Var. La raison de l'homme
la raison qui éclaire l'esprit de [l'homme ' est Liiiiveiselle ^.
II. Si mon propre esprit était ma Raison, ou ma Uuiiière, mon esprit serait la Raison de toutes les intelligences : car je suis sûr que ma Raison ou la lumière qui m'éclaire est commune à toutes les intelligences^. Personne ne peut sentir ma propre douleur : tout homme peut voir la Vérité ijuc je contemple. C'est donc que ma douleur est une modilicaiion de ma propre substance, et que la Vérité est un bien commun à tous les esprits.
III. Ainsi par le moyen de la Raison, j'ai, ou je puis avoir quelque société avec Dieu, et avec tout ce qu'il y a d'intelligences; puisque tous les esprits ont avec moi un bien commun ou une même loi *, la Raison.
IV. Cette société spirituelle consiste dans une parlicipuUon de la même substance intelligible du Verbe, de laquelle tous les esprits peuvent se nourrir. En contemplant celte Divine substance, je puis voir une partie de ce que Dieu pense ; car Dieu voit toutes les vérités, ^ et j'en puis voir quelques-unes. Je puis aussi découvrir quelque chose de ce que Dieu veut : car Dieu ne veut que selon VOrdre, et l'Ordre ne m'est pas entièrement inconnu. Certainement Dieu aime les choses à proportion qu'elles sont aimables ; et je puis découvrir (ju'il y a des choses plus parfaites, plus estimables, plus aimables '^ les unes que les autres '.
V. Il est vrai que je ne puis, en contemplant le Verbe, ou eu consultant la Raison, m'assurer si Dieu produit quelque chose au dehors. Car nulle créature ne procède nécessairement du Verbe : le monde n'est point une émanation nécessaire de la Divinité : Dieu se suffit pleinement à lui-même. L'idée de l'Etre
1. Var. El la raison de l'iiomme. (1GS4.) — On voit par ces deux corrections jusqu'où vont les scrupules de Mîtiebraiiche et sa crainte de paraiti'e trop accorder à la nature humaine.
2. Voyez la i" el la 2« des Méditations chrétiennes et l'Éclaircissement sur la nature des idées, dans la Reclierche de la vérité nu dans les deux |)reiniers Entretiens sur la métaphysique. (Note marginale de M.)
:}. Var. Car je suis sur que ma raison éclaire toulcs les intelligences. (1684.) — Carje suis sur que ma raison ou ma lumière éclaire toulcs les intelligences. (1097.) On sait que celte expression, empruntée de sainl Augustin, revient très souvent dans Malebranchc. « L'iiomme ne peut être à lui-mnme sa propre lumière. "
A. Var. Les mots : ou une même loi, ne sont (pas dans l'édition de 1084.