Traitè de morale
Toute la loi du devoir, toute la science de la morale , toute la règle de la vie est pour chacun «le nous dans la réponse que nous nous faisons à nous-mêmes sur ces deux points : qdi sdis-je? ou vais-je?
La philosophie a longtemps et vivement agité ces questions : elle les agite encore. La religion les a décidées souverainement et pour toujours.
Du reste , nous aimons à le dire , philosophie , religion , ce n’est pas trop de ces deux guides pour conduire l’homme à ses nobles destinées. Tous deux éclairent la route, tous deux montrent le but. Arrivés près du terme, l’un de ces guides s’arrête, étonné, incertain; l’autre, l’Evangile à la main, fait un pas de plus; il franchit la borne , et nous met en pleine possession de la vérité.
Le moment est favorable pour rappeler la jeunesse à la grande loi du devoir.
La France, la chrétienne France a donné au monde civilisé un salutaire exemple, quand elle a proclamé, comme une des premières nécessités sociales, l’instruction morale et religieuse (i). Elle a sagement uni ces deux mots. Que «leviendrait en effet la morale , si elle ne s'appuyait sur la religion? Et qu’ est-ce que la reli-
(i) I.oi «lu 38 juin i833 , sur l'Instruction primaire.
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gion , sinon la morale même , ennoblie , sanctifiée , divinisée pour ainsi dire dans son principe et dans sa fin ?
L'accomplissement du devoir considéré comme étant la volonté de Dieu, tel est en deux mots l’objet du double enseignement qui, dans l'intention du législateur, doit précéder et accompagner tous les autres enseignements. Etc’estdèsl’enfance, que la loi, d’accord avec la nature , avec la société , avec la religion , veut que les intelligences et les volontés humaines soient ainsi averties et dirigées.
Cet ouvrage s'adressera donc principalement à la jeunesse de nos écoles.
Nous supposons quelle a reçu un commencement d’instruction.
Nous supposons que , soit dans la maison paternelle , soit dans ces charitables établissements (i) où de dignes successeurs de saint Vincent de Paul recueillent les petits enfants au sortir du berceau, on a développé dans l’esprit des élèves les premières notions du bien et du mal, du juste et de l’injuste ; qu’ils se regardent comme soumis à quelques obligations ; que ces jeunes candidats de l’éternité ont foià leur avenir; qu'ils ont leurs âmes en estime et en pitié; qu’ils éprouvent enfin quelque désir de se rendre agréables à Dieu et utiles
(i) On voit bien que nous désignons ici les salles d’asile , commencées en France par madame la marquise de Pastoret des 1801, multipliées par les soins maternels d’une société de pieuses et charitables dames dans les années i 8 i 5 et suivantes, et maintenant placées sous la protection et sous les auspices de l’université en vertu d’une ordonnance royale du si décembre 1837.
INTRODUCTION
à la société, en meme temps qu’utiles à eux-mêmes*
Nous souhaitons de tout notre cœur contribuer à les rendre heureux de ce bonheur que donne une bonne conscience. Nous voulons que, comme parle l’Apôtre,
« ils aient toujours présent à la pensée tout ce qui est « véritable, tout ce qui est honnête, tout ce qui est « juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, « tout ce qui est d’une bonne renommée, tout ce qui « est vertueux, tout ce qui est louable (i). »
Et pour mieux atteindre le but que nous nous proposons, nous croyons qu’il est utile de montrer tout à la fois ce que la vie morale et religieuse a dû aux timides conseilsde la raison humaine, et ce quelle doit aux mâles préceptes de la raison divine.
Le bienfait de l’admirable lumière apportée par l’Évangile consiste, il est vrai , et consiste essentiellement dans la manifestation de vérités nouvelles que l’esprit de l'homme n’eût jamais découvertes; mais il consiste aussi dans la force et l’universalité avec lesquelles d’anciennes vérités ont été annoncées.
La vérité avait parlé par la bouche de quelques hommes; elle s’était fait jour dans certaines contrées et à certaines époques , à travers les ténèbres générales et leserreurs detoutgenre; maisles peuples n'étaientpoint initiés à ces révélations partielles. La science même de la morale était un privilège, et plus d’un sage aurait cru avilir cette science auguste en en faisant le patrimoine de la multitude.
(i) Saint Paul aux Pliilippiens.