DEUXIÈME PARTIE,— DES DEVOIRS
)S que pour la conservation de notre ôtre sensible : qne leur iporie donc d'où vienne ce fruit, pourvu qu'ils en aient : d'où •ocèiie ce plaisir, pourvu qu'ils en goûtent? XiV. De môme notre imafîination dissipe bientôt toutes ces ées abstraites d'une puissance invisible, lorsqu'on est en prence de son Souverain. La loi divine, l'Ordre immuable, la aison, ce n'est qu'un fantôme (|ui s'évanouit et «fui (jisparnit, rsque le prince ordonne, ou lorsqu'il parle avec empire. La ajesté du Prince, l'éclat sensible de la grandeur, l'air respecleax et craintif où est tout le monde, et où tout le monde doit re, ébranlent de telle manière le œrveau d'un ambitieux et ) la plupart des bommes, en qui pour lors les passions sont :citées, qu'il y a peu d'esprits assez fermes * pour consulter la i divine, penser a la puissance du Dieu invisible, rentrer en i-mêrae, et écouter les jugements (jue prononce en nous celui li préside immédiatement à tous les esprits.
XV. C'est à cause de cette étroite union de l'esprit et du •rps, qui par le péché s'est changée en dépendance, que rien est plus dangereux que le commerce du grand monde, et l'il est nécessaire d'avoir une vocation particulière, des rai- •ns fortes et extraordinaires, pour s'y engager. On ne forme
ordinairement que des sociétés dont l'ambition et la volupté ^nile principe^et la fin, et qui n'étant point conduites ni par ' Raison ni par la Foi, mais par des passions toujours inïnstantes ei toujours injustes, se rompent facilement, et prépilent les hommes dans les derniers malheurs. En lin ceux ni n'ont point assez de grandeur, de courage, ni de fermeté esprit pour rendre à Dieu leurs devoirs, en présence du Prince, ans l'embarras des affaires, lorsqu'ils sont en vue à trop de eus, en un mot ceux qui se laissent éblouir, étourdir, renver- -r par le commerce du monde, tel (ju'il puisse ôtre, doivent éviter, et se mettre l'esprit en telle situation, qu'ils puissent ^ec liberté hrtnorer et aimer la puissance véritable, se con- *fnaer à la loi divine, rendre à Dieu ses devoirs intérieurs et ^'rituels. Ces devoirs sont indispensables, et certainement on 'doit rien au prochain, si ce qu'on lui doit nous empêche de ndre à Dieu ce que nous lui devons indispensablement.