillips.

PM

a' sur a»

1000 4flr.

MM

a« sur a*

P sur 6»

û» sur a»

P sur 6«

6' sur a*

P sur a*

t* sur a'

P sur a*

5* sur a.

P sur a»

6' sur a, /g

P sur a'/

P sur as

6* sur a»

P sur a''*

ai/s sur a,

b* sur 6»

b* sur (t3

b* sur &>

Analofiries. — - iaisement. — La pesanteur spécifique du schéelin calcaire, son éclat adamantin et sa couleur donnent à ce minéral de Tanàlogie avec le plomb carbonate et le plomb sulfaté. Le premier est soluble dans l'acide nitrique avec eâervescence, tandis que le second est inattaquable par ce réactif. Le schéelin est attaqué avec formation d*un résidu jaune d'acide tungstique. Au chalumeau, les plombs carbonate et sulfaté donnent du plomb métallique.

Le schéelin calcaire accompagne souvent les mines d'étain ; il appartient aux filons de l'époque la plus ancienne. Les plus beaux cristaux proviennent de Zinnwald et de Sehalkenwald en Bohème. Le Gornouailles en fournit également de remarquables par la pureté de leurs formes et par leur éclat.

OH AUX snraATÊB.

Salpêtre terreux; Nitre calcaire.

Ce âél constitue principalement les eflflorescences salines que Ton observe sur les murs humides. Il est déliquescent, et

416 CBAUX BORATÉE.

Ton ne peut que rarement en étudier les caractères. Sa saveur est amère et fraîche ; il fuse lentement sur les charbons enflammés, en y laissant un résidu blanc pulvérulent, qui consiste en chaux caustique.

Lorsqu'on fait cristalliser artificiellement la chaux nitratée, elle donne des prismes hexaèdres terminés par des pyramides à six faces, que l'on considère comme appartenant au système riiomboédrique.

Beaucoup de sels se trouvent en efflorescences : on les distingue par le goût et la nature de Tacide qu'ils contiennent.

OH AUX OHX.ORIIRI6B.

Chlorure de calciam; Huriate de chaux; Hydrochlorate de chaux.

Ce sel n'existe qu'en dissolution dans les eaux des mers, dans celles des lacs salés et de quelques sources. H est d'une saveur piquante et très-amère. Déliquescent, il ne peut cristalliser que lorsque les eaux qui le contiennent sont amenées à un grand degré de concentration.

OBAVZ mOWLATÈB.

Hayesine; Hayesénite; Boro-calcite ; Hydro-boro-calcite; Boronatrocalcite ; Te».

Ce minéral a été découvert à Iquique dans la province de Torapaca, au Pérou, dans des argiles tertiaires ; il y forme des rognons de grosseurs variables , depuis une noisette jusqu a un œuf, lesquels sont connus dans le pays sous le nom de Uia. Ils sont composés de fibres soyeuses blanches, tantôt irrégulièrement feutrées, tantôt radiées. Dans le dernier cas, on observe dans les rognons difiTérents centres de radiation, comme s'ils étaient formés de la réunion de plusieurs petits rognons. Les fibres s'écrasent facilement entre les doigts : mises dans de Teau chaude, elles se transforment en une pâte volumineuse. L'eau dissout une certaine quantité de ce sel ; il fond facilement au chalumeau, en donnant à la flamme une couleur verte, caractéristique du bore.

CHAUX BORATËE. 417

D'après Fanalyse suivante de H. Hayes, qui a fait connaître ce sel, sa composition serait représentée par la formule CaBo^+6A9.

Hai«ilte, pur Hayei '. Par Ulez *.

Oiyc lUpp.

Addebori<iiie.... 46,11 31,76 6 49,5.

Chaux 18.89 5,28 1 15.7.

Soude > » 8.8.

Eau 35,00 31,11 6 26.

La seconde analyse se rapporte à un minéral qui a été décrit par Ulex, sous le nom de boronatrchcalàie, et qui présente des caractères identiques avec la hayésine. Dana a proposé le nom à'ulexite pour spécifier ce borate de chaux.

M. Beudant avait constaté, il y a déjà longtemps, Texistence du borate de chaux en croûtes superficielles sur des fragments de pierre calcaire provenant de Toscane. Ces espèces d'incrustations, qui ressemblent à un tuf calcaire , sont probablement le produit de la double décomposition du borax et de la chaux carbonatée.

La collection du Muséum d'histoire naturelle a reçu de Coporciano, près de Monte-Gatini, en Toscane, sous le nom de chaux boratée^ un échantillon hyalin blanc, à cassure vitreuse, dont les caractères extérieurs rappellent ceux du quartz.

Cet échantillon, qui ne pesait pas 2 grammes, était de trop petites dimensions pour que je pusse le soumettre à l'analyse. Je le cite doï)c à l'article de la chaux boratée, comme une simple indication.

n est assez dur, raye la chaux carbonatée avec facilité.

« UMrahgiê de Dana, troisième édition. 1830. p. 217. * àtinakê de chêmk 9t â» pharmaeiet t. LXX, p. 4lè.

418 PËRIGLASE.

M. de Brooke ^ a observé, sur un échantillon de q)iftW|9)r; bonatée spathique, dont la localité lui est incoqpue, de petits cristaux très-brillants que ce minéralogiste a décrit comme de la chau^ Qxalatée. Lej^r éclat est analogue à celi^i du carbonate de plomb. Leur cassure est concholdale; il a trouvé leur dureté de 2,50 , et leur pesanteur spécifique 2,75.

La forme de la chaux oxalatée dérive d'un prisme rhomboïdal obUque. Les cpstftux (léprits par M. de Brook^, analogues à ceux de plomb c^fboné, /îjjf. 287, fl 99 , oqt U forme générale d'un prispap ft six faces, b^sé, forteipent aplati, suivant la modification ^^, pt ayai^t un poi^tement à si:^ faces composé dp Ifi pyran^ide b* et du bisei^u «*. Les aqgles mesurés par M. de Brooke so^^t :

PM

F sur e' opposé = i09<» «8'.

MM

P sur 6> = i4^ 4'.

H sur M =12do42'.

Il existe un clivage facile parallèlement à la base. Toutes les faces de ces cristaux , à Vexception des faces H, portent des stries profondes.

GEiRE MAGNÉSIE.

FBaiOLASB.

Magnésie native.

M. Scacchi, professeur de minéralogie à Naples, a découvert en 1840, dans des échantillons de dolomie de la Somipa, des cristaux octaèdre auxquels il a donné le nopi de fériclase^ par allusion aux clivages qu'ils offrent sur leurs angles. Plusieurs échantillons de ce minéral rare et intéressant ont été trouvés depuis cetle épqque dans le^ fQpUes 4^ ia SomWft» les mêmes qui contiennent de la méionite et de la népheline.

< PhUosophical Magazine, X, XVI, p. 449.

PÉRIGI^ASE. m

L'analysç des cristaux de périclase, soigneusement séparés de leur gangue, a donné * :

A M. Scacebi. k H. Damour.

Magnésie 89,04 92,57 35,83.

Protoxyde de fer 8,56 6,91 2,il •

Perte 2,40 Résida 0,86

Il résulte de ces analyses que la périclase est essentiellement composée de magnésie. Ces savants n'ont pu déterminer si le fer y est au minimum ou au maximum d'oxydation . MM. Scacchi et Damour le considèrent comme étant isomorphe avec la magnésie, et par suite cette substance serait de la magnésie native. Quelques personnes croient, au contraire, que le fer est à l'état d'acide ferrique, et que la périclase est im ferrale de magnésie. Dans cette dernière hypothèse, on aurait un sous-sel M^^^F^ tellement chargé de magnésie, que son existence me paraît fort improbable ; je pense donc que la périclase est de la magnésie native comme le corindon est de Talumine cristallisée.

La périclase est d'un vert obscur; ses cristaux, qui peuvent avoir cinq millimètres de côté , sont assez nets pour être mesurés; ils sont sous l'angle de 109^ propre à l'octaèdre régulier; ils possèdent, de plus, un clivage triple et très-net, dont toutes les faces sont perpendiculaires entre elles , ce qui conduit à adopter le cube pour la forme primitive de cet intéressant minéral. Il est transparent, et ne donne aucun indice de double réfraction. Infusible au chalumeau. Difficilement attaquable par l'acide nitrique lorsqu'il est en fragments, il s'y dissout entièrement après avoh* été réduit en poudre. Sa dureté est presque égale à celle du feldspath; sa pesanteur spécifique est 3,75.

Analoi^es. — La périclase est associée au péridot olivine

* De la Périclase, nouvelle espèce mnéraie, par M. Scacchi {Annales des mtws, troisième série, t. III, p. 369, 1844).

420 MAGNÉSIE HYDRATÉE.

blanc et bien cristallisé ; elle pourrait se confondre avec cette substance et avec le pyroxène verdàtre qui se trouve également dans la roche de la Somma : la forme des cristaux constamment nets , du moins dans le peu d'échantillons connus , la caractérise suffisamment ; mais le clivage cubique est le moyen le plus sûr de distinction. Les caractères extérieurs de la périclase rapprochent encore ce minéral de la chaux fluatée et du schéelin calcaire : le clivage et la dureté servent également à la distinguer. J'ajouterai que la nature de la roche de la Somma ne pomTait s'accorder avec les deux dernières analo* gies que je viens d'indiquer.

MAoïràsni HmaATds.

Magnésie native; Gubr magnésien; Talc hydraté ; Brucite ( Beudant).

Cette substance a été trouvée à Hoboken , dans l'État |de New-Jersey , et à Tlle d'Unst , une des Shetlands ; elle est en masses lamelleuses blanches et nacrées , formant de petits filons dans de la serpentine. Leur analyse a conduit à la formule MgAq^ indiquant que c'est un hydrate de magnésie composé d'un atome de magnésie et d'un atome d'eau.

De I1ol>okeD, par Bruce. 1 De Ttle d'Unst, par Fjffe.

Magnésie 70. 69,75 27 t.

Eau 50. I 30,25 26,89 I. ' '

Les clivages de la magnésie hydratée sont courbes , mais cependant assez nets. M. Lévy annonce avoir obtenu pour leur mesure l'angle de 120 degrés, propre au prisme à six faces régulier. De petites aiguilles déliées , mais cependant assez nettes , tapissant des fissures dans les masses lamelleuses de Hoboken , l'ont confirmé dans Topinion que cette substance cristallise suivant le prisme régulier. M. Necker a récenunent visité nie d'Unst , et il annonce* y avoir recueilli des cristaux de magnésie hydratée fort distincts , quoique très-petits. Ce

1 Bmoikêqw de Gméve, t. XXVII, p. 371 .

MAGNÉSIE HYDRATÉE. 421

sont des tables annulaires à six faces , représentées fig. 283, pï. 46, Dana considère ce prisme à six faces comme un tronc de rhomboèdre analogue à la fig. 285, pi. 46 ; il annonce avoir pu mesurer les angles de la brucite sur un fort bel échantillon que M. George Brush lui a donné. Il a trouvé que l'angle de la base sur la face du rhomboèdre est de 119^ 50', et que cette même face a fait, avec un autre rhomboèdre, Tanglede 105« 30'.

La magnésie hydratée est douce au toucher comme le talc; mais ses lames ne sont pas flexibles , ce qui la distingue de cette substance avec laquelle elle a quelque analogie. Tendre, elle se laisse facilement rayer par la pression de l'ongle ; elle donne de Teau dans le tube d'essai. La matière résultant de la calcination est légèrement alcaline, et ramène au bleu le papier de tournesol rougi précédemment par un acide. Au chalumeau , elle blanchit sans se fondre : soluble dans les acides sans effervescence.

némalite. — M. Nutall * a donné ce nom à des aiguilles blanches nacrées , associées à la serpentine de Hoboken , la même qui contient la magnésie hydratée; ces aiguilles sont celles que M. Lévy cite comme étant de la magnésie hydra^ tée cristallisée. L'analyse suivante de M. Nutall s accorde assez bien avec cette opinion , en admettant toutefois que la silice et l'oxyde de fer qu'elle contient proviennent de la serpentine , qui sert de gangue à ces aiguilles. La faible proportion de silice rend cette supposition naturelle.

Magnésie 51,721 \

Eau 29,666 i^^^

Silice 12.568 ( '

Peroxyde de fer. . 5^874 J

On désigne cette variété de brucite sous le nom de magné" site amianthoide.

wolknérlte.— Le schiste talqueux, qui forme la roche en-

1 Smnan's jouniai^ t. lY, p. 19.

422 MAGNÉSIE HYDRATÉE.

caissante des mines de Schischimsk , près de Slatoust dan^ l'Oural , présente des lamelles et de petites masses lamelleuses d'un blanc nacré , dont les caractères extérieurs sont analogues à ceux de la brucite; elles possèdent comme cette espèce un clivage facile parallèlement à la base d'un prisme à six faces , et offrent même quelquefois des lamelles hexagonales, ce qui semblerait établir leur identité avec cet hydrate de magnésie. La composition trouvée par M. Hermann semble s'opposer à cette réunion; ce serait, d'après ce savant chimiste, un hydro-aluminate de magnésie , auquel il a donné le nom de fjodlknérite y en Thonneur du capitaine Wolkner. Sa pesanteur spécifique est 2,04,

Cette espèce devrait être placée à la classe des hydro-silicates ; je l'ai mise à la suite de la brucite , par l'examen de ses caractères particuliers : elle en offre les réactions. La différence essentielle consiste dans la présence de l'alumine, qu'on peut constater au chalumeau, au moyen de la dissolution de cobalt ; l'ammoniaque fournit également un très-bon caractère , elle précipiterait l'alumine en masse blanche floconneuse de la dissolution de lawôlknérite dans les acides.

Hydro-talcite. — Le minéral auquel Hochsteljter a donné ce nom doit être réuni à la wOlknérite; il est en petites lamelles nacrées , transparentes , blanches avec une teinte de vert, comme le talc. Sa densité est 2, et sa pesanteur spécifique 2,10. Il provient de Snabrum , en Norwége.

La composition de ces deux minéraux résulte des analyses suivantes :

WOlkDérlle, Hydro-Ulcfle, p«r H«rmann *. par Htchstelter '.

Alumine 17,fô 12,00.

Oxyde de fer b 6,90.

Chaax » 10,54.

1 Journal fUr prat. chem,, t. XL, p. 3. « /d., t. XXVn,p. 376.

MAGNÉSIE HYDRATÉE. 425

Les Analyses qui précèdent offrent quelques différences ; il est cependant difficile d'admettre qu'elles n'appartiennent pas à la même espèce.

AHalogiéê. — Geftains échantillons de chaux carbonatie nacrée, de chau^ sulfatée et i^apophytite, ont de l'analogie avec la magnésie hydratée. Le clivage les différencie facilement. L'apoptylite est, en outre, beaucoup plus dure. L'action des acides indique la nature des deux autres substances. La chaut sulfatée n'éprouve aucune altération quand on la mélange avec de l'acide nitrique , tandis que la chaux carbonatée est soluble avec effervescetice. L'essai au chalumeau pourrait également être employé potir Vapophylite, qui est fusible en Un verre incolore. t)ii reste , la considération du gisement suffira presque toujours pour déterminer ce minéral, les échantilioUs de magnésie hydratée étant ordinaitement associés slvec de la serpentine.

MAOMtna OA&BOHATÉa.

Magnésie natiTê; BtudiÉsérite; Walmstédite ; Breonérite} RuoomubUii t GioberUte.

Pendant longtemps on a igtiorê l'existence de la magnésie carbonatée cristallisée : Haay n'a décrit que la magnésie terreuse de Baldissero, qui est un mélange de cette espèce et de magnésite. La plupart des cristaux de magnésie carboriatéd étaient rangés avec la chaux cdrbondtée ; mais l'analyse a montré que certains cristaux des Alpes et du Salzbourg , regardés comme de la chaux carbonatée magnésifère , ne contiennent pas de chaux. On fait doiic maintenant deiix sousdivisions dans cette espèce.

Ma^nécla carbonatée orlalaUlsée. — Sa forme primitive est un rhomboèdre sous l'angle de 107** 25'; elle présente trois clivages égaux et également faciles, vivant les faces du {vimitif. La forme ptimillte est la plud fréquente : l'École des Mines en possède de beaux cristaux, fig. 284, pi. 46, de

m UAGNËSIE GARBONATÉE.

Schellgraden et de Trayerseile en Piémont , engagés dans du schiste talqueux. Ces cristaux , un peu jaun&tres, sont colorés par une faible proportion de fer passé au maximum. Outre ces cristaux , l'Ecole des Mines possède encore de la magnésie carbonatée en rhomboèdres allongés, portant des indications du primitif et terminés par une base assez large , fig. 285. Ces derniers , extraits de la chaux sulfatée du Sabsbourg, sont fortement colorés en noir par du bitume. Nous citerons enfin des masses lamelleuses noires entremêlées de lamelles de chaux sulfatée et provenant du même lieu : les clivages en sont aussi nets et aussi brillants que ceux de la chaux carbonatée ; cette dernière avait été rangée dans la collection de TEcole des Mines avec la chaux carbonatée. La mesure de l'angle, que j'ai trouvé de 107® 32^ m'a engagé à en faire l'analyse, et j*ai reconnu que c'était une magnésie carbonatée, dans laquelle une certaine quantité d'oxyde de fer remplace une quantité proportionnelle de magnésie.

La dureté de la magnésie carbonatée est représentée par 4,5 ; elle raye le calcaire , et elle est rayée par la chaux fluatée. Sa pesanteur spécifique est 2,88 : soluble dans l'acide nitrique avec une effervescence plus rapide que la dolomie, mais beaucoup moins vive que la chaux carbonatée. Au chalumeau , elle donne une matière blanche qui se concrète un peu sur elle-même à la manière des argiles , et qui présente, avec le papier de curcuma , la réaction alcaline.

Analyse de la magnésie carbonatée de BauingarleD. Lamelloiue da Saixboarg»

par Siromeyer. par M. DafréBoj.

OxTf.

Magnésie 47,63 18,43

Oxyde fer > »

Acide carbonique. . 60,75 06,71 !

Oxyde de manganèse 0,S1 »

Eau 1,40 a

Les relations qui résultent de ces analyses donnent la formule UgC^^ analogue à celle qui régit la chaux carbonatée.

MAGNÉSIE GARBONATÉE. 4/X&

y — Les analyses de Stromeyer prouvent que la substance qui a reçu ce nom est une magnésie carbonatée qui contient de 10 à 16 pour 100 de carbonate de fer. La breunérite du Tyrol cristallise en rhomboèdre sous l'angle 107* 30' : ce qui l'identifie complètement avec la magnésie carbonatée.

Da Tyrol. '

De la Tallée de Fasia

Carbonate de magnésie. 84,34

— de fer 10,02

— demangan. . 3,19

Matières combustibles. . 1,62

Haffnésie carbonatée terreute. — Elle ressemble par ses cajractères extérieurs à la craie ; elle happe à la langue ; elle est blanche ou d'un blanc grisâtre; la propriété de faire effervescence qu'elle possède est surtout trompeuse; toutefois, comme elle est presque constamment associée ayec de la magnisite , sihcate de magnésie, qui se transforme par l'action de l'acide à l'état de gelée , cette réaction devient un caractère indicatif. Un essai plus certain est de la traiter par Tacide sulfurique ; il se forme alors un sulfate soluble et d'un goût amer, tandis que le sulfate de chaux, très-peu soluble dans l'eau, donnerait un résidu terreux abondant.

Le mélange de magnésite varie beaucoup ; la magnésie carbonatée, qui en est la moins chargée , est celle de Baldissero, près de Turin; nous en donnons l'analyse d'après M. Berthier •-

Ojfg. Rapp.

Magnésie SO^qO 15,09 1.

Acide carbonique. . 41,80 30,23 2.

Magnésite 19,20

Les proportions de magnésie et d'acide carbonique sont les mêmes que pour la variété cristallisée.

' JmuUudePoggtndorff, 1827^ p. 167.

* ÀnnalM 4i$ miiMf, 1822, p. 316.

4^ MAGNÉSIE HrùttO-CÀRBOKÀTÊE.

KAOHlâsXB HTBR0-0ARB01iAT<B.

Laucastérite SiUiman ; hydhi-magnésié Kobd.

U existe àHoboken, dans l'État de New-Jersey, assofcié à la magnésie hydratée, des aiguilles assez déliées formant sur cette substance, ainsi que sur la serpentine, une croûte superficielle. D'après l'analyse que Wachmeister ^ a faite de ces aiguilles, elles constitueraient un hydro-cai*bônate de magnésie.

La formule de ce carbonate étant assez compliquée, M. Beudant a supposé que cette substance était un mélange du carbonate ordinaire MgC^ avec un hydrate particulier MgAq*^ analogue au magnesia alba des pharmaciens. Le gisement de ces aiguilles , qui sont associées avec la magnésie hydratée lamellaire et plusieurs autres minéraux magnésiens, m'ayaii fait adopter cette opinion dans la première édition de cet ouvrage; mais le même minéral ayant été retrouvé à Negroponte , près Kumi , et l'analyse des échantillons provenant de cette dernière locaUté étant presque identique avec les résultats obtenus par Wachmeister, il est naturel de considérer cet hydro-carbonate de magnésie comme formant une espèce particulière. U paraîtrait même qu'il existe plusieurs hydrocarbonates de magnésie. La Iancas(én(« de SiUiman ^ que j'ai eu l'occasion d'étudier sur un bel échantillon que ce célèbre professeur a donné au Muséum d^histoire naturelle i ne saurait être mise en doute.

Il est en masses fibreuses radiées , analogues par leurs caractères extérieurs à de la thbitisonitc ; ces tâaâses, qui proviennent du Texas en Pensylvatiie, ont tin éclat vitreux et nacré. Quelques-unes des baguettes qui les composent sont terminées ; leur forme est, d'après SiUiman^, un prisme à six faces aplati parallèlement à la face M, surmonté d'un pointetement à quatre faces. Les angles, mesurés par ce savant mi-

1 Kong. vet. Acad. handl^ 1827, p. 17.

* Thê American Journal of science àfid arU^ secdUde série, tt* M, 1854»

MAGNÉSIE HtDRO-CARBONATËE. 427

néralogiste, seraient : M sur t»= H2 à ^13^ 6* sur 6« = 143« 30' à 144 , 6* sur 6* opposés au sommet = 94*'i

Les analyses suivantes établissent la composition de ce minéral.

H jdro-Mrbonaio de magnésie de Hoboken, De

par WacbmeMier. llegropoilte.

Oiyf.

Acide carbonique. ... 36,82 26.63 36,00.

Magnésie 4â,4l 16,41 43,96.

Oxyde de fer 1,66 0,06 a

Eau é 18^ 16»47 19,68.

Silice.; 0,57 » 0,36.

DeLow's miM, be la mioé dite Wood'i mine, an Texas. analysés

» par Laur. tMnilh.

Acide carbonique 36,69 36,74.

Magnésie 43,20 42,20.

Eau 19^ 20,10.

SiUce a >

Kobell désigne ce minéral sous le nom d'hydrO'fnagniHte. Il se présente sous deux aspects différents : en lamelles blanches , brillantes et nacrées . analogues à la brucite ; en petits cristaux aciculaires blancs, analogues à Tarragonite , et à certaines variétés de baryte carbonatée.

Ces aiguilles , peu dures , se laissent rayer à Tongle, à la manière de la chaux sulfatée : leur pesanteur spécifique est de 2,35 à 2,36. Au chalumeau, elles blanchissent et s'exfolient; dans le tube elles donnent de l'eau en abondance. Les acides y produisent une effervescence prononcée ; on obtient les réactions de la magnésie.

La composition de cet hydro-carbonate résulte des analyses suivantes :

Par H. ■. Brni. Par H. le professeur Silliman. I. 11. Ozyg.

Aeide carbonique.. 27.07 26,85 26,96 19,61 1.

Magnésie 50,01 50,72 50,36 19,79 ) .

Protoxydede ffer.. l,0t 0.98 0,99 0,21 ] Bn 21,60 21,47 21,53 19,14 1.

438 MA6NÉSITE.

Les relations atomiques conduisent à la formule MgC + Aq ; celle adoptée par M. Silliman est MgC^ + lUgAq^.

La lancastérite a été trouvée , comme Thydro-carbonate de Wachmeister, dans une roche de serpentine ; mais sa localité est essentiellement différente y elle provient de Pensylvanie , près du Texas. Elle a été envoyée à M. Silliman par la compagnie diteLancaster Gomp., et c'est en reconnaissance de ce don qu'il la désignée sous le nom de lanetistirite.

D'jBiprès les caractères extérieurs et le gisement, on serait conduit à réunir la lancastérite à la brucite. Dana admet que ce sont des échantillons de ce dernier minéral , mélangés de carbonate de magnésie. La forme décrite par Silliman ne peut s'accorder avec cette supposition. Il est donc naturel de considérer la lancastérite comme un minéral particulier ; le prisme à six faces régulier et le prisme rhomboïdal droit étant incompatibles.

Écume de mer; Magnésie carbonatée sBicifere.

Ce minéral , quoique bien distinct de la magnésie carbonatée terreuse, a été longtemps confondu avec elle, la plupart des échantillons de magnésite présentant un mélange de carbonate. La magnésite est en général blanche , quelquefois teintée de gris ou de rose ; elle est légère, par suite de sa porosité. Analogue à la craie par ses caractères extérieurs, elle est plus solide et plus tenace que cette variété de chaux carbonatée. Sèche au toucher, elle happe fortement à la langue ; elle donne de l'eau par la calcination. Très-difQcilement fusible au chalumeau en émail blanc ; attaquable par les acides, elle ne fait point effervescence quand elle est pure. Sa pesanteur spécifique est 2,6. Lorsqu'elle est colorée en gris, elle offire de l'analogie avec les argiles , mais son défaut d'onctuosité Fen distingue; elle fait , en outre, difficilement pâte avec l'eaa;

MAGNÉSITC. ^ 429

il faut l'humecter et la broyer longtemps pour lui donner un peu de liant. Les différents caractères que je viens d'énumérer ne suffiraient pas toujours pour distinguer la magnésite de certaines argiles , et même de certaines craies; mais l'action de l'acide sulfurique est concluante en donnant du sulfate de magnésie , dont le goût amer est caractéristique.

Hagnéfite de Vallecii. Oxyg. De CheoeTières, pur K. IMrénoj,

Magnésie.. 23,80 9^1 i.

Silice 53,80 27,94 3.

Eau 20 17,78 2.

Alumine... 1,20

19,91 17.77 2. Sable.. 1,33

Les analyses qui précèdent établissent que la composition de la magnésite est un hydro-silicate de magnésie , dont la formule est MgSi^ + 2Aq.

Outre la magnésite, qui s'est retrouvée aTecles mêmes proportions dans un grand nombre de localités , il existe des dépôts de siUcate de magnésie dans des circonstances analogues aux argiles : les proportions des éléments peuvent alors varier jusqu'à l'infini, et, dans ce cas, elles ne donnent pas lieu à des espèces distinctes.

Nous rangerons dans cette catégorie Vaphrodite de Langbanshyttan en Suède , dont les caractères sont analogues à l'écume de mer. Sa composition est, d'après M. Berthier* :

Silice 51,55.

Magnésie 33,72.

Oxyde manganeux. . • 1 ,62 .

Oxyde ferreux 0,59 .

Alumine 0,20.

Eau 12,32.

La magnésite employée à Gratz en Styrie pour la construction de l'ouvrage des hauts-fourneaux , et dont M. Berthier ^ a donné la composition suivante , nous parait dans le même cas.

1 JNNMM9i»d0 6afi^,t.XXXVI^p.417.

< Jnmaln <f«f m^net , denxitane série, t. VU, p. 515.

430 II4GN£3rr£.

Silice 36,50

ilumlDe 12,30 > m,90.

Oxyde de fer 1,40

Eaa 8,40

Dennatfpe. — Je citerai encore, comme devant être réunie à la magnésite , l'espèce que M. Breithaupt a désignée sous le nom de dermatine ; elle forme des masses terreuses ayant l'apparence de stalactites grossières. Sa pesanteur spécifique est 2,136; sa dureté « représentée par le nombre 2, est analogue à celle de la magnésite. P'après l'analyse de Ficinus, la dermatine est composée : de silice, 35,80; magnésie, 23,70; protoxydede fer, 11,33; protoxyde de manganèse, 8,25; alumine, 0,42; chaux, 0,83; soude, 0,50; eau avec un peu d*acide carbonique, 25,20.

Qnlncyte. -^ Qu a donné ce nom à une magnisite colorée en rouge fleur de pécher, par une substance organique; l'analyse, due à M. Berthier, indique Texactitude de cette réunion.

Magnésie 19.

Protoxyde de fer... 2.

SiUce 54.

Eau 17.

Le gisement de cette substance au milieu des calcaires d'eau douce de Mehun et de Quincy vient encore à l'appui de la réunion de la quincyte et de la magnésite. J'ajouterai que la coloration en rouge se représente également dans le quartz ré* sinite de Mehun, et qu'il existe dans les collections autant d'échantillons portant le pom de quincyU^ rangés à l'espèce quartz, qu'à la magnésite.

Gltament. — La magnésite appartient aux formations tertiaires d'eau douce, ainsi qu'aux terrains serpentineux. A Coulommiers et à Chenevières, près Paris , elle forme une couche de 0,20 à 0,40 d'épaisseur, intercalée dans les marnes supérieures du calcaire de la Brie. Cette magnésite participe de la structure schisteuse de ces marnes* A Valleeas, près

Madrid , et à Salînelle, dap3 le dép^rtemepl du pan} , d)p est dans use position aqalogue : 1^ maguésite de cette deniièr9 localité , est d'un gris violet prononcé.

La magnésite de Baldissero, en Piémont^ et de Q|3te}lamonte , forme des veineg (jans la serpentine.

On se sert dans l'Orient, sous le nom d'écuw de ffier, de cette terre pour la fabrication des pipes; elle provient de Négrepontdaxis la Crimée, et de Kiltschick, à deux lieues de Konic en Natolie : dans cette dernière localité , elle forme une couche de 2 mètres de puissance, associée à du calcairq gris c)aif ; ce gisement paraît analogue à celui des environs de Paris.

Wûrfelsteiq; Boracite Beudant.

Ce minéral e^\ remarquable par une disaymétrie dans sa cristallisation. La forme la plus générale est le cube, fig. 286, fl. 46 ; on ne coq^^^^tt pas le cube simple , il est toujours plus ou moins modjQp : ses modifications suivent les lois ordinaires di^ systèi]f)e régulier ; mais une moitié des facettes placées sur les angles manque toujours » tandis que celles qui ont lieu sur les arêtes sont au complet. Les fig. 287 et 288 montrent cette dispqsition : dans la première, les douze arêtes sopt tronquées par des faces b' qui appartiennent au dodécaèdre rhombo|dal régulier, et quatre 4^s huit angles seulement sont remplacés par des faces a*, qui représentent Toctaèdre régulier ; dans 1^ fig, 288 , Tapomalie est différente ; les huit augles sont tronqués , mais quatre sont remplacés par les faces dp roclaèdre a*, tandis que les quatre autres portent des troncatures triplcî^ a», qui sojit les rudiments d'un trapéxoèdre.

La même dissymétrie persiste pour les modifications intermédiaires, ainsi qu'on le voit dans la fig. 2^9, qui représente la variété préoédepta dans laquelle les faces du dodécaèdre 6^ ont pris beaucoup d'extension , et où de nouvelles faces t\

452 WÀGNËSIE BORATÉE.

données par la loi ( 6'ft V6V' ) , sont venues s'ajouter. Le solide t , qui délirait avoir quarante«huit facettes , n'en présente que vingt-quatre.

Haûy y qui a signalé le premier Tanomalie de cristallisation de la boracite , a montrée qu'elle était liée à une propriété physique particulière, l'électricité polaire. Cette substance présente quatre axes d'électricité correspondant aux quatre diagonales du cube. Les pôles différents sont modifiés différemment, en sorte que , dans la fig. 287 , les quatre faces de l'octaèdre qui existent sont opposées aux angles solides du cube non modifiés; il en est de même de la fig. 288; les angles, portant les modifications différentes a* et a', sont situés aux extrémités des mêmes diagonales.

Outre Tanomalie que je viens de rappeler, la magnésie boratée en offre une seconde qui a été cause de quelque doute sur son système cristallin ; elle consiste en ce qu'une plaque de ce minéral, interposée entre deux tourmalines croisées, rétablit la lumière à la manière des cristaux biréfringents , et comme les substances dont les formes sont régulières n'ont pas la propriété de dépolariser la lumière, plusieurs minéralogistes, au nombre desquels on compte H. Beudant, ont supposé que la boracite cristallisait en un rhomboèdre trèsrapproché du cube : la symétrie complète des modifications s'oppose à cette conclusion. Le beau travail de M. Biot sur la polarisation lamellaire ^ la rend du reste inutile; en effet, d'après les recherches de cet illustre physicien , les minéraux lamelleux présentent quelquefois des phénomènes de polarisation indépendants de leur forme cristalline, et la boracite offre cette exception.

Je rappellerai que M. Delafosse ^ a donné une explication de l'anomalie de la cristallisation de la boracite, en suppo-

1 Mémoires de VAcadénUê des scknces, année* 1S45 , p. 645; yoir le Yolume de cet ouvrage, p. 813.

• Voir vol. I, p. 218.

MAGNÉSIE BORATÉE. 433

saDt que sa molécule primitiTe est le tétraèdre régulier. EfiPectivement, alors« les cristaux ne dérogent plus aux lois de la symétrie ; mais la corrélation qui existe entre cette anomalie de cristallisation et les phénomènes que présente Télectricité développée par la chaleur est tellement remarquable , qu'on ne saurait trop la faire ressortir.

La magnésie boratéeest toujours cristallisée; elle possède des clivages difficiles parallèlement aux faces de Toctaèdre. Elle est blanche ou grisâtre, rarement hyaline, ordinairement translucide : elle est quelquefois opaque. Sa dureté est 6,5; elle raye le verre, et elle est rayée par le quartz. Sa pesanteur spécifique, 2,974. La cassure de la boracite est inégale ou légèrement concholde : au chalumeau, elle se boursoufle et se fond en un globule blanc et opaque, qui se hérisse d'aiguilles cristallines en se refroidissant. Soluble dans l'acide nitrique.

L'analyse de la boracite, par M. Arfvedson *, donne pour la

composition de ce minéral :

Oxyg.

Magnésie 30,3 11,73 1.

Acide borique.... 69,7 49,96 4.

assez exactement représentée par la relation MgBo^. M. Berzélius a adopté la formule MgBo^^ et je n'ai pu trouver aucune analyse qui conduise à cette formule; celle de Stromeyer^, dont les éléments sont : magnésie, 33; acide borique y 67, citée par Kobell à l'appui de la formule de M. Berzélius, s'en écarte beaucoup.

La magnésie boratée de Kalberg parait contenir de la chaux en même temps que de la magnésie. M. Westrumb ^ a trouvé pour la composition de cette variété :

Magnésie 13,50^

Chaux il

Acide borique 68 v oaoe

^ilice 2 / ^»^-

Alamine 1

Oxyde de fer....... 0,75 '

^ Kong. vet. Acad. Aandj., 1822, p. 92.

• GtUfert's Annakn, XLVIII, 215.

• Klginephys. chemitchê Ahandgm, III, 1, 167.

jm MAGNÉSIE BORATES.

Cette analyse » intéressante par la présence d^ Ifi çh^ux, m conduit à aucune formule rationnelle; il serait possible que la chaux provint de la gangue, qui imprègne quelquefois yisiblementles cristaux de boracite.

Gisement. — La magnésie boratée se trouve en cristaux disséminés dans les gypses qui paraissent former des masses intercalées dans le terrain de craie, à Lunebourg dans le Brunswick, et à Segeberg dans le Holstein.

Ebodizite *. — M. Gustave Rose a observé des petits cristaux en dodécaèdres sur des échantillons de tourmaline rouge de Sibérie , auxquels il a donné le nom de rhodiziie , qui me paraissent , quant à présent , devoir être associés à la boracite.

Ces cristaux, blancs, transparents, à éclat vitreux, et dont la dureté est assez grande pour que le canif ne puisse les entamer, portent des troncatures sur les angles triples du dodécaèdre, qui correspondent avec ceux du cube. La seule différence avec la boracite, c'est que les huit angles sont modifiés, tandis que dans la boracite la moitié seulement porte des facettes.

La rhodizite est très-difficilement fusible au chalumeau : dans cette opération , la flamme , d abord verte , devient bientôt d'un rouge pourpre; cette teinte est aussi prononcée que pour la tourmaline rouge , la lépidolite, et le pétalite; celle réaction fait supposer que la rhozidite contient de la lithine comme ces minéraux.

La rhodizite se dissout avec une grande difficulté dans Tacide muriatique; Tammoniaque ne donne aucun précipité, mais Toxalate d'ammoniaque en produit , au contraire , un très-considérable.

Ces différents caractères sont analogues à ceux de la boracite. Effectivement , la boracite colore la flamme du chalumeau en vert, et produit un précipité quand sa dissolution muriatique est traitée par l'ammoniaque. Il est donc néces-

* AnnaUs de Poggendorff, vol. XXXIII, p. S53.

saire, ayant d'admettre la rhodizite au nombre des espèces minérales, qu'une analyse détermine d'une manière positive ses éléments et leur nature.

HTBRO-BOaAOSn.

Ce minéral a été trouvé par Hess dans une collection provenant du Caucase. Il offre la plus grande analogie avec le gypse , et il avait d'abord été regardé comme appartenant à cette espèce.

L'hydro-boracite est en masse fibro-lamelleuse , d'un éclat nacré et d'un beau blanc ; quelques échantillons sont par parties colorés en rouge par du silicate de peroxyde de fer. Les lames minces sont transparentes. Sa dureté , 1 ,5, est comparable à celle du gypse. Sa pesanteur spécifique est 1 ,9.

D après la description donnée par Hess ', les masses d'hydro*boracite sont cariées , et les interstices en sont remplies d'argile mélangée de sels de nature diverse.

Deux analyses , Tune de Hess et la seconde de Thomson , s'accordent parfaitement : elles nous apprennent que ce minéral se compose d'un atome de boracite anhydre, combiné avec trois atomes d'eau.

Analyse de Thomioo. De

Oxyf.

Magnésie........ 10.570

Chaux 13,519

Acide borique 49,571

Eao 26.530

éléments qui donnent la formule (Msf,Ca) Bo* + 3Aç. Cette composition fournit une raison de plus pour adopter la formule de la magnésie boratée que j'ai indiquée.

* Annales de Pogg€ndorff,JJai, 4»,

4j6 magnésie phosphatée.

MAâméMim fhosphatéb.

Wagnérite; Pleuroclase.

La description de ce minéral, qui est fort rare, et dont l'École des Mines possède un échantillon imparfait, a été donnée par M. Fuchs • d'après un morceau appartenant à M. Wagner de Munich; celui-ci présente des cristaux peu nets et une masse cristalline, ayant un clivage parallèle au plan diagonal ft*.

Depuis le Mémoire de Fuchs , M. Lévy ^ a donné la description d'un cristal de magnésie phosphatée appartenant à la collection particulière de M. Heuland , lequel est remarquable par la netteté de ses faces. Il a de l'analogie avec les cristaux d'Euclase. Complet, il présente quatorze modifications, et se compose de cinquante facettes. La fig. 291 , pi. 47 , représente cette forme , dans laquelle on a seulement donné une étendue égale aux modifications correspondantes; dans le cristal de M. Heuland, cette égalité n'existe pas, ce qui apporte au premier abord quelque difficulté pour la détermination du système cristallin.

La forme primitive qui en résulte est un prisme rhomboîdal oblique , fig. 290 , sous l'angle de 95^* 25', et dont la base est inclinée sur les faces verticales de 109^ 20'; ses dimensions sont telles que la perpendiculaire abaissée de l'angle 0 sur l'arête H opposée coupe cette arête à une distance de l'angle A égale à | h, d'où b:h::i: 0,264.

Toutes les facettes du cristal sont assez miroitantes pour qu'on puisse mesurer leurs incidences avec le goniomètre de WoUaston. Les plus brillantes sont celles de la modification 9^, et de la modification intermédiaire i, dont la loi est (b^d'iy).

Les angles principaux de la wagnérite sont, dafms M. Lévy :

• Jahrbueh fiir Minéralogie, t. III, p. 269.

• PhUotophkal Magazine, t. 1«% deaxiëme série, 1896. p. 133.

MAGNESIC PHOSPHATÉE. 457

P sarM = <09»26'. H sur M = «5» 25'.

P sur V = 116» 55'. M sur h^ = 137o 48' W.

P sur ^ = ia2« 27'.

P sur ê* = 16i« 23' 30*. M sur fc» = 1680 57'.

P sur a'/« = 135»» 18'. tfi sur *» = 117» 32'.

P sur e*/* = 146» 3'. |^ sur flr» = 570 23'.

P sur ô'/' = 150» 30'. H sur 6V« = 100» 10'.

P sur&'/« = 125* 18' 30'. M sur fcV* = 12»> 21» 30".

P sur a, = 132» 0' 30*. M sur a, = HO» 19'.

P sur a^ = 112* 45'. M sur a = 136« 29'.

P sur #3 » 1380 3'. M sur 03 = 110» 30'.

P sur < = 114» 30'. M sur i := 133» 6'.

p> sur I = 143« 32'. 6i/s sur &•/> = 138* 53'.

6* sur < = 160» 32*. b't% sur *'/* = 108» 49'.

Vf* sur a, = 164* 6'. p» sur «, = 119» 31«.

a^ sur a, = 117« 39'.

Angles plans de la base = 89o 1», des faces verUcales 108o 37'.

La couleur de la magnésie phosphatée est le jaune de vin passant au jaune orangé. Sa cassure, en travers du clivage, qui du reste est peu net, est concholde et unie. Son éclat est vitreux. Sa dureté 5,2, est analogue à celle de la chaux phosphatée. Sa pesanteur spécifique est, suivant M. Lévy, de 3,01, d'après Fuchs de 3,13. Chauffée au rouge, elle n'éprouve aucune altération. Au chalumeau, elle fond difficilement en un émail vert grisâtre foncé. Avec le borax elle produit un verre transparent, légèrement coloré en vert jaunâtre. Soluble dans Tacide nitrique.

L'analyse de la magnésie phosphatée a donné les éléments suivants :

Par Rammcliberg. Par Puchs.

Oiyf.

Acide phospborique... 40,71 41,73 23,38 5.

Magnésie 4627 46,66 18,06)

Protoxydedefer 4,50 5,00 1,13 f .

Cuiw 2,38 » • i

Protox. de manganèse. » 0>50 0,11 )

Acide fluorique 9,36 6,50 4,73 1 .

Éléments qui conduisent à la formule (Jly,/)«P»+ilfyF/. En traduisant cette analyse dans la théorie du fluor, on a pour la composition de la wagnérite :

43ft MÀGNÊStE SULFATÉE.

Qui correspond à la formule

M^î + Mflf*.

La couleur des cristaux de la magnésie phosphatée la rapproche de la topaze, mais elle est rayée par une pointe d'acier, caractère qui la distingue immédiatement de ce minéral.

La magnésie phosphatée a été trouvée à Hollegraben,près de Werfen dans le Salzbourg, disséminée dans une -veine de quartz traversant le schiste argileux. M. Beudant indique un second gisement de cette substance aux États-Unis.

MACWtfsZB SUUPATflB.

Sel d'Epsom; Sel d'Angleterre ; Sel de Sedlitz ; Sel amer; Biltersalz; Epsomlte (Beudant).

Ce sel se trouve à l'état solide, comme le sel gemme. Depuis assez longtemps TEcole des mines en possède un bel échantillon en masse fibreuse conjointe, provenant de Catalayud en Espagne ; mais récemment on a découvert un filon deO™,08 de puissance àFitou, dans le déparlementde l'Aude; il est encaissé dans le gypse associé aux ophites ; cette roche en contient en outre de petits grains disséminés irrégulièrement dans sa masse.

La magnésie sulfatée native est grossièrement fibreuse, à la manière du gypse; fortement translucide; son éclat vitreux est assez brillant; fragile, elle se brise entre les doigts; soluble dans l'eau, avec un goût amer très-prononcé. Elle donne de Teau par la calcination. Sa pesanteur spécifique est de 1,751. L'analyse de la magnésie sulfatée de Fitou ma donné :

MAGNÉSIE NITRATÈE. 43§

Magnésie 16,20 6,27 . «g* -

Chaux 2,10 0.59 ^ '

Acide solfurique.... 34,07 20,40 3.

Eau. 47,20 41,96 6

La magnésie sulfatée de Filou est donc représentée par la formule MgSu^+Mq.

Ce sel se trouve fréquemment en efïlorescence dans les galeries de mines. Quelquefois il est légèrement coloré par du sulfate de fer, ou du sulfate de cuivre. John en a fait connaître une variété recueillie dans la mine d'Herrengraûnd, qui est rosé par un mélange de sulfate de cobalt. Fréquent à la surface des schistes magnésiens, il est aloi's produit par la décomposition des pyrites disséminées dans ces schistes. Il accompagne également les dépôts de sel gemme.

Il existe de la magnésie sulfatée en fibres soyeuses et assez déliées pour être courbées. L*Ecole des Mines en possède un très-bel échantillon de cette nature, qui est replié sur luimême, à la manière d'un écheveau de soie.

Ce sel cristallise très-facilement par Tévaporation ; les cristaui que Ton obtient dérivent d'un prisme rhomboîdal, dont Tangle est de 90® 58', et le rapport d'un des côtés de la base du prisme à la hauteur est : : 5 : 4. Ces cristaux admettent des clivages parallèles aux faces de la forme primitive, et dans le sens de la diagonale g^.

La magnésie sulfatée a une action purgative très-prononcée. C'est à la présence de ce sel que sont dues les propriétés des eaux de Sediitz, de Pultna et d'Égra en Bohème.

Ce sel se trouve mélangé avec les nitrates de potasse et de chaux dans les eaux provenant du lessivage des plâtras riches en salpêtre. Il est déliquescent ; cependant il est susceptible de cristalliser par Tévaporation. Son goût est analogue à

410 YTTBU PHOSPHATÉE.

celui du nitrate de chaux, mais il participe de l'amertume que la nlagnésie communique à tous ses sels. Il faut, pour le reconnaître, chercher la présence de la magnésie.

OHIiO&UBAb.

Magnésie muriatée.

Cette substance se trouve en dissolution dans les eaux des mers, des lacs et même des sources, mêlée avec le chlorure de sodium. L'eau de la Méditerranée en contient une plus forte proportion que Teau de TOcéan, ce qui donne au sel recueilli dans les marais salins du sud de la France un goût particulier, que ne possèdent ni les sels des côtes de la Vendée ni ceux de la Bretagne.

Le chlorure de magnésie a un goût amer et très-piquant. Il est déliquescent; néanmoins on lob tient cristallisé en prismes hexagonaux réguliers. Sa composition est la même que celle du chlorure obtenu par les réactions chimiques.

GENEE YTTRIA.

Thorite; Xénotime (Beudant).

Ce minéral a été découvert dans les environs de Lindenaês, en Norwége, par M. Tank, dans un granité à grains fins, avec une substance qui ressemble à l'orthite. Il est en cristaux mal conformés, jaune brunâtre et brun jaunâtre, dont l'éclat est résineux. M. Haidinger ^ a eu en sa possession des cristaux nets d'y ttria phosphatée, qui établissent que la forme primitive de ce minéral est un prisme à base carrée, dans lequel le rapport d'un des côtés de la base est à la hauteur à peu près comme les nombres 5 : 4.

Ces cristaux sont des prismes à base carrée très-courts,

YTTRIA PHOSPHATÉE. 441

surmontés d'un octaèdre obtus 6^ placé sur les arêtes. D'après un travail récent de M. Scheerer, l'angle à la base de cet octaèdre serait de 82^, et celui sur une arête culminante serait de 124*" 44^ Ces angles donnent pour B : H, le rapport 47 : 41, un peu difTérent de celui de M. Haidinger. La forme et la couleur de l'y ttria phosphatée rapprochent ce minéral du zircon ; mais sa dureté, qui est seulement égale à celle de la chaux fluatée 4,25, l'en distingue facilement.

La cassure de Tyttria phosphatée est inégale et esquilleuse : cependant elle possède un clivage peu net, parallèle aux faces de la forme primitive. Sa pesanteur spécifique est 4,55. Infusible, au chalumeau, elle ne donne pas d'eau par la calcina* tioD; elle est inattaquable par les acides.

La composition de ce minéral est, d'après une analyse de M. Berzélius ^ :

Oiyg.

Yttria 62,58 42,47 2.

Acide pbospbor. mélangé d'un peu d'acide fluorique. 33,49 18,76 3. Sous-phosphate de fer. . . . 3,93

Le rapport de l'oxygène de l'acide à l'oxygène de la base est 5 : 2, et la formule qui en résulte est Y^P^. M. Berzélius a admis la formule PJP*, qui rentre dans la loi générale des phosphates, et pour laquelle les proportions seraient : yttria, 61,78; acide phosphorique, 38,22, assez difierentes du ré<sultat direct de l'analyse.

Le phosphate d'yttria est jusqu'à présent fort rare. Un gisement nouveau en a été découvert par M. Olive Sims. Suivant ce chimiste, il serait associé au minerai de cobalt de Johannisberg en Suède.

Tttria hydro-phosphatée. — M. Damour, qui a fait une étude circonstanciée des sables diamantifères de la province de Bahia, rapportés par M. le comte de Gastelnau, y a reconnu deux espèces nouvelles appartenant au genre yttria. La pre-

' AmuUei d9 Poggmidortr, 1826, p. 506.

442 YTTWA PHOSPHATÉE.

mière est un hydrchphosphate d'yttria à laquelle ce savant a donné le nom de castelnaudite\ la seconde, un silicate d^yttria. La castelnaiidite se trouve dans les sables diamantifères, eiï fragments irrégûliers et arrondis présentant un double clivage, qui conduit à un prisme rectangulaire droit. Deux fragments de cristaux étaient en outre terminés par des pointements à quatre faces. Deux de ces faces opposées Tune à l'autre sont larges et assez nettes ; les deux autres sont étroites et peu miroitantes. L'incidence des deux faces larges, prise par le sommet, est de 96* 35'; celle des faces étroites est de 98«20\ L'incidence des faces voisines est de 124® 23' 30*. La couleur de cette substance est le blanc grisâtre tirant quelquefois sur le jaune pâle. Elle raye la fluorine et est rayée par une pointe d acier. Elle a Téclat adamantin. Chauffée dans le tube, elle laisse dégager de Teau. la flamme du chalumeau, elle blanchit et reste infusible ; elle se dissout dans le borax et donne une perle incolore, qui devient blanche et opaque au feu d'oxydation. Elle se dissout dans le sel de phosphore, avec une extrême lenteur. Réduite en poudre, elle se dissout à chaud dans Tacide sulfuriquè concentré, même après qu'elle a subi la calcination. L'acide oxalique, versé dans la liqueur, y produit un précipité blanc qui, lavé, présente les réactions de ryltria. La liqueur évaporée à siccité, le résidu calciné au rouge sombre a été reconnu par M. Damour être de 1 acide phosphorique. Il résulte de ces différentes réactions que la casteinaudite est un hydro-phosphate d'yttria.

Tttiia slllcatée. — Ce minéral est en grains arrondis piquetés de petits trous à leur surface. Sa couleur est le brun cannelle; il raye faiblement le verre; sa densité est 4,39. Au chalumeau, il blanchit et ne se fond pas ; il ne se dissout pas dans le sel de phosphore. L'acide sulfuriquè chauffé à 300 le décompose, en laissant un résidu siliceux. La dissolution sulfuriquè évaporée, mais cependant un peu acide, laisse, lorsqu'on y ajoute de l'acide oxalique, un précipité blanc, qui a donné à M. Damour les réactions propres à l'yttria*

YTTRIA FLUATÉE.

TTTliZA FI.irATl6a.

Tttrocérite ; Gériam oxydé yttrifëre ; Gérium et Yttria fluatés.

La compositioD de cette substance laisse de Tincertitude sur la place qu'elle doit occuper dans la classification des minéraux. Elle contient à la fois de ryttria, du cérium et de Facide fluorique, en proportions très-variables; en sorte qu'on peut l'associer soit à Tyttria, soit au cérium. Je crois préférable de la regarder, ainsi que M. Boudant Ta fait dans son Traité de minéralogie, comme de Tyttria flualée, dans laquelle le cérium est isomorphe avec ryttria. La couleur de ce minéral change avec la proportion de cérium, les autres caractères en éprouvent également quelque altération.

La couleur de Tyttria iluatée est le bleu violet, ou le gris bleuAtre et blanchâtre. Cette substance est opaque. Sa cassure est tantôt inégale, tantôt lamelleuse. Les cristaux eu sont extrêmement rares ; mais il parait qu'on trouve assez fréquemment des masses qui se laissent cliver parallèlement aux faces d'un dodécaèdre rhomboïdal. C'est d'après cette indication que M. Lévy a adopté le cube pour forme primitive de l'y ttrocérite. La pesanteur spécifique de ce minéral varie de 3,44 à 4»15. Sa dureté, représentée par le nombre 5, est un peu supérieure à celle de la chaux fluatée; elle est rayée par une pointe d'acier. Infusible au chalumeau, elle y perd sa couleur et devient d'un gris clair. Elle ne produit que peu ou point d'eau par la calcination. Attaquable par les acides, la solution traitée par l'ammoniaque donne un précipité qui se dissout dans le carbonate d'ammoniaque.

n résulte des analyses de M. Berzélius que les éléments de cette substance sont :

Cérium et jtiria Ouatés (te Fimbo.

Acide fluorique . . 14,0

Yttria 33,5

Oxyde de cériniii. 22,9

Cbaux 3,9

Silice 19,3

Oxyde de fer.... 3,0

Tttrocérite de Brodbo. de Flmbo.

17,84 19,02 13,78 31.25 Âlbile 18.11

Ut YTTROTANTÀHTE.

Transformant les deux premières en fluorures» et cherchant s rapports entre le fluor et les bases, on obtient :

Poor b première

Pour la tecoode

Ripp.

Aton.

Ruor 27,08

Yttrium... 29,06

Gérium. .. 18.16

Galcimn. . . 2,80

Mis sous cette forme, on trouve que les minéraux de Fimbo et de Brodbo sont représentés assez exactement par la formule (Y,Cr-Ca) F^ adoptée par M. Boudant.

L'yttria fluatée étant fort rare, l'association des roches devient un moyen de reconnaissance précieux. Elle se trouve associée à la pegmatite, soit à Fimbo, soit à Brodbo.

Plusieurs substances ont de l'analogie avec Tyttria phosphatée, notamment le cériumfluaté et Tyttria phosphatée; la pesanteur spécifique de ces deux minéraux est plus considérable, dans le rapport de 35 à 45 ; en outre, le cérium fluaté noircit au feu, tandis que Tyttria fluatée y prend sa couleur; quant à Ty ttria phosphatée, elle est insoluble dans les acides.

TTTaoTAVTAXjnra.

Tantale oxydé yttrifere ; Yttertantal ; TUrotantale ; Tttrocolumbite.

M. Berzélius, auquel nous devons la connaissance de cette substance, a distingué trois variétés d'yttrotantalite par la couleur et par les proportions d'yttria et de tantale qu'elles contiennent ; les relations atomiques qui existent entre ces deux éléments sont incertaines, et Ton ne peut indiquer, quant à présent, de formule qui représente cette espèce. La cristallisation fait également défaut ; on en connaît sous la forme de prismes triangulaires imparfaits, mais on ne sait à quel système cristallin ils appartiennent; malgré ce manque de caractères absolus, on ne saurait mettre en doute l'existence de ce minéral, si di£Eerent des autres par l'ensemble de ses caractères et par sa composition. Je suivrai dans sa description Tordre indiqué par M. Berzélius.

YTTROTANT ALITE. 445

Tttrotantaliteiioir.— Il possède un éclat métalloïde imparfait ; sa cassure, tantôt lamellaire, tantôt granulaire, est mate et terne, quoique un peu vitreuse. Il offre un clivage distinct dans une direction. — Sa dureté, représentée par le nombre 5,5, est un peu supérieure à celle de la chaux phosphatée ; il est rayé par le quartz. Sa pesanteur spécifique est comprise entre 5,39 et 5,88 ; seul, au chalumeau, Tyttrotantdlite noir est intusible, mais il fond avec une addition de soude ou de borax ; avec ce dernier réactif il donne un verre jaunâtre qui devient opaque par le refroidissement.

Trouvé à Ytterby, dans une roche composée de feldspath rouge et de mica argenté, il y forme de petits prismes allongés ou de petits nodules de la grosseur au plus d'une noisette.

Sa composition est :

Acide tantaliqae. . . 57,00

Tttria 20,25

Chaux 6,25 . ^^

Acide tungstique... 8,25 /'"»*'• Peroxyde de fer ... . 3,30 Oxyde d*arane 0,50

TttrotanUlite Jaune. — Get{e variété provient également d'Ytterby ; elle constitue des veines minces et irrégulières dans le feldspath; elle est aussi disséminée en petits grains dont les plus gros n'excèdent pas, d*après M. BerzéUus, les dimensions d'un grain de blé. Sa couleur est le jaune brunâtre, passant quelquefois au jaune verdâtre ; sa poussière est d'un blanc sale. Elle présente un seul clivage peu net; sa cassure en travers est inégale. Sur les parties lamelleuses, Téclat est résineux y tandis qu'il est vitreux dans la cassure. Sa dureté est de 5, 5. Sa pesanteur spécifique est de 5,882. Au chalumeau, Tyttrotantalite jaune ne fond pas, mais il décrépite faiblement ; sa couleur s'éclaircit et devient d un jaune paille ; avec le borax, il donne dans la flamme réductive un verre d'un jaune très-clair, qui acquiert une teinte jaune plus foncée par le refroidissement. Insoluble dans les acides.

446 YTtROTANTALlTE.

Sa composition est, d'après M. Berzélius :

Acide tanUlique 60,124

yttria 29,780

Chaux <^'^^\(iûQQK

Oxyde d'urane 6,622 ^ '^'""•

Peroxyde de fer 1^155

Acide tungsUque et étain. . i ,044

Tttrotantalite bran. — Cette troisième yariété se trouve mélangée avec la précédente en lames minces, ou très-rarement en grains qui ne présentent aucune trace de cristallisation. Sa couleur est d'un brun noirâtre foncé ; sa poussière est d'un gris clair. Sa cassure est grenue et à grains fins. Sa pesanteur spécifique et sa dureté sont les mêmes que pour la précédente, mais le mélange de ces deux variétés a empêché de déterminer rigoureusement ces caractères. Au chalumeau, Fyttrotanlalite brun ne fond pas, il décrépite faiblement et acquiert une teinte jaune clair ; avec le borax, il donne ud verre d'un jaune clair, lequel devient, par une addition un peu considérable de matière, d'un jaune brun et opaque. Inattaquable par les acides comme les deux variétés précédentes.

L'analyse de M. Berzélius donne pour les éléments de Tyttrotantalite brun :

Acide tantalique 51.815

Yttria 38,515

Chaux 3,260 x^^

Oxyde d'urane 1,111 ' '

Acide tungstique mélangé d'oxyde et d' étain, 2,592 Peroxyde &e fer 0,555

La comparaison de ces trois variétés d'yttrotantalite montre que la plupart de leurs caractères sont identiques ; il existe seulement des difTérences légères dans la couleur, la pesanteur spécifique et la teinte du verre que Ton obtient par la fusion avec le borax. Il est dès lors probable que la partie constituante essentielle de ces trois variétés est di; tantalale d'yttria, dont les caractères sont voilés par des tantalates 4s

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