‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 110 sur 235 · Var. Et du sentiment · texte numérisé non relu

Var. Et du sentiment

PREMIÉBE PARTIE. — DE LA VERTU. iii

ansQjet qu'il traite, je ne serais pas obligé de répéter en géléral ce que j'ai déjà dit et prouvé ailleurs en plusieurs niailères. Personne ne lit Apollonius ou Archimède sans savoir ton Eaclide : parce qu'on n'entend rien dans les Sections cofiiques, si l'on ne sait la Géométrie ordinaire ; et qu'en matière deGéométrie, quand on n'entend pas, on sait bien qu'on n'entend pas. Mais en matière de Morale et de Religion, cbacuc se wÀl assez en état de bien concevoir tout ce que les livres en disent ^ Ainsi chacun en juge sans prendre garde que la Monte par exemple, j'entends la Morale démontrée ou expliquée par principes, est à la connaissance de l'homme ce qu'est la KteDce des lignes courbes à celle des lignes droites. f XII. Je me crois donc obligé de faire ici quelques supposi- ■" tioDSdes principes que j'ai prouvés ailleurs, et qui sont nécesi sûres pour la suite : cela éclaircira peut-être bien des choses ■ qoe j'ai déjà dites, et que je crains fort qu'on n'ait pas bien \ entendues. Mais ces suppositions ne sont point pour ceux qui ' ont médité les principes que j'ai expliqués ailleurs, ou qui ont ton compris tout ce que j'ai dit jusqu'ici. Ils peuvent passer la chapitre suivant et s'épargner une lecture inutile.

XIII. Je suppose premièrement qu'on soit bien convaincu, que pour unir l'âme au corps, il ne faut pas confondre les idées de ces deux substances : comme font la plupart des iMHDmes, qui pour faire cette union, répandent ' l'àme dans tontes les pariies du corps, et attribuent au corps tous les sen- L tiffients qui n'appartiennent qu'à l'âme. L'union de l'âme et du corps consiste dans l'action mutuelle et réciproque de ces deux êîres, en conséquence de l'efficace de volontés Divines, qui seules peuvent changer les modifications des substances. L'âme pense et n'est point étendue, le corps est étendu et ne pense point. On ne peut donc unir l'âme au corps par l'étendue, mais parla pensée ; ni le corps à l'âme par des sentiments, mais par «les situations et des mouvements. Le corps est piqué, l'âme le sent; l'âme craint uri mal, le corps le suit. L'âme veut remuer Je bras; il se remue aussitôt, et Pâme est avertie de ce mouve- Dient '. Ainsi il y a une correspondance mutuelle entre certaines pensées de l'àme et certaines modifications du corps, en conséîneace de quelques lois naturelles que Dieu a établies et qu'il

^* Var. Je n'ose dire pourquoi, ajoutait l'éditiou de 1684.

*• Var. Étendent. (1684.)

•*• Var. Et rame le voit et le aent. (Id84.)

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