‹ Traité de moraleChapitre 107 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU

séqiient ce n'est point simplement en tant qu'homme qu'elle rinvo(|ue, mais en tant (lulloiniiie-Dieu. Cela est évident par les conclusions ordinaires des prières : Pcr Domimun nostrum Jrsum Christum : ou Qiti vivis et reynas Dcus, etc. Connue il n'y a que Dieu (jui soit cause véritable, et qui, par son eflicace propre, puisse faire ce qne nous souhaitons, il est nécessaire que la plupart de nos prières et tout notre cul le se rapporte à lui. Mais, comme il n'agit ordinairement ' que lors(iue les causes occasionneUcs qu'il a établies déterminent l'eflicace de ses lois, il est aussi à propos que notre manière de l'iuvoquer soit conforme à ce sentiment.

m. Si Jésus-Christ comme homme n'intercède pour les pécheurs, c'est en vain qu'ils invoquent Dieu. Car Dieu n'agit que lorsque l'ordre immuable de la justice l'exige, ou que les causes occasionnelles ou particulières le demandent ^. Or la Grâce n'étant point donnée aux mérites, l'Ordre immuable de la justice n'oblige point Dieu à l'accorder aux pécheurs qui l'invoquent. 11 faut donc que ce soit la cause occasionnelle qui l'oblige à cela, en conséquence de la puissance qui lui a été donnée par l'établissement des lois générales de la Grâce ', c'est-à-dire par le décret de Dieu dont parle David dans le second psaume. Je suis établi Roi sur Sion, dit Jésus-Christ, et voici ce que Dieu a ordonné. Le Seigneur m'a dit, tu es mon Fils. Je t'ai engendré aujourd'hui. Demande-moi, et je te donnerai toutes les Nations de la terre. Il faut que Jésus-Clirist comme Souverain Prèire demande, avant que Dieu nous donne à lui par sa grâce, puisque personne ne vient à Jésus-Christ que son Père ne l'attire. Mais, quoique Jésus-Christ seul,- en tant qu'homme, soit la cause particulière des biens que nous recevons, si les prières de l'Eglise s'adressaient toujours directement à lui, cela pourrait donner aux hommes quehjue occasion d'erreur, et les porter peut-être à l'aimer précisément en tant qu'homme *, de celte espèce d'amour qui n'est dû qu'a la puissance véritable, et même k l'adorer sans rapport à la personne divine en qui

1. Var. Le mat : ordinairement, n'était pas dans l'édition de 1684.

2. Ni cette plirase ni la suivante n'étaient pas dans l'édition de 1684.

3. Var. L'édition de 1684 continuait ici par la phrase suivante : parce qu'enfin Bie'i n'agit que lorsque l'ordre immuable le demande, ou que les causes occasionnelles ou particulières l'exigent ainsi que j'ai déjà dit. — Puis venait immédiatement la plirase qu'on trouvera plus loin : Mais quoique Jésus-C.'arist seul...

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