‹ Traité de moraleChapitre 153 sur 233 · XII. -De ce grand principe naissent les devoirs qui suivent · texte numérisé non relu

XII. -De ce grand principe naissent les devoirs qui suivent

1° Ne point tirer vaniié de ses connaissances, mais en remercier humblement celui qui en est le principe et l'auteur.

2o Rentrer en soi-même autant qu'on le peut : écouter plus volontiers la Raison, que les honmies.

:\" Ne se rendre qu'à l'évidence, et à l'autorité infaillible *.

4" Lorsque les hommes parlent, ne pas manquer de confrtuiler ce qu'ils disent à nos oreilles, avec ce que la Ra'son répmid à notre esprit : ne les croire jamais que sur des faits, et eiu-oro comme par provision.

5" Ne leur parler jamais, du moins avec un air de conliance, avant que la liaison nous ait parlé' à nous-mêmes par son évidence.

('>" Leur parler toujours en moniteurs, et mm iMi iiiailrcs : les

1. Idôo soiivf.nt ilrvi'lii|)]i('"0 ]).ir Malphranclio. Viiviz parliculir'i'pinonl Mrililntions chrétiennes, ii. 15.

2. Vnr. Kl. lorsqiii^ nous vontrniis on iinns-in 'mes, iinns no nnns r('|ioni!(Mis ])asm;iis )o niallro iiilorioiir... iKiSi.)

;i. Ici. l'odilion il(! KiS't diinna^l, la imlo niai'yinalo siiivanlo : Vo.l autem nnlitfi vocnri Uablii : inms est enim Mar/isti'r rfxt'i'. \.\iii, S. — Voyoz lo livro i le saint .Xiifriislin, f)è maçjistrn.

A. Vap. L'o.iiliiiii .lo lOS'i ajf.nlail : Ho ri:^r«o.

DEUXIÈME PAKTIE. — HES DEVOlllS, IHa

inlerrojïer souvent, et par diverses manières les mener insensiblement au Maître, à la Haisim universelle, en les obligeant de rentrer en eux-mêmes. On ne les instruit (lue par cette voie.

7" Ne disputer jamais pour disputer; et ne proposer même jamais la vérité aux autres, lorsque la compagnie, la passion, ou (|uel(|ue autre raison fait assez coiinaiire qu'un ne rentrera pas en soi-même pour écouter la décision du juste juge.

8" Ne consulter la Uaison (|ue sur des sujets dignes d'elle, et qui nous soient utiles, soit pour nous porter au bien ou pour nous unir à la vérité: soit pour nous régler le cœur ou pour ac(|uéiir (lueUiue lon-e et ' iiiiehiue liberté d'esprit.

9» Ne conserver cbèrcnuMit dans sa mémoire, autant que cela se peut, (|ue des principes certains et féconds en cimsé- ([uences, que des vérités nécessaire^, que les réponses précieuses de la vérité intérieure.

10'^ Négliger ordiuaiiement les faits, ceux-là principalement (jui n'ont point de règle certaine ^, tels que sont les actions (les liommes : cela n'éclaire point l'esprit, et corrompt souvent le c(eur *.

llo JN'otre loi inviolable c'est l'Ordre ; ce n'est point la coutume, souvent opposée k l'Ordre et à la Raison *. Suivre l'exemple sans le confronter avec l'Ordre, c'est agir en bêle, et uniquement par machine. Encore vaut-il mieux, ce qui ne vaut rien du tout, faire sa loi de son plaisir, que d'obéir sollemeut à de médian les et fâcheuses coutumes. Il faut que notre vie ou notre conduite rende honneur à notre Raison, el soit digne des grandes qualités que nous portons.

12" Mépriser la (Jélicalesse, la beauté, la force môme de l'imagination et toutes les études qui cultivent cette partie de nuus-mèmes qui nous rend si estimables et si agréables aux yeux du monde. Une imagination trop délicate ou trop instruite ne se soumet pas volontiers à la Raison. C'est toujours le corps qui parle par l'imagination: et lorsque le corps parle, c'est une nécessité malheureuse, il faut que la Raison se taise ou soit négligée.

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