‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 82 sur 235 · Var. Davantage de réflexion · texte numérisé non relu

Var. Davantage de réflexion

*• Var. Ni la prière de l'invocation. (1684.)

qui le maltraite, et impatiemment, mais généreusement les caresses de la passion qni le sollicite et qni le cajole.

XV. Il faut dire à peu près la même chose des prières et des bonnes œuvres. Elles obtiennent de Dieu les secours nécessaires au combat, mais elles ne nous délivrent point de nosfflisères ; si ce n'est qu à force de combattre et de résister, on fasse prendre naturellement un autre cours aux esprits, car alors nos plaies se guérissent et se referment : parce qae pour guérir les blessures du cerveau aussi bien que celles des autres parties de notre corps, il suffit que rien n'empêche les fibres* séparées de se rejoindre.

XVI. Or la raison pour laquelle la grâce ne nous délivre point de nos passions, ni le Baptême de TefTort continuel de notre concupiscence, c'est que la puissance de la grâce de Jésus- Christ paraît bien davantage par les victoires continuelles que | les justes remportent contre leurs ennemis domestiques: c'est i que le mérite des Saints en devient et plus pur et plus graDd: c'est enfin que la gloire répondant aux mérites, la cité sainte, le temple éternel, le grand ouvrage de Jésus-Christ en reçoit mille et mille beautés qu'il n'aurait pas, si nos passions n^ nous livraient sans cesse mille et mille combats. Saint Paul était juste : mais il sentait dans sa chair une loi opposée à celle de Tesprit qui l'animait. Il demanda souvent à Jésus-Christ) qu'il le délivrât de ce qu'il appelle, écrivant aux Corinthien^* Aiguillon de sa chair*. Mais Jésus-Christ lui répondit : ma ^râc^ vous doit suffire; car c'est dans les faiblesses que ma puissance paraît, et que la vertu se purifie. Aussi saint Paul se glorifiai t-y dans les infirmités, les persécutions, les outrages, afin dit-i'^ que la puissance de Jésus-Christ habitât en lui,

XVII. Qu'on ne soit donc pas surpris si l'usage des Sacr^ ments laisse le corps tel qu'il le trouve, et ne fortifie q^ l'homme intérieur, duquel on n'a point de parfaite connais sance : et qu'on ne se désespère pas de ce qu'on se voit toujoa^ insulté et maltraité par des passions criminelles, pourvu qu'o^ soit toujours ferme dans sa foi, content de ses espérances, ^ par là inébranlable dans la résolution de sacrifier à Dieu tout^ choses. Que si on veut, comme on le doit, car on doit toujours éviter les dangers, si on veut, dis-je se délivrer desmouvemenl-

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