F£K6US0NIT
fer et des tuQgstates de diverse nature. M. Beudant, auquel nous empruntons ces conclusions, admet que le tantalate d'yttria, base essentielle de cette espèce, a pour formule YTa. Eiuéiiite. — M. Scheerer a donné ce nom à un minéral de Jolster en Norwége ; amorphe et d'un brun foncé , son éclat métalloïde est résineux ; sa cassure est imparfaitement concholde ; eu lames minces, il est transparent et de couleur rouge brun ; sa poussière est rouge pâle ; sa pesanteur spécifique est de 4,6 ; infusible au chalumeau, il colore le borax en jaune et le sel de phosphore en vert. Il contient, d'après M. Andersen * :
Acide UnUlique 49, 66
Acide titanique 7,94
Ytlria 25,09
Protoxyde d'arane 6,24
Protoxyde de cériam. . . . 2,18 ) 98,80.
Oxyde de lanUiaoe 0,96
Chaux 2,47
Magnésie 0,29
Eau 3,97
Les caractères et l'analyse de Teuxénite me paraissent devoir la faire réunir à rytlrotantalite brun.
Ce minéral, découvert par sir Ch. Giesecke, à Kikertansak, près le cap Farewel, dans le Groenland, est encore un tantalate d'yttria ; mais, pour cette espèce, la cristallisation fournit un caractère certain que Ton ne possède pas pour Tyttrotantalite; la composition est en outre plus rationnelle.
La description de la fergusonite a été donnée par M. Haidinger *. M. Lévy a plus tard fait connaître la forme d'un beau cristal appartenant k la collection de M. Heuland. N'ayant pas eu Toccasion de voir de bons échantillons de cette espèce,
' BihUoihêqu» de Gmive, t. XXXIX, p. 3QA. * Transactions iFÉdmbourg, t. X, p. 274.
448 PERGUSONITE.
j 'emprunte la description suivante à ces deux savants minéralogistes :
<c Les échantillons de fergusonite sont cristallisés, ou du moins cristallins ; leur forme primitive est un prisme droit à base carrée, fig. 292, pi. 47, dans lequel le rapport d'un des côtés de la base à la hauteur est à peu près celui des nombres 100 à 212. La forme cristalline la plus ordinaire est celle représentée^. 293; les faces verticales sont remplacées par des faces (^ placées sur les arêtes, celles-ci constitueraient, si elles étaient complètes, un octaèdre à base carrée. Le sommet en est fortement tronqué par la base du prisme. Ces cristaux portent en outre des faces h*'* sur les arêtes verticales, et de petites facettes i données par la loi (K^b^Pb^P); ce cristal, qui appartient au système que Mohs a désigué sous le nom d'hémipyramidal à faces parallèles, est remarquable en ce qu'il n*ofrre que la moitié des faces de certaines modifications, et précisément celles qui sont parallèles deux à deux. »
La fergusonite est d'un brun noirâtre opaque; son éclat est un peu métalloïde, coipme celui du vt^olfram. Sa cassure est conchoîde ; sa dureté est de 5,75 ; elle raye le verre. Sa pesanteur spécifique est 5,838. Au chalumeau, elle devient d'un jaune verdàtre et ne se fond pas; mais avec le sel de phosphore, elle se dissout complètement. Le verre qui en résulte est jaunâtre dans la partie oxydante de la flamme, il est sans couleur dans la flamme réductive.
La composition de la fergusonite, déterminée par une analyse de M. Victor Hartwall, est • :
Oxyg.
Acide tanUlique 47,75 5,80 7.
Yllria -41,91 8,36) ^^
Protoiyde de cérium. . . . 4,68 0,59 ) « '
Zîrcone 5,02 0,79 i.
Oxyde d'étain 1,00
Oxyde d'arane 0,95
Peroxyde de fer 0^54
* Ktng. vet. Acad. hanU,, 1828, p. 167.
GADOUNITE. 449
En associant le protoxyde de cérium à ryttria, on trouve la fonnole QJ^Ta+ZTa pour la composition de cette sub* stance.
Yttrite;Itterblle.
Ce minéral a été observé pour la première fois par le capitaine Arhenius dans une carrière d'Ttterby, environ à 12 ki« lomètres de Stockholm, dans laquelle on exploitait du feldspath pour la fabrication de la porcelaine. En 1788, Geiser publia une courte description de cette substance ; le professeur Gadolin en fit l'analyse en 1794, et ce minéral lui fournit Toccasion de la découverte d'une nouvelle terre ; il fut ensuite examiné en 1797 par Ekeberg, qui donna au corps nouveau, découvert par Gadolin, le nom d'j//tria, dérivé de celui d'Ytterby, et le nom de gadolinite au minéral qui le contenait, en rhonneur du savant à qui la découverte en était due. Enfin, en 1815, M. Berzélius fit de nouvelles analyses de la substance d'Ytterby, et il y constata la présence de V oxyde de cérium.
Ce minéral se trouve ordinairement en masse compacte, noire, ou d un vert noirâtre, opaque, ou seulement translucide sur les bords; son éclat est vitreux, passant à l'éclat résineux. La dureté de la gadolinite est 6, 5 ; elle raye le verre. Sa cassure, ordinairement concholde, est quelquefois esquilleuse. Sa pesanteur spécifique varie de 4,149 à 4,238. Au chalumeau, elle fond en un verre opaque, quelquefois avec boursouflement, en formant des ramifications. Elle se dissout dans les acides en faisant gelée.
cristalUsatioii. — La gadolinite présente des cristaux fort rares; j'en ai vu d'imparfaits dans la collection de M. le marquis de Drée. M. Lévy a donné la description de plusieurs beaux cristaux appartenant à M. Heuland ; la forme dont ils dérivent est un prisme rhomboldal oblique, fig. 294, pi. 47, dont Tangle des faces est de 115<^, et celui de la base sur les
4W QADOLmiTË.
faces est de (15^ 22 ^ Le rapport d'un des côtés de Ift base à l'arête latérale est à peu près : ; 25 : 24.
La fig. 295 représente la forme primitive dans laquelle chacune des arêtes de la base porte une troncature.
Fig, 297. Même forme, avec des modifications tangentes sur les arêtes verticales H.
Fig. 296. Ce cristal, riemarquable par sa netteté, porte un biseau ^, qui remplace presque entièrement la base ; elle est cependant représentée par une petite facette placée sur l'arête de ce biseau. Les faces 6'<*et d'/*, que j'ai déjà signalées dans les cristaux précédents, se retrouvent dans celui-ci ; seulement elles n'y sont pour ainsi dire qu'indiquées.
Ces cristaux sont opaques, comme les masses de gadolînites amorphes, et ils ne présentent aucun clivage distinct.
Angles principaux de la gadoUnite,
PsnrM =950 22. MsnrM^ 116».
P sur h* = 9e» 30. M sar A* = 147» SO'.
P8ur6»/« = Hi«40'4a'. M sur 6«/«= 152o 57' lO".
P sur fltV* = 112<» 52'. M sur tft/s = 162* 50'.
P sur e« = 149» 49'. M sur •• = 100» 55',
&'^8nr5'/« = ll9»48'. è» sur e» = 119» SS*.
Angles plans des bases = 114» 40* 40' . Angles des faces latérales = 93» 50* 40*.
Gonipositlon. — Dans les analyses antérieures à celles de M. Berzélius, on n'avait pas trouvé l'oxyde de cérium ; il parait cependant former une partie essentielle de la gadolinite, ainsi qu'il résulte des. analyses suivantes :
GadoliBlI» de PImbo. De ITrodbo.
Oiyt. Btp». Oiyf. Sai»^
Silice 25,80 15,40 1.1 24,16 12,55 1,
Yttria 45 8,961 45.95 9,15\
Protoxyde de cérium.. 17,92 2,65 > 1. 18,20 2.09 > 1.
Protoxyde de fer 11,43 2,60 ) j 12,65 2.87'
En admettant que les oxydes de cérium et de fer soient isomorphes de l'yttria, on trouve que la gadolinite est on silicate simple d'yttria, représenté par la formule (Y,f,Ce) Si.
Ekeberg avait indiqué dans la gadolinite d'Ttterby une
GADOUNITE. 491
certaine quantité de glucine. Le docteur Steele et M. Thomson en ont également retrouvé. On ne savait pas, à l'époque où ces analyses ont été publiées, le rôle que jouait la glucine, que Ton supposait contenir trois atomes d*oxygène; mais depuis le mémoire de M. Âdjew, qui a montré que la glucine est un oxyde à un atome, on peut la regarder comme isomorphe avec Tyttria. Ces analyses ont donné :
Par Ekeberg. Par H. Thomaon .
Oxyi:
Silice 23
Tttria 55,5
Glucine 4,5
Proloxyde de cérinm. ... »
Eau 0,986
La dernière conduit presque exactement à la formule (K/, G. Ce)*, Si*. M. Thomson annonce qu'il est possible qu'une petite quantité d'yttria soit à l'état de carbonate ; mais, en supposant que iO pour 100 de cette terre soit effectivement combiné avec de Tacide carbonique, le rapport atomique serait peu différent. On remarquera que les analyses de M. Berzélius, postérieures à celles d'Ekeberg, ne font au^ cune mention de la glucine. On peut donc encore conserver quelque doute sur les deux dernières analyses que je viens de citer.
Analogies. — Un certain nombre dé minéraux se présentent avec une couleur noire et un éclat résineux ; en sorte que la gadolinite peut facilement se confondre avec plusieurs substances : les principales sont Vyttrihtanlalite^ Vallanite^ le fer chromé, Vuraneoxydulé on pechblende, eiVorthite. Les deux premières ne se résolvent pas en gelée dans les acides comme la gadolinite. La pechblende a une pesanteur spécifique plus grande, dans le rapport de 3 à S; de plus, elle se dissout dans l'acide nitrique avec effervescence de gaz acide nitreux. Quant à l'ortbite, sa disposition en baguettes prismatiques suffît
4M COBINDON.
pour la distinguer des minéraux, que Ton vient de citer. Beaucoup plus fusible que la gadolinite, elle bouillonne presque au premier coup de feu.
J'ajouterai encore, comme moyen de reconnaissance trèsimportant pour les minéraux rares, que la gadolinite est associée avec de l'albite laminaire, couleur de chair, et du mica. Souvent, en outre, elle est accompagnée d*yttro-tantalite.