CHAPITRE QUATRIÈME
Des devoirs dus à l'amour Divin. Noire voloulé u'esl qu'une impression continuelle de l'amour que Dieu se porte à lui-môme, qui seul est le bien véritable. Ou ne peut aimer le mal, mais on peut prendre pour un mal ce qui n'est ui bien ui mal. De même ou ne peut haïr le bien, mais le vrai bieu ' est effectivement le mal des méchants ou la cause véritable de leurs misères. Afin que Dieu soit bon à notre égard, il faut que notre amour soit semblable au sien ou toujours soumis à la loi Divine. Mouvements ou devoirs.
I. Nous dépendons de la puissance de Dieu, et nous ne laisons rien que par son efficace : nous sommes unis à sa sagesse, et nous ne connaissons rien que par sa lumière : mais nous sommes encore tellement animés par son amour, que nous ne sommes capables d'aimer aucun bien que par l'impression continuelle de l'amour qu'il se porte à lui-même. C'est ce qu'il faut maintenant expliquer pour marquer en général nos devoirs envers Dieu.
II. Certainement Dieu ne peut agir que pour lui-môme : il n'a point d'autre motif que son amour-propre : il ne peut vouloir - que par sa volonté: et sa volonté n'est point, comme en nous, une impression qui lui vienne d'ailleurs et qui le porte ailleurs. Comme il est à lui-même son bien, son amour ne peut être qu'amour-propre : sa lin c'est lui-même, et ne peut être que lui-même. Ainsi Dieu ne donne point aux esprits un amour qui tende où ne tend pas le sien ; puisque l'amour du bien dans