Var. Dans
vant qu'en Jésns-Christ une digne de lui, il a certainement tout fait par rapport à son Fils. Cette vérité est si claire, qu'il n'est pas possible d'en douter, lorsqu'on y fait quelque réflexion. Car quel rapport entre l'action de Dieu et son ouvrage, si l'on sépare cet ouvrage de .lésas-Christ qui le sanctifie' ? Quel rapport entre un monde profane, qui n'a rien de divin, et faction de Dieu toute divine, en un mot, entre le fini et l'inlini? Et peut-on concevoir que Dieu, qui ne peut agir que par sa volonté, que par l'amour qu'il se porte à lui-même, puisse agir pour ne rien faire qui soit digne de lui , puisse agir pour faire un monde qui n'ait point de rapport à lui ou qui ne vaille point l'action par laquelle il est produit.
VIII. Apparemment donc les Anges immédiatement après leur création, étonnés de se voir sans Chef, sans Jésus-Christ, et ne pouvant justifier le dessein de Dieu de les avoir créés, les méchants crurent valoir quelque chose par rapport à Dieu, et l'orgueil les perdit. Ou, supposé, ce qui paraît plus vraisemblable, que le Verbe Eternel, pour justifier dans leur esprit la sagesse de la conduite de Dieu, leur eût appris qu'il avait dessein de former l'homme et de s'unir aux deux substances, esprit et corps, qui le composent, pour sanctifier en lui. tout l'ouvrage de Dieu (jui n'est aussi composé que de ces deux genres d'êtres ; les méchants s'opposèrent à ce dessein, et ne voulurent point adorer Jésus-Christ, ni se soumettre à celui qu'ils croyaient leur être égal ou môme inférieur par sa nature, quelque relevée qu'elle dût être par l'union hypostatique -. Alors il se fit deux partis opposés dans l'ouvrage de Dieu, saint Michel et ses Anges, Satan et ses ministres, principes des deux cités éternelles, Jérusalem et Babylone.
IK '. Il est certain que Dieu a donné aux Anges pouvoir sur
1. Voyez le 9* cl dernier Entretien .tnr la métaphjsique. (Note margitiriln dn M.)
2. Les théologiens désiçinenl par là l'union substantielle et personnelle ilo la nature humaine et de la nature divine dans la personne du Verbe.
3. Var. Dans l'édition de IGS'i, le rommenccment de ce chapitre était ainsi rédigé : Les anges ayant donc pouvoir sur les corps, ou par le droit de leur nature, à cause qu'il semble que l'ordre demande que les êtres supérieurs apjissenl sur ceux qui sont au-dessous d'eux; ou plutôt parle déeret que Dieu avait formé d'exécuter |)ar eux, ('omine causes occasionnelles de certains cfrets, ses propres desseins, construire la cité sainte, la Jérusalem céleste, son }>;rand ouvrage, dont les Anges sont ministres, sous le sage cl unique architecte, Jésua-Christ Noire-Seigneur, selon les saintes Kcrilures; et faire ainsi paraître la puissance de son Fils bien-aimé à qui il fallait des ennemis à combattre et à vaincre: laquelle puissance n'a jamais éclaté davantage, que lorsqu'il a détrôné le prince rebelle qui avait assujetti à ses