U4 TRAITÉ DE MORALE
fectueases et imparfaites, et môme directement opposé^-^'^ l'Ordre qu'il aime actuellement et qu'il prétend suivre. ^^^ outre qu'il est difficile de rendre une obéissance exacte à ^ ^^ dre connu, souvent le zèle indiscret et mal réglé nous fait ^^Ç, iîontre l'Ordre que nous ne connaissons pas. Alin qu'une ac/.^^^i soit vertueuse en toutes manières, il ne suffit donc pas qi2'(?^^ procède d'un homme de bien, ni d'un homme aciuellema ému de l'amour de l'Ordre, il faut qu'elle soit conforme à l'o; dre dans toutes ses circonstances ; et cela même, non par nn espèce de hasard qui détermine heureusement le mouvemeti»> actuel de l'àme , mais par la force de la Raison, qui nous con-^ duise de manière que nous remplissions tous nos devoirs.
II. Aussi, quoiqu'il suffise, pour être juste et agréable à Dieu, que l'amour de l'Ordre soit notre habitude dominante , néanmoins, pour être parfait, il faut savoir régler cet amour par la connaissance exacte de ses devoirs. On peut même dire que celui qui néglige ou méprise cette connaissance n'a nullement le cœur droit, quelque zèle qu'il sente en lui-même pour l'Ordre. Car enfin l'Ordre veut être aimé par raison, et non point uniquement par l'ardeur de cet instinct qui remplit souvent, de zèle indiscret les imaginations trop vives, et tous ceux qui S n'étant point accoutumés à rentrer en eux-mêmes, prennent à tout moment les inspirations secrètes de leurs, passions pour les réponses infaillibles de la vérité intérieure.
III. Il est vrai que ceux qui ont l'esprit si faible et les passions si fortes, qu'ils ne sont point en état de se conseiller euxmêmes ou plutôt de prendre conseil de celui qui éclaire tous les hommes, sont excusables devant Dieu; pourvu que de bonne foi ils demandent et suivent les avis de ceux qu'ils croient les plus gens de bien et les plus sages. Mais ceux qui ont de l'esprit ou assez de vanité pour se piquer d'en avoir, sont criminels devant Dieu,s'ilsentreprennentquelquedesseinsansleconsulter,jeveux dire sans consulter la Raison, quelque ardent que soitle zèle qui les transporte. Car il faut s'accoutumer à discerner* les réponses de la vérité intérieure, qui éclaire l'esprit par l'évidence de ses lumières, du langage et des secrètes inspirations des passions qui le troublent et le séduisent par des sentiments vifs et agréables, mais toujours obscurs et confus.