‹ Traité de moraleChapitre 117 sur 233 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Des causes occasionnelles des sentiments et des mouvements de l'âme qui résistent à l'efficace de la grâce soit de lumière soit de sentiment. L'union de l'esprit à Dieu est immédiate, et non celle de l'esprit au corps. Explication de quelques lois générales de l'union de l'âme et du corps, nécessaires pour entendre ' la suite.

1. Dans les chapitres 5, 6 et 7, j'ai parlé assez au long de la cause occasionnelle de la lumière: et dans les deux précédents j'ai tâché de faire comprendre quelle est la cause occasionnelle de la grâce de sentiment, et ce qu'il y a à faire pour l'ohtenir. Ainsi, comme il n'y a que la lumière et le sentiment qui déterminent la volonté ou le mouvement naturel qu'a l'âme vers le bien en général, tout ce qui me reste présentement à expliquer, par rapport aux moyens d'acquérir ou de conserver l'amour habituel et dominant de l'Ordre immuable, ne sont que les lois de l'union de l'âme et du corps, ou les causes occasionnelles de tous ces sentiments vifs et confus et de tous ces mouvements indélibérés, qui nous unissent à notre corps, et par notre corps à tous les objets qui nous environnent. Car, pour aimer l'Ordre et acquérir la vertu, il ne suffit pas d'obtenir la grâce de sentiment, qui seule ébranle l'âme et la met en mouvement vers le vrai bien, il faut faire en sorte 2 que cette grâce agisse dans nos cœurs selon toute son efficace. Ainsi il faut éviter avec soin les causes occasionnelles des sentiments et des mouvements qui résistent à l'action de la grâce, et qui la rendent quelquefois

•1. Var. Pour bien ftnlcntlrc. (1684.)

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