Var. Qui porte admirablement, ^168'l
A. Var. Et de mériter les vrais biens. (1684.) 5. Voyez le A' Entretien métaphysique, par. 12.
l'UE.MlEHt; l'AKTlt;.— bK LA VliKTl. I U9
lie Dieu eu nous ' ii';i rien de seiisiltle, ou croit se répondre à soi-niènie et se taire des reproclies, lors(|ae la liaison universelle nous répiind et nous reprend dans le plus secret de nousmêmes. Certainement celui qui ne connaît point ce (|ue c'est (|ue la vérité et l'Ordre, ne connaît point celle union, quoique peul-èlre elle agisse en lui : de même que celui (|ui n'aime point la vérité et (jui n'obéit point à l'ordre, ne protiie point de celle union, quoi(|ue peut-être il la connaisse.
Vil. Pour celte espèce d'union de l'esprit a\ec Dieu, buiuelle a rapport aux créatures, on la croit réelle, mais on la conçoit mal : car on s'imagine recevoir des objets ce qui ne vient que de Dieu seul. La cause de ce préjugé est la môme du précédent -. Comme l'npéralion divine n'est pas visible, on attribue aux. objets qui frappent les sens lout ce qu'on sent en leur présence; (luoiqu'ils ne s-oient eux-mêmes présents à l'âme, que parce que Dieu, i>lus présenta nous (|ue nous-mêmes, nous les représente dans sa propre substance : substance, dis-je, qui seule est intelligible, seule capable d'agir en nous et d'y produire loules ces sensations qui rendent sensibles les idées intellectuelles et nous font juger confusément, non seulement (ju'd y a des corps, mais encore que ce sont ces corps (jui agissent en nous et qui nous rendenl heureux. Et c'est ce ([ui est ^ la cause de tous nos desordres.
VlU. Car les hommes en tout temps veulent être heureux, ils ne veulent jamais être malheureux. Le plaisir actuel rend actuellement heureux, et la douleur malheureux. Or on sent du plaisir et de la douleur à la présence des corps, et on croit qu'ils en sont la cause véritable. C'est donc une espèce de nécessité qu'on les craigne el qu'on les aime. Et môme quoniu'on soit convaincu par des démonsiralions métaphysiques et ceitaines, que Dieu seul en est cause véritable, cela ne donne pas la force de les mépriser, lorsqu'on en jouit. Car les jugements des sens agissent plus sur nous que les raisons les plus solides; parce que ce n'est pas tant la lumière que le plaisir qui ébranle î'àme et la met en mouvement.
IX. Ainsi il est visible que pour conserver l'amour dominant de l'Ordre immuable, il faut d'un côté faire tous ses ell'orts pour augmenter cette espèce d'union de l'esprit avec Dieu, la-
1. Var. Les mots : En aous. n'étaient pas duas l'édition de 16Si. 'd. Var. La nu-me que du précédent. (16Si.; 3. Var. Ce qui est. (1684.)
quelle n'a point de rapport aux objets sensibles : et de Taune diminuer autant qu'il est possible cette autre espèce d'union qui a rapport aux corps, substances inférieures à la nôtre, et qui bien loin de pouvoir nous rendre parfaits, ne peuvent par eux-mêmes agir 'en nous. Et s'ils peuvent nous corrompre, c'est que le péché ^ du premier homme a introduit la concupiscence, qui suit uniquement de la perte ■' que nous avons faite du pouvoir d'arrêter ou de suspendre les lois des communications des mouvements, par lesquelles les corps qui nous environnent agissent sur celui que nous animons, et par lui sur notre esprit, en conséquence des lois de l'union de l'âme et du corps *.
X. J'ai déjà, ce me semble, suffisamment prouvé ^, du moins à l'égard de certaines personnes, que tout le mouvement de l'àme dépendant de la lumière et des sentiments **, il est nécessaire, pour exciter en nous ce mouvement qui nous approche de Dieu, et qui nous y tient unis, de s'exercer sans cesse dans le travail de l'attention, cause occasionnelle de la lumière, et d'invoquer souvent Jésus-Christ cause occasionnelle de la grâce de sentiment. Je dois maintenant expliquer les moyens de diminuer l'union qui est entre nous et les créatures, et faire en sorte qu'elles ne partagent point avec Dieu notre esprit et notre cœur. Car nous sommes tellement situés entre Dieu et les corps, que nous ne pouvons nous approcher des corps sans nous éloigner de Dieu, et qu'il suffit de rompie le commerce que nous avons avec eux, pour se trouver uni à Dieu, à cause de l'inlluence continuelle que Jésus-Christ répand dans ses membres.
XI. Assurément tout ce que je vas dire n'est pas fort nécessaire à ceux qui ont lu et médité les principes que j'ai établis dans la Recherche de la vérité : et si les hommes avaient tous assez de raison pour étudier par ordre, ou du moins assez d'é-- ({uitépour croire qu'un auteur a peut-être plus pensé qu'eux