‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 157 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS

\111. Certainement c'est manquer au respect qu'on doit k la i^mn universelle, que de s*en séparer par l'usage du vin , uu [ne de sortir hors de soi-même, où elle habile et où elle rend es réponses, et se laisser transporter par ses passions dans un ponde où l'imagination est la maîtresse. En un mot s'éloigner rolontairemenl, sans quelque nécessité, de la présence de son tiienet de la Raison, c'est un mouvement qui déshonore la Mai€8té Divine, c'est manquer de religion et commettre une espèns) d'impiété. Mais les hommes ne jugent pas ainsi des choses. Usjagent du fond par l'extérieur et par les manières, lis s'i- Dugineront que c'est un grand crime que de faire dans un lieu uint une action qui par elle-même n'est point indécente : et Us ne pensent pas que rien n'est plus indécent, que de manquer anqaelque lieu qu'on soit, aux devoirs essentiels d'une créature raisonnable. Celui qui est religieux jusqu'à la superstition, passe pour un saint dans leur esprit ; et le philosophe chrétien n'est qu'un impie, s'il n'abandonne la Raison pour entrer dans leurs sentiments et observer religieusement leurs coutumes.

IX. Il est vrai que le philosophe se conduit mal, s'il néglige ks devoirs extérieurs et s'il scandalise les simples. Il vaudrait nueuo; pour lui, qu'on lui attachât une pierre au cou, et quon le ieUit au milieu de la mer ^ Tout homme par ses manières doit i^dre témoignage de sa foi, et porter les autres hommes, toulôarg sensibles aux manières, à des mouvements qui honorent Diea. Il faut dans tout ce qui a rapport à Dieu prendre humblei&ent l'air ou la posture d'un homme qui adore : c'est du moins faire le sot et le ridicule que de prendre un autre air. Mais jorsqae les manières sont superstitieuses, et portent les esprits à des jagements et k des mouvements qui déshonorent les attributs divins, alors c'est impiété que de les prendre. Ces maiiières sont peut-être pardonnables k ceux qui n'ont de Dieu Qu'une idée fort confuse. Mais celui qui est mieux instruit dans la religion^ et qui a une connaissance plus particulière ^ perfections divines, ne doit rien faire, par respect humain, qui démente ses lumières.

ï. L'esprit n'est capable que de penser et de vouloir. Ainsi te culte spirituel ne consiste que dans des jugements et des mouvements de l'àme. Celui qui pense et qui aime comme Dieu ponse et comme il aime, celui qui juge des attributs divins

i-Math, xviii, 6. (Note marginale de M.;

ïh'l TRAITÉ DE MOHALE.

comme Dieu en ju^, et qui règle ses mouvements co

sur la loi divine TOrdre immuable : celui-là, dis-j

l Dieu, et il est aimé de Dieu, parce qu'il lui ressemb

"' iiement si la Foi en Jésus-Christ nous justifie, c'est q

{ notre esprit dans une situation qui adore Dieu, c'est

qui proteste qu'on ne peut avoir d'accès auprès de Die

î ciêté avec lui que par Jésus-Christ, juge de Dieu et des

comme Dieu en juge. Il prononce par sa foi que Diei

f quMl est infini, et que la créature par rapport à Dieu

î. jugement qui s'accorde avec celui que Dieu porte de

jf et de ses créatures. Toute autre religion que la chr

l impie : car toute autre prononce un faux jugemeni

' vinité. Le Déiste, le Mahométan, le Socinien ^ dit à

l n'est pas Dieu, lorsqu'il prétend avoir accès auprf

sans l'Homme-Dieu. Car l'attribut essentiel de la Di rintinité;et du fini à l'iniini, la distance est infinie, est nul..

XI. La plupart des Chrétiens ont l'esprit juif: loi n*est point spirituelle et par conséquent n'est point ble. La vie étemelle c'est de connaître le vrai Dieu et Ji son fils unique : c'est d'avoir dos sentiments dignes de divins et des mouvements conformes k ces sentimeni (connaître Jésus-Christ, qui seul nous donne accès Père, et répand la charité dans nos cœurs. C'est de se vaincre que lui seul est Souverain Prêtre des vrais 1 cause occasionncUv de la Grâce, afin de s'approcher c confiance, et par son secours exciter en soi des m conformes à la connaissance qu'il nous a donnée du qui honore la Majesté Divine. Mais chacun se fait une une religion, ou du moins une dévotion particulière mour-propre est le motif, les préjugés le principe e sousibles la fin. Le culte divin ne consiste souvent qi licos extérieurs, en prières vocales, en cérémonies éta olovor à Dieu les esprits, et qui ne servent mainlenai pari qu'à consoler par leur magnificence l'imaginalio |);ir lo dégoût qu'ils trouvent à rendre k Dieu leurs d l'ouluuus lo respect humain, l'hypocrisie, iranspor

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