CHAPITRE DOUZIÈME
Des devoirs entre personnes égales. Leur donner la place qu'ils s haitent de remplir dans notre esprit et dans notre cœur. Marq nos bonnes diâpositions à leur égard < par Tair et les manié par les services réels. Leur déférer la supériorité et rexcellei Les amitiés les plus vives et les plus ardentes ne sont pas les ] solides. Il ne faut avoir des amis qu^autant qu'on en peut eni tenir *.
L La plupart des devoirs que nous rendons aux autres b( mes, ne consistent que dans certaines marques sensibles, lesquelles nous leur faisons comprendre qu'ils ont dans ne esprit et dans notre cœur une place honorable. Les hommes peuvent apprendre, sans quelque émotion et quelque pla qui les unisse à nous, que nous ayons pour leur mérite elle qualités une estime particulière : et quelque respect quen leur rendions au dehors, ils ne peuvent découvrir, sans sensible déplaisir qui les éloigne de nous, que nous ne lesf cens pas dans notre esprit au lieu qu'ils souhaitent de n plir ^. C'est que le lieu des esprits ne se trouve point parmi corps, et que leur appartement, leur trône, leur lit de re n'a nul rapport à la magnificence qui frappe les sens, et n'est (lue l'ouvrage de la main des hommes. L'esprit ha
1. V.ir. Leur marquer nos dispositions avantageuses à leur égard. (16S4.)
2. Var. Il ne faut pas se faire des amis particuliers plus qu'on n'en peut e tenir. (1084.)
'.i. « Il estime si ^n'ande la raison de l'homme, que, quelque avantage q" sur la Icrre. s'il n'est placé avantageusement aussi dans la raison des homm n'est j)as content. » (Pascal, Pensées, art. 1, parag. 5, de l'édition Havet.)