Nos sens unissent notre âme à
4. Ces mots rappellent ceux de Fénelon : « Comme si nous portions en dedans de nous un principe plus raisonnable que la raison mt'»mo. •>
abslr.iitt? pour s«Tvir de modèle aux esprils grossiers. 3ek^ Qu'un lui dnnne donc du corps, qu*on le rende sensible, (\ti(* lrii'\r'h»on plusieurs manières pour le rendre aimabk»^ litiiiiin»»s rli.nrnHs : qu'on l'incarne, pour ainsi dire', mais i\w suit toujours rcconuaissable. Qu'on accoutume les homok^* disjvrner la vraie vertu du vice, des vertus apparentes, des à» pie:' devoirs, dont un peut souvent s*aci}uitter sans veAU'.^ ({u'on ne leur pro|x»se pas des fantômes ei des idoles, qmafr riMit l«Mir admiration et leurs resi)ecis par l'éclat sensible eli* jt'stutMii (|ui les environne. Car enfin si la Raison ne nouscofr duit pas, si l'amour de TOrdre ne nous anime pas, quelque & d«'les i|ue nous soyons dans nos devoirs, nous ne serons junù solidement vertueux.
XI. Mais, dit-tm, Ift Raison est corrompue : elle est sujette à l'erreur, il faut qu'elle soit soumise à la foi. La philosophie n'est ({ue la servante. Il faut se défier de ses lumières. Perpétuelles é(|uivoques. L'homme n'est point à lui-môme sa Raisoa et sa lumière -. La Keli«,Mon, c'est la vraie philosophie. Ce n'est pas, je l'avoue, la philosophie des païens, ni celle des discoureurs, qui disent ce qu'ils ne conçoivent pas, qui parlent aux autres avant que la Vérité leur ait parlé à eux-mêmes. La Baison dont je pnrle est Infaillible, immuable, incorruptible '. Elle doit toujours Aire la maîtresse : Dieu môme la suit. En un moti il ne faut jamais fermer les yeux à la lumière : mais il fauts'a^ coutumer à la discerner des ténèbres ou des fausses lueurs, des sentiments c(mfus, des idées sensibles, qui paraissent lumières vives et éclatantes à ceux qui ne sont pas accoutumés à discerner le vrai du vraisemblable, l'évidence de l'instinct, la Raison de l'imagination son ennemie. L'évidence, rintelligence est préférable à la foi *. Car la foi passera, mais Tintelligence subsistera éternellement ^. La foi est véritablement un grand bien, mais c'est qu'elle conduit à l'intelligence; et que môme sans elle
1. « La liimièro qui éclaire tous les homme» Inisall dans leurs ténèbres Banales (lisftiper, il» no pouvaient mt'mo la regarder; il fallait que la lumière intelligible M v()il<\t et HO rendit vi^iblo, il fallait que le Verbe se fit chair, et que la sagesse en* ehée et inaccessible aux hommes charnels les instruisît d'une manière ohamelle, carnaliter dit saint Bernard. >» {Hecherche de la vérité, 1. IV, ch. in.)