PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU
i. Diea n*agit jamais sans raison, et il n'a que deux raisons lérales qui le déterminent à agir : l'Ordre qui est sa loi inlable, et les lois générales qu'il a établies et qu'il suit cons- Qment, afin que sa conduite porte le caractère de ses attrits. Ainsi, comme il n'arrive rien dans les créatures, que îQne le fasse en elles, et qu'à l'égard des pécheurs l'Ordre maable de la justice n'exige pas que Dieu leur fasse aucun m; le pécheur ne peut rien obtenir et surtout la grâce, 'il n'ait recours à la cause occasionnelle qui détermine la cause Hable à la communiquer aux hommes. C'est donc une espèce nécessité de savoir distinctement quelle est précisément cette ise occa!sionnelle, afin de s'en approcher avec confiance, et tenir les secours sans lesquels j'ai fait voir qu'il n'est pas isible de prendre seulement la résolution de sacrifier à la loi Dieu sa passion dominante.
irn. Lorsqu'un malade craint la mort, qu'il est pleinement ivaincu qu'il n'y a qu'un certain fruit capable de lui rendre santé, sa crainte suffit, afin qu'il fasse quelque effort ^ pour recouvrer. Le premier homme n'était immortel, que parce *il savait que le fruit de l'arbre de la vie conservait la viear et donnait l'immortalité, et qu'il était en son pouvoir s'en nourrir. Ainsi lorsqu'on craint Tenfer, et qu'on sait disclement que Jésus-Christ est Tarbre de vie, dont le fruit une l'immortalité : ou pour parler clairement et sans équiqne aux Philosophes, lorsqu'on sait que Jésus-Christ est la ise occasionnelle de la Grâce, la crainte actuelle de la mort imelle suffit pour l'invoquer, afin qu'il forme par rapport à os quelques désirs qui déterminent Dieu comme cause vérifie à nous délivrer de nos maux.
VIIL Or, encore un coup, car on ne peut trop imprimer cette rite dans les esprits, Jésus-Christ, comme homme, est seul la nse occasionnelle de la Grâce : et il est plus certain et plus rqne ses désirs ou ses prières influent l'esprit qui nous vi- Be, qu'il n'est sûr que le Soleil répandra demain la lumière, le feu la chaleur et le mouvement. Le feu a respecté * le 'fps des Martyrs : le Soleil s'éclipse souvent, et la nuit il nous i^se dans les ténèbres. Mais Jésus-Christ n'a jamais prié en iin. Car, si Jésus-Christ, avant que de consommer son sacri-
*• Var. Quelques efforts. (1684.) '• Var. U feu respecte. (1684.)
fice par lequel il a mérité la gloire qail possède présentement, pariant à son Père, disait de soi : Je savais bien, mm Père, «ive vous m exaucez toujours *; certainement aujourd'hui qa'ilest entré par son Sang dans le Saint de Saints, et qa il est éiabU souverain Prêtre des biens véritables, ce serait être bien infidèle, que de manquer de confiance en lui. Mais, dira-t-on, le feu communique la chaleur par la nécessité des lois naturelles : on ne peut s'en approcher sans ressentir son action, et il dépend au contraire de Jésus-Christ de prier pour ceux qui rinvoquent. Cette différence est véritable, liais quoi! douterat-on de la bonté de Jésus-Christ? Oubliera-t-on qu'il porte la qualité de Sauveur des pécheurs? Vous le nommerez Jésus, dit l'Ange à saint Joseph, car il délivrera son peuple de leurs péchéi^. Se défiera-t-on des promesses qu'il nous a faites en tant d'endroits de son Evangile? Qu'on se souvienne que nous avons en lui un Pontife , qui a éprouvé nos maux et qui compatit àftoi fdiblp:i!ips * : qu'il ne souhaite rien tant que d'achever son grand ouviage, le temple éternel, dont nous devons être les pierres vivantes; et que, comme il le dit lui-même. Tout est en joie d(0 le cielf lorsqu'un pécheur se convertit * : et que dans ces pensées, on s'approche avec confiance du trône de sa grâce, duvraifopitiatoire que Dieu a établi en sa personne •. Qu'on demande, on recevra : (ju'on cherche, on trouvera : qu'on frappe, et on aura en lin la liberté d'entrer. Quiconque invoquera le nom du Seif/ncur sera sauvé^, l'Ecriture nous apprend ces vérités.
IX. Ainsi, supposé qu'un homme craigne les j ugements terribles du Dieu vivant, croie en Jésus-Christ, et l'invoque comme son Sauveur; et qu'enfin il reçoive de lui assez de force poui former cette résolution héroïque de renoncer tout à fait àss passion dominante "^ (laquelle résolution renferme l'amour ac tuel de la justice s'il hait véritablement son péché, car haïr 1< désordre c'est aimer l'ordre ^); ce qu'il doit faire en cet état c'est de venir, sans différer, se jeter aux pieds du Prêtre, afn