PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU
iKifes gai les excitent. Car cela est d'une conséquence infinie ponr la Morale.
XVII. La connaissance de Thomme est de toutes les sciences lî pins Décessaire à notre sujet. Mais ce n'est qu'une science expérimentale *, qui résulte de la réflexion qu'on fait sur ce qai se passe en soi-même. Réflexion qui ne nous fait point coniiaitre la nature des deux substances dont nous sommes composés: mais qui nous apprend les lois de Tunion de l'âme et du eorps, et qui nous sert à établir ces grands principes de Morale «or lesquels nous devons régler notre conduite *.
XVIII. La connaissance de Dieu tout au contraire n'est point expérimentale. On découvre la nature et les attributs Divins, lorsqu'on sait contempler avec attention Tidée vaste et immense de l'Être infiniment parfait : car à l'égard de Dieu, il n'en faut jnger que sur l'idée claire qu'on a de lui. C'est à quoi on ne prend point assez garde, car la plupart des bommes jugent de Dieu par rapport à eux. Ils le font semblable à eux en plusieurs iDânières : ils se consultent au lieu de consulter uniquement ridée de l'Être infmiment parfait*. Ainsi, ils lui ôtent les attributs Divins qu'ils ont peine à reconnaître, et lui attribuent une sagesse, une puissance, une conduite, en un mot des sentiments semblables, du moins en quelque chose, à ceux qui leur sont les plus familiers *. Cependanf, la connaissance de nos devoirs suppose celle des attributs Divins; et notre conduite ne pcm être sûre, si elle n'est établie et réglée sur celle que Dieu tient dans l'exécution de ses desseins.
i. Cest-à-dire, pour Malebranche, d'un ordre inférieur. — Malebranche s'atla-
*ï^« à établir ici que la morale est une science rationnelle dans ses principes et dans
*^ fonne^ expérimentale dans sa matière; mais la partie formelle est de boaucoup
*•• plos importante, la plus considérable à ses yeux, quoique l'analyse qu'il fait de
** pwtie matérielle témoigne d'une finesse exquise et le range parmi les moralistes
**■ [rfus piquants de notre littérature.
8- Dans la Recherche de la vérité (IV, vi, 2), après avoir dit que « la plupart des
•^WDWs sont fort incertaines et fort inutiles, » Malebranche prononce que ce-
P^Jdtet « la science de l'homme est de soi-même une science que l'on nn peut
'^«onDablement mépr scr... » Sa principale utilité est de nous faire connaîtrez notre
^P«ndance à l'égard de Dieu; « même dans nos actions les plus ordinairos, elle
'^'W» découvre manifestement la corruption de notre nature ; elle nous dispose à
neoQiir à celui qui seul peut nous guérir, à nous attacher à lui, à nous défaire et
* nous détacher de nous-mêmes... »
3. Ce qoe nous appelons aujourd'hui la conscience est donc pour Malebranche
"■* Wble autorité. C'est dans la Raison, c'est en Dieu, que nous voyons tout ce
^ nous voyons de clair et de distinct.
*• C'est ce que, dans le Traité de la nature et de la grâce^ il appelle de Xanthrofologif.
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• (MMIlallmii thnfliamti, iv.) ip \>wtr titift n/iABr.iflncA Pirieère? Remuqna on