PREMIÈRE PARTIE. - DE LA VERTU
i| 11' ils savent nos besoins lorsque nous les invoquons ; el que, comme ils sont en grâce avec Dieu et unis à Jésus-Clirist leur Chef, ils peuvent le solliciter par leurs prières et par leurs désirs Il nous délivrer de nos misères. Cela paraît même incontestable par l'exemple de saint Paul et de tous les Saints, qui se sont toujours recommandés aux prières les uns des autres. Car enfin si les Saints sur la terre, remplis encore d'imperfection, peuvent par leurs prières èire utiles à leurs amis, je ne vois pas qu'il y ait de bonnes raisons pour ôter aux Saints ce pouvoir. Ce qu'il faut seulement observer, c'est qu'ils ne sont point causes occasionnelles de la grâce intérieure : car cette puissante n'a été donnée qu'à Jésus-Christ comme Architecte du Temple Kternel, Chef de l'Eglise, Médiateur nécessaire , en un mot, cause particulière ou occasionnelle * des vrais biens.
VI. Ainsi on peut prier la sainte Vierge, les Anges et les Saints, qu'ils sollicitent pour nous la charité de Jésus-Christ. Apparemment il y a de certains temps de faveur pour chaque Saint, comme les jours auxquels l'Eglise solennise leurs fêtes. Il se peut même faire qu'ils aient en qualité de causes occas^onnelles, le pouvoir de produire ces effets que nous appelons miraculeux , parce que - nous n'en connaissons pas la cause, et (|ue Dieu ne fait pas toujours par des volontés particulières : tels que sont la guérison des maladies, l'abondance des moissons, ou d'autres changements extraordinaires dans l'arrangement des corps, substances inférieures aux esprits, et sur lesquelles il semble que l'Ordre demande, ou du moins permette, qu'ils aient quelque pouvoir, pour récompenser ou plutôt pour faire admirer leur vertu, et la faire embrasser aux autres hommes '. Mais quoique cela ne soit pas certain " à l'égard des Saints, je crois que cela est indubitable à l'égard des Anges. Cette vérité est de si grande conséquence pour plusieurs raisons, que je crois la devoir expliquer en peu de mots par ^ la conduite que Dieu a tenue pour l'exécution de ses desseins.