Var. Il est devant nous
2. C'est-à-dire prêtre éternel. (Tu es sacerdos in seternum secumlum ordinem Melcliiseflec, dit le. Psaume.) L'Éurilure ne donnant pas la généalogie de Melchisédec et gardant le silence sur sa naissance et sur sa mort, son sacer orc a élé considéré comme étant la figure du sacerdoce éternel de Jésus-Clirisl. Voviv saint P.iul, é[i. aux Hébren.\, c. v et vri.
;{. Var. Approclions-nous donc... (16S4.)
•'i. \.p. propitiatoire dos .fnifs élait une sorte de Irùn" on de lable en or, placée au-dessus de l'arche d'alliance. C'est là que Dieu rcn.l.i. si présence sensible nu f-'i'and-pi'élre. Le mol e^sl duni' [.ris ici an fig'nré.
en APITRK CINQUIÈME.
Les trois personues divines imprinient diacune leur propre caractère ilaus les esprits, et nos lievoirs les Iionureiil éf,'alemeut tontes trois. Car nos devoirs ne consi.-tent qne dans des mouvements intérieurs, qui doivent néanmoins paraître au dehors à cause de la société que nous avons avec les autres Jiommes.
I. Les trois personnes divines de la Triniîé s.ainte impriment ohncune leur propre caractère flans les esprits qu'ils ont créés à leur image. Le Père, k qui la puissance est attribuée, leur fait part de sou pouvoir, les ayant établis causes occasionnelles de tous les effets qu'ils produisent. Le Fils leur communique sa sagesse et leur découvre toutes les vérités ' par l'union étroite qu'ils ont avec la substance intelligible, (ju'il renferme comme Raison universelle. Le Saint-Esprit les anime et les sanctifie par l'impression invincible qu'ils ont pour le bien et pariacharilé (ui l'amour de l'Ordre qu'il répand dans les cœurs. Comme le Père engendre son Verbe, l'esprit de l'homme connaît (ju'il existe: mais de plus, par ses désirs il est la cause occasionnelle de ses connaissances- : et comme le lils est avec le Père principe d'amour substantiel et divin, nos connaissances excitées par nos désirs, qui seuls sont véritablement en notre puissance, sont en nous le principe de tous les mouvements réglés de noire amour.
H. Il est vrai que le Père engendre son Verbe de sa propre
i. Var. Tonte vôrlté. (1684.)
2. Var. L'esprit de 1 homme par ses désirs est la eanse oecasionnelle de ses connaissanees. (1684. •
n8 TRAITÉ DE MORALE,
substance. Mais c'est que Dieu seul est à lui-même essentiellement et substantiellement sa sagesse et sa lumière. Il est encore vrai que le Père et le Fils ont par eux-mêmes leur amour mutuel: mais c'est que Dieu seul est uniquement à lui-même et son bien et sa loi. Mais, comme nous ne pouvons point être à nous-mêmes notre Raison, la lumière ne peut point être une émanation naturelle de notre substance. Et comme nous ne sommes point à nous-mêmes ni notre bien ni notre loi, il faut que tout le mouvement que nous avons, nous vienne d'ailleurs et nous porte ailleurs, nous unisse à notre bien et nous conforme à notre modèle.
III. Dieu a fait toutes choses par sa sagesse et dans le mouvement de son Esprit et de son amour : nous n'agissons aussi jamais qu'avec connaissance et que par amour. Les trois personnes divines font également toutes choses ; ce que nous faisons aussi sans connaissance et sans une volonté pleine et entière, ce n'est point proprement notre ouvrage. Le Père a droit, pour ainsi dire, de mission sur son Fils: il dépend aussi de nous de penser à ce que nous vouions '. Le Fils envoie le Saint-Esprit qui procède de lui et du Père en unité de,principe : notre amour suppose aussi la lumière, il en procède, il en est produit. Enfin l'amour, qui procède d'une connaissance claire, s'aime soi-même et l'objet de sa connaissance et la connaissance même : comme l'amour substantiel aime infiniment la substance divine, dans le Père qui engendre, dans le Verbe engendré, et dans le Saint-Esprit lui-même procédant du Père et du Fils.
IV. Tous les rapports de l'esprit de l'homme avec la Trinité sainte ne sont que des ombres et des traits imparfaits, qui ne peuvent imiter le principe de tous les êtres, qui par une propriété incompréhensible de l'être intini, se communique sans .se diviser et forme une société de trois personnes différentes dans l'unité d'une même substance. Mais, quoique l'image de la divine Trinité que nous portons soit fort imparfaite par rapport il notre principe, il n'y a rien de plus grand pour une pure créature que cette faible ressemblance. Nous ne travaillons à notre perfection qu'autant que nous la rétablissons; et nous n'assurons notre bonheur, qu'autant que nous nous réformons
i. Unn fois qiio iinlro inliOlifri'in'n csl (lonii(''0 avoc IrmI ce. qu'y mol, y moiil, dirige ruiilinn ili\ inc.
UEUXIEML l'AKTlE. —DES UEVOIKS. 179
sur noire modèle. Tous nos jugements véritables et tous nos mouvements réglés, tous les devoirs que nous rendons à la sagesse, à lu puissance, et l'amour divin, sont autant de traits (jui nous reforment sur notre modèle * : et la disposition habituelle à former de ces jugements et de ces mouvements est la véritable perlVction de la créature, essentiellement dépendante du souverain bien, et faite uni(|uement pour trouver dans sa ressemblance avec Dieu -, sa perfectionet son bonheur. Cependant il faut l'avouer, et on le reconnaît assez, je n'ai fait que bégayer dans la comparaison que je viens de faire de l'âme avec la Trinité sainte. Ce uiystère est' incompréhensible, et d'ailleurs je n'ai point d'idée claire de l'âme. Comment donc poLirrais-je en marquer précisément les rapports? Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Le fait est certain ; mais c'est une énigme réservée pour le ciel. 11 est bon néanmoins d'entrevoir cette grande vérité, alin que l'esprit pense à l'excellence de son être, et qu'il souhaite de connaître clairement ce qu'il aperçoit confusément ^.
V. Comme les trois personnes de la Trinité sainte ne font qu'un même Dieu, ne sont qu'une môme substance, tous les devoirs qui semblent se rapporter particulièrement à une personne, honorent également les deux autres. Tout mouvement réglé rend honneur à la puissance du Père, comme à son bien, à la sagesse du Fils, comme à sa loi; h l'amour mutuel du Père et du Fils, comme à son principe. Et au contraire tout péché ou tout amour des créatures déshonore la puissance véritable, choque la Raison universelle et résiste au Saint-Esprit : et c'est pour cela qu'on ne peut séparer entièrement les devoirs qu'on doit rendre à la puissance, de ceux qu'on doit rendre à la sagesse et à l'amour substantiel et divin, ce qui m'a obligé de répéter les mêmes choses en différentes manières dans les trois chapitres précédents.
VI. Quoique tous les devoirs que les esprits doivent rendre à Dieu, esprit pur, et qui veut être adoré en esprit et en vérité, ne consistent que dans des jugements véritables et dans des mouvements d'amour conformes a. ces jugements; néanmoins
1. Var. Sont autant de pas qui nous approchent de la source de tous les biens. (1684.)