DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS
* nous conduire à sasagesso ou nous coaforiiieràsa loi \ estfécond en coDséquences ; en voici quelques-unes des plus générales '. 1° Tout mouvement d'amour qui ne tend point vers Dieu est inutile et vain; car les créatures sont impuissantes. xMais de plos, il conduit au mal cru fait de la cause de notre bien cdte de notre mal. Ainsi, tout plaisir qui ne vient à l'âme que par le corps est trompeur, puisque! détermine vers les corps, substances inefficaces, le mouvement naturel de notre amour pour Dieu. Le voluptueux se trompe. La nature, qu'il fait injustement servir à ses désirs, n'est point une nature aveugle dont on paisse abuser impunément •.
2» Tout mouvement d'amour qui n'est point conforme à l'ordre immuable, qui est la loi inviolable des créatures et nïême du Créateur, est déréglé; et Dieu étant juste, ce mouvement l'obligera tôt ou tard à devenir ♦ notre mal ou la cause de notre misère.
3» On ne peut s'unir à Dieu comme à son bien, si on ne se conforme à Dieu comme à sa loi. Et la converse * est vraie : On ne peut se conformer à la loi Divine, et par celte conformité devenir parfait, sans s'unir à sa puissance, et par cette raison devenir heureux, car Dieu est essentiellement juste «.
XL Cette vérité peut encore s'exprimer ainsi, selon l'analogie delà foi. Nous n'avons accès auprès de Dieu, société avec Dieu, parla la félicité de Dieu, que par la Raison universelle, la sagesse éternelle, le Verbe divin qui s'est fait chair, à cause que l'homme est dovenu charnel, et par sa chair s'est fait victime, à cause qlie l'homme est devenu pécheur, et par le sacrifice de sa victime, s'est fait médiateur, la Raison purement intelligible n'étant plus, dans l'homme corro«n pu qui ne peut plus ni ia consulter ni la suivre, le lien de la société entre Dieu et lui. Mais il faut remarquer sur toutes choses que la Raison en ^'incarnant n'a rien changé de sa nature, ni rien perdu de sa Ptiissance. Elle est immuable et nécessaire : elle est seule la loi
^- Var. Pour nous conformer à sa sagesse ou à sa loi. (1684.)
^* Var. Nous oblige à former ces jugements. (1684.) ^' Var. Cet alinéa 1* renfermait simplement la phrase suivahte dans l'édition de Oo4 ; ■pQjji^ mouvement d'amour qui ne tend point vers Dieu, est inutile et cnn- **'' *u mal, ou fa t de la cause de notre bien celle de notre mal.
^- Var. Ce mouvement l'oblige à devenir. (1684.)
Z" I-* proposition dans laquelle on a renversé l'ordre des termes.
'^' Var. Cette fin de phrase : Car Dieu..., n'était pas dans les éd. de 1684 et de 1697. *
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inviolable des esprits : elle seule a le droit de commander. La foi n*est point contraire à l'intelligence de la vérité : elley condait, elle unit l'esprit à la Raison et rétablit par elle pour jamais notre société avec Dieu. Il faut se conformer au Verbe fait chair; parce que le Verbe intelligible, le Verbe sans la chair est maiih tenant une forme trop abstraite, trop sublime et trop pore, poar former ou réformer des esprits grossiers et des cœurs corrompus ; des esprits qui ne trouvent point de prise sur tout ce qui n*a point de corps, et que tout ce qui ne les touche point les rebute. Mais rintelligence succédera à la foi; et le Verbe quoique uni pour toujours à notre chair, nous éclairera nn jour d'une lumière purement intelligible *,
Le Verbe s'est fait victime, parce que le Verbe sans victime n'a rien qu'il puisse offrir: il ne peut être Pontife*, il ne i peut donner à des pécheurs de société avec Dieu sans réconciliation et sans sacrifice. Et nous devons aussi nous conformer à lui en cet état; parce qu'outre que c'est nous qui sommes les criminels, nous faisons partie de la victime qui doit être purifiée, consacrée et sacrifiée, avant que d'être clarifiée et consommée en Dieu pour l'éternité. Mais la vie de Jésus-Christ n'est notre modèle, que parce qu'elle est confonne à l'ordre, notre modèle indispensable et notre loi inviolable. U faut suivre Jésus-Christ jusqu'à la croix, parce que l'Ordre veut que ce corps de péché soit anéanti en l'honneur de la Raison, à la gloire de celui dont il nous sépare. L'Ordre veut que nous méritions par des peines volontaires dont le corps est l'occasion, le bonheur dont Dieu seul est la cause véritable^ et dont nous avons été justement privés à cause des plaisirs injustes que nous avons •indignement exigés d'un Dieu juste'. \ Voilà des vérités bien rebattues, mais ce sont des vérités bien | nécessaires. i