‹ Traitè de moraleChapitre 6 sur 49 · DIGNITÉ DR LA RATURE HUM AIRE · texte numérisé non relu

DIGNITÉ DR LA RATURE HUM AIRE

Cet être doué de prévoyance , de sagacité , de mémoire, de talents divers, de raison et de prudence, que nous appelons l’homme, a été formé par la puissance divine pour une glorieuse destinée. Seul en effet parmi une si grande variété d’animaux , il est entré en partage de la raison et de la pensée : et qu’y a-t-il de plus excellent que la raison , qui , développée et perfectionnée , reçoit le beau nom de sagesse?

La raison que l’homme a reçue de Dieu établit entre Dieu et l’homme une sorte de ressemblance , de parenté, de société ; et c’est pourquoi la nature, c’est-à-dire Dieu, a prodigué avec une aussi grande abondance tout ce qui pouvait être utile aux hommes. On voit clairement que tout ce qui est dans le monde nous est donné avec réflexion, et n’est point le produit du hasard» Ajoutez ces arts innombrables que la nature nous a enseignés , et tout ce que la raison, sa puissante imitatrice,

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nous a procuré de nécessaire ou de commode pour la vie humaine.

Cette même nature n’a pas seulement enrichi l’homme d’une âme raisonnable, elle lui adonné un corps d’une forme excellente et digne de l’âme. Tandis qu’elle inclinait vers la terre la tète des autres animaux, elle redressait l’homme, l’homme seul ; elle l’excitait à contempler le ciel comme sa patrie, comme son domicile.

« Le roi pour qui sont faits tant de biens précieux ,

« L'homme élève un front noble et regarde les eieux ;

sans parler de tant d’autres avantages, de cette voix qu’il gouverne si habilement, de cette puissance de la parole, qui fait le lien de la société humaine.

Lorsque, au premier moment de la constitution de l’univers, Dieu disposait toutes choses, il tint conseil pour la formation de l’homme. L’homme ne fut point un ouvrage soudain et précipité ; la nature le médita avant de le faire. Oui , Dieu nous a aimés et il nous aime encore d’un amour de préférence; il nous a placés dans le monde au premier rang après lui , honneur suprême le plus grand qu’il pût nous accorder.

Qui se connaîtra, comprendra qu’il a quelque chose de divin , et il voudra toujours agir, toujours penser d’une manière digne d’une si grande faveur de Dieu.

Certes il convient à ceux qui veulent s’élever audessus des autres animaux de réunir tous leurs efforts pour ne point vivre de la vie des bêtes que la nature a faites penchées vers la terre et esclaves de leur ventre. Nous sommes composés d’un esprit et d’un corps; l’un nous est commun avec Dieu, l’autre avec les bêtes; l’esprit doit commander et le corps obéir. Nous devons donc ne voir qu’avec stupeur et détester la perversité de ces hommes qui , livrés aux plaisirs du corps , passent leur vie dans le luxe et l’ indolence , et laissent leur esprit sans culture s’énerver dans l’oisiveté.

Il ne faut jamais oublier combien la nature de l’homme l’emporte sur celle des bêtes. Celles-ci ne sont sensibles qu’à la volupté , et elles s’y portent de tout leur être. L’homme, au contraire, s’il vientà s’y livrer, cache et dissimule par pudeur le penchant qui l’entraîne ; ce qui prouve assez que les plaisirs du corps ne sont pas dignes de l’excellence de l’homme. On ne doit donc, quant au soin du corps, avoir en vue que la santé et les forces, et non la volupté. Si nous voulons considérer la supériorité, la dignité de la nature humaine, nous comprendrons à quel point il est honteux de s’abandonner au luxe , de vivre mollement et délicatement, et combien sont honorables la frugalité, la sobriété, la continence et la sévérité des mœurs.

Que l’homme est une chose méprisable, dit Pline cité par Nicole, s’il ne s’élève au-dessus des choses humaines!

Si nos âmes ont une origine divine, nous devons tendre incessamment à la vertu, et ne pas nous asservir aux plaisirs du corps.

La volupté du corps est courte , fragile , et d’autant plus voisine du dégoût qu’ elle a été plus avidement goûtée. Il est impossible quelle n’amène pas à sa suite le repentir ou la honte. Elle^n’a rien de grand, rien qui convienne à la nature de l’homme, si rapprochée de la nature de Dieu; loin de là , elle est chose basse et indigne.

La volupté vraimentdigne de l’homme consiste, non pas à rassasier le corps , à l’engraisser, à irriter les passions dont nous devons souhaiter le repos, mais à éviter le trouble de l’âme.

Il faut exercer et gouverner le corps de manière qu’il puisse obéir à la raison, soit pour exécuter tout ce qui est à faire, soit pour supporter le travail.

Lecorpshumain est comme le fer. Si vous travaillez le fer, il s’use; si vous ne le travaillez pas, la rouille le consomme. Nous voyons de même les hommes s’user par le travail , et s’user plus vite encore par l’inaction et la mollesse.

Un extrême embonpoint engourdit pour ainsi dire et accable l’esprit : il faut donc exercer le

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corps , mais avec mesure et en épargnant le temps, ce bien si précieux. Revenons promptement du corps à l’esprit. C’est l’esprit qu’il faut exercer jour et nuit; cet exercice-là, ni l’hiver, ni l’été, ni la vieillesse ne l’empêchent.

Comme le cheval est né pour la course , le bœuf pour le labour, le chien pour la chasse, l’homme est né pour deux choses : pour comprendre , et pour agir conformément à la nature, c’est-à-dire à la raison. C’est en cela que consiste F honnête , qui est le vrai bien, le bien propre de l’homme; car ce qui importe à son bonheur, ce n’est pas qu’il cultive beaucoup de terres, que beaucoup de gens le saluent, qu’il repose sur un lit somptueux; mais qu’il soit homme de bien. Il est homme de bien , si la raison se développe en lui et se perfectionne selon la volonté de la nature, selon la vertu.

L’empire sur soi-même est le plus grand des empires : la servitude des passions est la plus dure des servitudes.

I .a véritable grandeur d’âme sé reconnaît à deux marques: la première, c’est de n’estimer bon que ce qui est honnête ; la seconde , c’est den’être troublé par aucune passion. Il est d’une âme grande et forte de dédaigner ce qui paraît beau , admirable à la plupart des hommes, et de supporter ce qui leur paraît pénible , de manière à ne rien per-

dre de la dignité dusage. Il y aurait dissonance et contradiction à triompher de la crainte, et à se laisser vaincre par la cupidité; à se montrer invincible au travail , et faible contre la volupté.

Qu’y a-t-il de plus excellent dans les choses humaines? C’est de dompter les vices : il n’est point de plus belle victoire. Beaucoup d’hommes ont commandé à des villes et à des nations , trèspeu à eux-mêmes.

C’est démence de commander aux autres et de ne savoir se commander à soi-même.

Il est plus facile de gouverner des peuples barbares et impatients du joug, que de contenir son propre cœur. Forts contre les ennemis, plusieurs ont été vaincus par la prospérité et par les passions. Alexandre ravagea et mit en fuite les Perses, les Hyrcaniens, les Indiens et les autres nations jusqu’à l’Océan; mais, vainqueur de tant de rois et de peuples , il succomba à la colère , à la tristesse, à la volupté. C’est qu’il avait songé à tout réduire sous sa puissance, excepté les mouvements de son âme; et celui que n’avaient pu vaincre les armes des Perses, les vices le vainquirent.

César au contraire vainquit sa colère comme il avait su vaincre ses ennemis. II avait dompté des nations barbares, farouches, innombrables, répandues dansd’immensescités, pourvues de toute sorte de ressources; mais enfin tout cela était de

nature et de condition à être vaincu ; il n’est si grande force et troupe si nombreuse, que la force et les armes ne puissent affaiblir et abattre. Mais vaincre son âme, réprimer sa colère, modérer la victoire, ce n’est pas seulement s’égaler aux plus grands hommes, c’est se rendre semblable à Dieu.

Vaincre la colère, c’est vaincre l’ennemi le plus redoutable ; vaincre la volupté , est aussi un grand et beau triomphe.

Notre âge, disait le jeune Scipion, après une victoire, notre âge n’a pas autant à craindre les ennemis armés, que les voluptés qui l’assiègent de toutes parts. Celui qui les dompte parla tempérance , s’est acquis plus de gloire que n’en procure la défaite d’une armée ennemie.

Les vrais ennemis , les maux véritables , sont les désordres et les crimes; Dieu en préserve les hommes vertueux. Mais pourquoi les bons souffrentils des choses pénibles, tels que l’exil, la pauvreté? Afin que les autres hommes apprennent, d’eux à souffrir. Les bons ont été créés pour servir d’exemples. Entendez Dieu leur dire : Qu’avezvous à vous plaindre de moi, vous qui avez choisi et goûté la vertu? les autres, je les ai environnés de faux biens, je lésai parés d’or et d’argent et de pierres précieuses; au dedans, rien de bon. Ce n’est point là un bonheur solide et vrai. Mais vous,

TBAITÉ DE MOBALE.

je vous ai donné des biens certains, éternels; je vous ai donné de mépriser ce qui parait redoutable au vulgaire, de dédaigner ce qu’il désire. Vous ne brillez point par le dehors, vos biens sont intérieure. Je ne vous ai point soustraits aux accidents tristes, fâcheux, horribles même de la vie : mais contre tout cela, j'ai armé vos âmes.

L’homme de bien n’est pas seulement le disciple de Dieu, l’émule de Dieu; il est l’enfant de Dieu. Ce pere auguste l’élève rudement , le contient par une discipline sévère, l’éprouve, l’endurcit, le façonne pour lui. Dieu a vraiment pour les bons un amour de père ; il les excite au travail , il ne leur permet pas la moindre oisiveté , il exige la sueur, il fait couler les larmes; il les aime d’un amour plein de grandeur et de force.

TITRE IL

DE LA EÉCESS1TB ET DES AYA3TÂQES DE l’iESTKUCTIO».

La nature a donné à chaque espèce d’animal le désir de se protéger lui-même, de défendre son corps et sa vie, de fuir ce qui lui semble nuisible, de chercher et de se procurer ce qui est nécessaire à son existence; mais la recherche et l’investigation de la vérité appartiennent à l’homme, qui seul a la raison en partage, et nos âmes éprouvent naturellement un insatiable désir de connaître la

vérité. Aussi, lorsque nous sommes libres d’affaires et de soucis, nous souhaitons de voir, d’entendre, d’apprendre quelque chose, et nous regardons comme nécessaire au bonheur de la vie la connaissance des secrets et des merveilles de la nature. Exceller dans la science nous paraît quelque chose de beau; ignorer, se tromper, être trompé, nous semble funeste et honteux.

C’est une grande chose de voir l’âme avec l’âme même, et sans doute, tel était le sens de l’oracle d’Apollon, quand il donnait ce précepte : que chacun se connaisse. En disant connais-toi, l’oracle veut dire, connais Ion âme. Le corps n’est, pour ainsi parler, que le vaisseau et en quelque sorte le récipient de l’âme. Du reste , ce grand précepte , connais-toi toi-même , n’est pas seulement destiné à rabaisser l’orgueil de l’homme, il a aussi pour but de lui faire apprécier les avantages qu’il possède.

Il y a dans les choses même qui sont l’objet de nos études et de nos connaissances certains attraits qui nous excitent à les étudier et à les connaître. On a vu plus d’une fois ceux qui aiment les sciences et les arts négliger absolument leur santé, leurs affaires, et acheter par d'immenses travaux le bonheur d’apprendre.

La contemplation de la nature est en quelque sorte la pâture naturelle de l’ânic et du génie : la

TBAITK DE MOBALE.

seule recherche des grandes choses et des choses cachées , a sa volupté.

Lors même qu’on ne retirerait pas de l’étude des arts libéraux tous les avantages dont elle est la source constante , et qu’on ne lui demanderait que le seul plaisir, un tel délassement de l’àme devrait être considéré comme le plus digne d’un homme bien né : les autres délassements ne sont ni de tous les temps , ni de tous les âges , ni de tous les lieux ; cette étude au contraire nourrit la jeunesse, réjouit la vieillesse, orne la prospérité, aide et console l’adversité, nous charme à la maison, n’embarrasse point au dehors , veille , voyage , habite les champs avec nous.

Consacrez votre temps à l’étude et vous éviterez tout ennui, tout dégoût de la vie; vous ne serez ni à charge à vous-même, ni inutile aux autres.

Nous voyons les lettres et les arts, non-souleuient embellir la vie heureuse, mais soulager toute sorte d’infortunes, apaiser les douleurs de l’exil, de la prison, ou de la captivité chez les ennemis.

L’étude est merveilleusement propre à rehausser la prospérité, comme à atténuer le malheur, bile est tout à la fois et le plus bel ornement et la plus grande consolation de l’homme.

Être conduit par le désir de la science à la con-

templation des grandes choses, est le propre des hommes supérieurs; ceux au contraire qui s’arrêtent à des études vaines, tout en faisant des choses difficiles, ne font rien.

Il est honteux de s’occuper à de laborieuses bagatelles, et c’est un sot travail qu’un travail qui porte sur des inepties.

L’homme, fût-il assuré d’une longue vie, devrait user du temps avec économie , afin de suffire aux choses nécessaires. Quelle folie est-ce donc, quand il y a disette de temps, de s’amuser aux choses inutiles !

La nature ne nous a point tellement prodigué le temps, qu’il nous soit permis d’en rien perdre, et voyez cependant combien en dissipent les hommes les plus actifs : celui-ci à cause de sa mauvaise santé; celui-là, parce que ses proches sont malades; l’un, pour ses affaires privées; l’autre, pour les affaires publiques; tous pour le sommeil qui partage la vie avec nous. Peut-on se plaire à consommer en choses vaines la plus grande partie d’un temps si court, si rapide, et qui nous emporte si vite !

Il n’est rien que ne surmonte un travail opiniâtre, une attention sérieuse, un zèle soutenu.

Un champ, quoique naturellement fertile, ne peut rien produire sans culture : il en est de même de l’esprit s’il n’est cultivé par la science.

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La véritable animiculture , c’est la philosophie, qui arrache les vices jusqu’à la racine, prépare les âmes à recevoir la bonne semence, et dépose en elles des principes capables de porter par la suite les fruits les plus abondants.

Il serait honteux de travailler pendant plusieurs années pour devenir bon grammairien, habile rhéteur, savant géomètre, grand médecin, et de ne pas faire le moindre effort durant un si longtemps pour se rendre homme de bien.

TITRE III

U BS VH AIS RIEJIS.

Aristippe, disciple de Socrate, avait fait naufrage sur le rivage des Rhodiens et avait tout perdu. U se rendit au gymnase, se mit à discourir sur la philosophie , et eut de nombreux auditeurs qui le comblèrent de riches présents. Il fut bientôt en état de se procurer à lui-même et de procurer à ses compagnons d’infortune toutes les choses nécessaires. Ceux-ci , se préparant à retourner dans leur pays, lui demandèrent ce qu'il voulait faire dire à ses concitoyens : Dites aux pères de famille, répondit-il, de donner à leurs enfants des biens qu’ils puissent sauver avec eux s’ils viennent à faire naufrage.

Les vrais biens sont ceux auxquels ne peuvent

DBS DBVOIflS ÉCIVBnS SOI-HKMË. 3â

nuire, ni les rigueurs de la fortune, ni les révolutions des empires, ni les ravages de la guerre.

Théophraste, en exhortant les hommes à faire provision de science plutôt que de se fier à la fortune, aimait à répéter que, par un glorieux privilège, l’homme instruit n’était ni étranger hors de sa patrie , ni dépourvu d'amis , après la perte même des plus intimes; qu’il était reçu comme citoyen dans toutes les cités, et qu’il pouvait mépriser tous les coups du sort.

La fortune retire aux hommes, avec une extrême facilité, les dons qu’elle leur a faits; l’instruction, une fois incorporée à l’âme, ne manque jamais, et demeure jusqu’à la fin de la vie.

Si quelqu’un a consacré son cœur à la vertu , et la suit partout où elle l’appelle; si, comprenant qu’il est un être social et créé pour le bien commun, il considère le monde comme la maison de famille de tous les hommes; s’il vit toujours comme en public; s’il sait qu’il n’y a de mal que ce qui est honteux, de bien que ce qui est honnête; s’il conforme et mesure toutes ses actions à cette règle; s’il regarde comme les plus misérables de tous les mortels, quelque éclat que jette leur fortune, les hommes adonnés à leurs passions et dont l’esprit se plonge dans une stupide oisiveté; s’il pense et agit en conséquence, il a la science parfaite, la science utile, la science néces-

saire; tout le reste est bon pour amuser nos loisirs.

Le philosophe Stilpon s’était vu enlever au siège de Mégare tout ce qu’il possédait. Je n’ai rien perdu, disait-il cependant; tout ce qui était à moi est avec moi. C’est qu’il avait avec lui les vrais biens, ceux sur lesquels l’ennemi ne peut porter la main, c’est-à-dire la science et la vertu; ainsi, au milieu des épées qui brillaient et des maisons qui s’écroulaient de toutes parts, lui seul fut en paix.

Le sage ne se laisse ni emporter par la prospérité ni abattre par l’adversité.

Montrez-vous fort et plein de cœur au milieu des revers; ils n’ébranlent que celui que les succès avaient enivré d’une folle joie.

Si vous voyez un homme de courage, niez qu’il soit malheureux.

Il n’y a de malheureux, disait Bias, que celui qui lie sait pas supporter le malheur. En supportant avec -force les maux qui abattent les autres hommes, on change les malheurs même en gloire. Rien ne nous inspire une plus vive admiration que la vue d’un homme courageusement malheureux.

La fortune n’enlève que ce qu elle a donné; elle n’a point de prise sur la vertu.

J’ai toujours cru, disait Sénèque, qu il n’y

avait pas de bien véritable dans ce que la plupart des hommes désirent, et j’en ai fait l’expérience. Il en est de même pour ce qu’on appelle les maux de la vie : je n’y trouve rien d’aussi dur, d’aussi terrible qu’on se l’imagine.

Jamais un homme sage n’a pensé qu’il fallût désirer et mettre au nombre des biens les honneurs, les plaisirs, les richesses, et toutes ces voluptés qui enchaînent la plupart des hommes; tant il est vrai que ceux qui jouissent de ces sortes de choses sont incessamment tourmentés et du désir de les accroître, et de la crainte de les perdre; et tant il est ordinaire que les méchants les possèdent au détriment des bons!

Dans l’esprit du sage , la raison prévaut sur l’opinion du vulgaire. Tout ce qu’il y a d’or à la surface de la terre et dans ses entrailles est de nul prix , si on le compare à la vertu. Les hommes vertueux doivent toujours avoir dans le cœur et sur les lèvres ce mot de Solon : Aux autres les richesses, à nous la vertu.

Rien de ce qui est injuste n’est expédient; rien de ce qui est honteux n’est utile.

Il n’y a rien de si précieux, rien de si magnifique, qui mérite qu’un homme de bien s’écarte de son devoir et viole la justice et la bonne foi. Il est toujours honteux, donc jamais utile de pécher; il

TRAITÉ DK MOllALK.

est toujours honorable , donc toujours utile d’être vertueux.

Profit et mauvaise renommée, vrai dommage.

TITRE IV

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