INTRODUCTION. XV
et toute dignité. On voit en effet qa*il attache une grande importance à réfuter les auteurs (tels que Grotius et Puffendorf) qui soutiennent : que le devoir n'est que la nécessité d'obéir à un supérieur, — que le droit naturel n'embrasse que les actes extérieurs, — qu'il n'intéresse que la vie présente, — que les préceptes de la morale dépendent de la pure et arbitraire volonté de Dieu, et que les hommes, par eux-mêmes et par les seules forces de la nature, sont incapables de vertu. — Il faut qu'il soit juste, de par les règles d'une justice préalable d'obéir aux ordres d'un supérieur, et il faut que ce supérieur luimême commande des choses justes. « Or la justice suit certaines règles d'égalité et de proportion qui ne sont pas moins fondées dans la nature immuable des choses et dans les idées de l'entendement divin que les principes de l'arithmétique et de la géométrie. »
Cette afflrmation de l'unité des sciences morales et des liens qui les rattachent à la philosophie ne suffit pas à Leibniz : et plus tard *, dans la suite de ses écrits, il a donné çà et là les linéaments d'une synthèse où tout un système de morale est esquissé.
Leibniz ne condamne rien, ne néglige rien dans le» tendances primitives de notre nature. En premier lieu, il
1. Voyez sartout ses derniers écrits dan* i« Umm V, dit i'hiïiïou Dulens, et dans le tome I de ses Lettres et ofnut^fule» iuéMih, j^ar Foucher de Careil, un opuscule daté de 1708 (pag« iU.)