‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 91 sur 235 · PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU

jwirdelâ pfésence de Dieu pour contempler ses perfections itaroirpart à la félicité des Saints, serait toujours digne de fto/er, s'il avait le cœur déréglé et refusait de sacrifier à l'Or- Aesa passion dominante. Car il faut aimer Dieu tel qu'il est ouDine juste aussi bien que puissant. Et au contraire celu4 qui lorait indififérent, si cela se pouvait ainsi, pour le bonheur éter- »!, mais d'ailleurs rempli de charité ou de l'amour de l'Ordre, ^renferme la charité ou l'amour de Dieu sur toutes choses, Krait juste et solidement vertueux; parce que comme j'ai déjà prouvé fort au long, la vraie vertu, la conformité avec la volonté de Diea consiste précisément dans l'amour habituel et dominant de la loi éternelle et divine, l'ordre immuable. XY Ml y a de la diiïérence entre les motifs et la fin, comme entre les effets et leurs causes '. On est excité ^ par les motifs à agir pour la tin \ Dieu se faisant connaître, se faisant goûter se fait aimer. Dieu est la fin, et son action en nous est le Botif de notre amour. La vue des perfections divines est le motif de l'amour de bienveillance ou de complaisance; et le goût des bontés divines est le motif de l'amour d'union. Mais ôtez à Ffiprit tout amour-propre, tout désir d'être heureux et parfait; rien ne lui plaise, que les perfections divines ne le touchent os: le voilà san^ doute incapable de tout amour <^. Si rien ne loifait plaisir, comment se plaira-t-il en Dieu? Si la beauté de KWre ne le touche pas, comment pourra- t-il l'aimer? Il est ^i qa'il pourra préférer Dieu à tous les êtres : mais ce ne sera lit qu'un jugement spéculatif ou de pure estime. Toute conçu-, piseence suppose Tamour-propre : et selon saint Augustin la (âiarité est une sainte' concupiscence ^. Il n'est point défendu de vouloir être heureux, ce commandement serait impossible : Mais il est défendu de s'aimer ou quelque créature que ce soit

i' Var. Dans rédiiion de 1684, ce passage commençait par la page qui a fait ^l'édition de 1697 et dans celle de 1707, le début du chap. xvi, depuis les oots: L'homme doit aimer Dieu non seulement plus que la vie présente..., jus- V'i ' et lui rendre une exacte obéissance.

2. Var, Ces mots : Comme entre les effets et les cause», n'étaient pas dans l'édition de 1684.

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