XVI INTRODUCTION
fait appel au sentiment naturel de bienveillance que les hommes éprouvent les uns pour les autres, au souci qu'ils ont de leur conservation et de leur bonheur, au plaisir que leur causent le bon ordre et l'harmonie, au déplaisir que leur donne le spectacle des violences., etc.; car tous ces sentiments peuvent déjà servir à fonder une certaine morale.
Après la sensibilité vient le calcul et la réflexion. Appliqué à la bonté naturelle pour la régler, le raisonnement produira la justice qui n'est que t la charité du sage. » Il préservera aussi des écarts en inspirant des ha bitudes d'ordre; et la prudence, la prévoyance, l'ambition même pourront être aisément tournées au perfectionnement moral de l'individu.
Enfin, la considération de Dieu met le comble à la morale, d'abord parce que Dieu proclamé, tout a enfin son principe immuable; parce que notre amour ne peut qu'être* élargi par l'idée des perfections divines auxquelles tous les autres êtres, auxquelles nos ennemis, comme nos amis, participent; parce que l'existence de Dieu nous donne la certitude que l'ordre universel n'est pas un rêve, et qu'un jour ou l'autre, grâce à la Providence et à l'immortalilé de l'âme « tout droit passe en fait '. •
1. Toutes ces idées se trouvent réunies dans une appréciation que Leibniz fait, sur la fin de sa carrière, de la morale de Shaftesbury, d Shaftesbury, dit-il, a très bien fait voir que les affections que \A tiaturo nous a donnéos nous portent non lenUment & chorcher notr^