INTRODUCTION. IX
la corruption du siècle et les préjugés ont attaché de fausses idées et tout à fait païennes à ces noms magniTiques, dont on se sert ordinairement sans se mettre en peine de les expliquer. »
Nous demandons maintenant à dire quelques mots de l'ouvrage et à le replacer dans le milieu philosophique où il a paru. Il est assez de mode de dire : il manque au Cartésianisme une morale. Tels sont même très exactement les mots par lesquels débute une thèse présentée tout récemment à la Faculté des lettres de Paris. Il est certain que Descartes se vante en quelque sorte de n'avoir point écrit sur la morale : * Je n'ai point cru, ditil, ôtre obligé d'en écrire. » Et il ajoute : « Car pour ce qui touche les mœurs, chacun abonde si fort en son sens, qu'il se pourrait trouver autant de réformateurs que de têtes, s'il était permis à d'autres qu'à ceux que Dieu a établis pour souverains sur ses peuples, ou bien. auxquels il a donné assez de grâce ou de zèle pour être prophètes, d'entreprendre d'y rien changer... ^ » Ce texte est intéressant : car il exprime très bien la façon dont le dixseptième siècle comprenait ce que nous appelons aujourd'hui le problème de la morale. On le divisait en deux parties : on mettait d'un côté les relations extérieures des hommes, tout ce qui concerne leurs intérêts tempo-