‹ Traité de moraleChapitre 112 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU

les corps. Il senilile en clTcl (itic l'i^rilrt' (li'in;iii(ii' (|ut' les ùlres supérioiirs puissent aj^ir sur ceux qnï sonl au-dessous d'eux. (À)mme Dieu se voulait servir des A.nf;es lldèles pour conduire le peuple juif, pour le récompenser et pour le punir par des biens et des maux temporels que la loi leur propose, et même pour travailler sous Jésus-Clirist à son fi:rand ouvrage, il était nécessaire »iu"ils eussent du moins pouvoir sur les corps. Et il parait assez que les Démons mêmes n'ont pas été tout à fait privés de ce pouvoir après leur chute; puisque c'est uriquement parla qu'ils agissent sur les esprits, et qu'ils se sontrendus maîtres du monde. Dieu par la puissance qu'il a donnée à saint Michel ' sur son peuple a voulu figurer celle de Jésus- Christ : et il a permis que le démon régnât sur le reste du monde, afin que son Fils eût des ennemis à combattre et à vaincre, et qu'il fit paraître sa puissance en détrônant le Prince rebelle qui avait assujetti à ses lois toute la terre. Car jamais la puissance du libérateur ne parait davantage, que lorsque l'ennemi s'est rendu absolument le maître, (ju'on n'a plus aucun pouvoir de lui résister, et qu'on gémit depuis longtemps sous la tyrannie. Les Anges, ayant donc un pouvoir immédiat sur les corps, et par eux pouvoir * indirect sur les esprits, dès que les premiers hommes furent formés, les méchants tentèrent la femme de la manière qu'on sait: en la flattant apparemment sur le dessein connu de Dieu, que le Verbe s'unirait à l'homme^ pour le sanctifier, selon ces paroles : Eritis sicid DU, scientcs bonwn et malum. Car je ne vois pas que des esprits éclairés pussent avoir d'autre motif d'obéir au Démon " , que celui d'être tirés de leur état profane à un état divin et digne de Dieu :

lois toute la terre. — Puis le texte continuait comme à partir de la phrase qu'on trouvera plus loin : Car jamais la puissance tlu libérateur, etc.

i. Pour diminuer le nombre des volontés particulières de Dieu, qui l'embarrassaient beaucoup, Malebranche rapportait à la seule intervention de saint Michel, choisi une fois pour toutes dans les desseins de Dieu, ce qu'on appelle les miracles de l'ancienne loi. Encore ajoutait-il, rapporte Nicole, que Dieu n'avait choisi saint Michel que parce qu'il avait prévu que cet ange serait le plus ménagé en matière de miracles. « C'est comme s'il disait que Dieu a donné le peuple juif à gouverner aux anges au rabais des miracles, et qu'ayant trouvé que saint Michel s'en acquittait à meilleur marché, il le préféra à tous les autres. » Il parait que Malebranche avoua que, raillerie à part, le mot de Nicole rendait exactement son système sur les voies générales de la grâce.

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