PREMIÈRE PARTIE. QE LA VERTU
e même par ses propres actes prend des habitudes, ne peut pas facilement se défaire. Un Mathématicien i aisément qu'il dépend de lui de ne point aimer les tiques et d'en abandonner Tétude. Un ambitieux se follement qu'il n'est point esclave de sa passion ; et roit, quoique misérablement asservi à quelque maulitude, qu'il ne dépend que de lui de rompre tout d'un iensqui le captivent. C'est même sur ce principe qu'on ijours à se convertir. Car, comme pour se convertir, il ue mépriser des biens qu'on reconnaît vains et mépril aimer Dieu, qui certainement mérite seul d'être aimé, e persuade qu'il a, et qu'il aura toujours assez de raiforce pour former et pour exécuter un dessein si juste onnable.
plus, comme la volonté n'est jamais forcée, on s'ima-
tout ce qu'on veut, on le veut précisément parce
veut. On ne pense point que nos volontés s'excitent en
conséquence de nos dispositions intérieures; parce
fet ces dispositions étant des modifications de notre
)re, qui nous sont inconnues, elles nous font vouloir
îre qu'il semble que cela ne dépende que de nous :
voulons si gaiement, que nous croyons que rien ne
[ge à vouloir. Il est vrai qu'alors rien ne nous oblige
, que nous-mêmes. Mais notre nous-même n'est point
e purement naturel, ou parfaitement libre pour le bien
fmal : c'est notre être disposé à l'un ou à l'autre par
fications qui le corrompent ou le perfectionnent, et
rendent aux yeux de Dieu ou justes ou pécheurs.
it ces dispositions-là qu'il faut ou augmenter ou dé-
r les actes \ qui sont les causes naturelles dos habi-
is pour cela il faut encore supposer cette autre vérité te, que l'àme tfe produit pas toujours les actes de l'hali domine en elle. Car il est évident que si celui dont ition dominante est l'avarice, n'agissait jamais que par mouvement d'avarice, bien loin de devenir libéral, son monterait sans cesse; selon le principe que nous vetposer, que les actes produisent et fortifient les habifaut même qu'il soit au pouvoir de l'homme corrompu
Btte virgule n'était pas dans l'édition de 1684.
de produire des actes de vertu, aGn qa'il paisse se défaire do. SCS mauvaises habitudes, et devenir homme de bien : niab cette proposition doit être eicpliquée.
V. Je dis donc à l'égard des habitudes particulières, premiè* rement qu'un avare, par exemple, peut agir par un InoaT^ ment d'ambition : et cela n'est ni difficile à croire, ni difflcib à prouver. Je dis en second lieu qu'un avare peut même fait» une action contraire à Favarice qui le domine. Car un avan peut aussi être ambitieux. Gela supposé, si la passion ponrles richesses n'est point excitée, et que son ambition le soif.oQà son avarice est moins excitée que son ambition dans une ptoportion réciproque de la force de ces deux passions, il est certain que l'avare fera une action de libéralité, si dans cemoment il se détermine à agir, ce qui certainement est en soi pouvoir. Car enfin on ne peut vouloir que le bien, et dans» moment l'avare trouvera meilleur de faire cette action de ^\^ ralité que de ne la pas faire, et de sacrifier * l'amour qu'il* pour l'argent à celui qu'il a pour la gloire. Ainsi il est évident que le pécheur peut, par des raisons d'amour-propre, ne p^ suivre tel mouvement de ses passions qu'on voudra délermincf» s'il peut réveiller quelques passions contraires, et suspendrt jusque-là le consentement de sa volonté. Mais cela ne suffi pas encore pour faire comprendre que celui qui pèche peut^ point pécher, que le pécheur peut se défaire de ses mauvais^ habitudes, et le juste perdre la charité.
VI. En efl*et il n'en est pas des habitudes particulières < l'avarice ou de la libéralité, comme de l'amour de l'Ordre ^ de l'amour-propre : et quoiqu'on demeure peut-être d'acco qu'un avare peut faire une action de libéralité, on me conte tera sans doute qu'un païen puisse faire une action conforc à l'Ordre, et par amour pour l'Ordre. Mais pour moi je ne vei point contester. Je vas tâcher d'expliquer nettement ma p© sée. Que chacun suive ce que l'évidence de la Raison et l'aut rite de la foi l'obligent à croire, et m'abandonne moi, s'il r connaît que je m'écarte 'du chemin qui me doit conduire da la recherche de la vérité.
VII. Si les pécheurs ou les païens n'avaient nul amour p( rOrdre, ils seraient incorrigibles en toutes manières : si
1. Var. Il sacrifiera. (1684.) «. Var. Si jo m'écarte. (1684.)