DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS
quelque qualilé que le monde estime: et il ne fera que et se divertir de leurs défauts essentiels, qui découvreni Qx qui connaissent l'homme une corruption épouvantable. 5i le précepteur plus chrétien ei plus sensé veut éteindre ux l'orgueil et l'amour- propre, Tapprobaiion du père * ou le mère attendrie leur inspirera pour lui un mépris et une sion, qui le mettra hors d'étal de pouvoir jamais leur être u Maxima debetur puero reverentia, dit un auteur judicieux, empleet les manières persuadent invinciblement les jeunes 9 lorsque cela s'accommode à la corruption de leur nature : »lui qui sans rien dire fait le mal devant eux avec un air ax et content, leur parle plus fortement que celui qui dis- 't froidement de la vertu, en les exhortant à là suivre. Rien
I plus digne de réflexion que celte pensée, par rapport k truction et l'éducation de la jeunesse.
VllI. Il y a des pères qui traitent souvent leurs enfants i empire: ils ne leur rendent jamais justice : ils les outra- L sans sujet; au lieu de les soumettre à la Raison après les Toir éclairés, ils s'imaginent que la loi inviolable d'un eny c'est l^ volonté d'un père. Mais le père mort, quelle sera ►i du fils? Ce sera sans doute sa volonté propre; car on ne iura point appris qu'il y a une loi immortelle, l'Ordre imthle : on ne l'aura point accoutumé à y obéir. Le fils n'at- Ira pas même le décès du père, sa vieillesse, son impuis- *e à le tenir dans la servitude, pour se faire à lui-même sa
II la trouvera naturellement dans ses plaisirs : car celle loi ste et brutale vaut peut-être encore mieux que les volontés 1 père déraisolunable : du moins esl-elle plus agréable et » commode. Un jeune homme en demeurera convaincu, dès 1 en aura goûté la douceur. Et alors, que le père soit mort •vivant, le jeune homme trouvera bien moyen d'obéir à celle et de se soumettre à ses charmes. Il regardera son père nae son ennemi et son tyran, s'il a encore assez de vigueur e fermeté pour le troubler dans ses plaisirs et l'inquiéter 5 Ses débauches : et convaincu par 1 exemple et la conduite >ère, qu'il faut que tout obéisse à nos désirs, il fera servir -s ses puissances et toutes les personnes à qui il aura droit onamander à les satisfaire. Car encore un coup il se sentira ellement heureux en s'abandonnant aux plaisirs, et il
^«n*. D'un père décisif. (1684.)
TRàITt DS MORALE*
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n'aura point assex d'édacation el d'expérienoe pour en sppH bender les saites funestes, li Caatdone conduire leseBÙaitspi Raison, aatant qu'ils en sont capables. Ils ont tous les'mètt^ inclinations que les bommes faits, quoique les objets de to désirs soient différents; et ils ne seront jamais solideiD|HitT»3 tueux, s'ils ne sont accoutumés à obéir à une loi qui ne mea point* si leur esprit, formé sur la Raison universelle, n'est n formé sur cette même Raison rendue sensible par la foi.
XIX. Qu'un père ne s'imagine pas que sa qualité de pèi lui donne sur son fils une souveraineté absolue et indépendant Il n'est père que par l'efflcace de la puissance de Dieu, il i doit lui commander que selon sa loi. Il n'est père qu'en con» quence d'une action brutale, dans laquelle il ne sait ce qa' fait : car ce n'est même que Texpérience qui lui apprend qa'e satisfaisant à sa passion, il conserve son espèœ. Quel droit pei donner sur Tesprit et le cœur d'un autre bomme, une actic semblable à celle des bêtes, une action de laquelle on doit roi gir et dont j'ai bonté de parler. Encore une mère porte-t-el son fruit avec bien des incommodités, et le donne-t-elte s monde avec d'extrêmes douleurs. Mais ce n'est point elle q le forme et qui le fait croître : c'est encore moins elle qui doni rêtre à l'esprit qui l'anime. Aussi, n'a-t-«lle point de droit < commander à son fils que par dépendance de la Raison nnivc selle, comme elle n'a eu aucun pouvoir de l'engendrer que p refficace de la paissaoce de Dieu.
XX. Néanmoins qu'un ûls tremble lorsque ses parents sa en colère contre lai : parce que Dieu, qui lui donne et qui ^ conserve Vôtre, Dieu qui peut le précipiter dans les enfe Dieu qui a sur lui toutes sortes de droits lui ordonne par loi de leur obéir, et par ce commandement leur donne droit lui commander. Mais que les parents n'usent point de ce d contre la volonté de celui dont ils le reçoivent : qu'ils ne se 1 tribuent pas, comme une récompense d'une action crimin^ ou du moins indécente et brutale. Qu'ils le fassent servir grand dessein de Dieu, le Temple éternel, la fin et le c1 d'œuvre de tous ses ouvrages : et qu'ils travaillent par ce ùt non pour le temps mais pour l'éternité, pour conserver J les membres de JésQS-Christ l'esprit de sainteté que leurs fants ont reçu dans le baptême. Que les enfants de leur < obéissent à leurs parents comme à Dieu même, dont ils ti nent la place : qu'ils soient devant eux dans le respect, com