‹ Traité de moraleChapitre 166 sur 233 · Math, xvii], 6. (Note marginale de M · texte numérisé non relu

Math, xvii], 6. (Note marginale de M

182 TRAITE DE MOUALE.

comme Dieu en juge, et qui règle ses mouvements comme Dieu sur la loi divine l'Ordre immuable : celui-li% dis-je, honore Hieu, et il est aimé de Dieu, parce qu'il lui ressemble. Cerlainenient si la Foi en Jésus-Christ nous justifie, c'est qu'elle met notre esprit dans une situation qui adore Dieu, c'est que celui qui proteste qu'on ne peut avoir d'accès auprès de Dieu ni de société avec lui que par Jésus-Christ, juge de Dieu et des créatures comme Dieu en juge. Il prononce par sa foi que Dieu est Dieu, qu'il est inhni, et que la créature par rapport à Dieu n'est rien: jugement qui s'accorde avec celui que Dieu porte de lui-même et de ses créatures. Toute autre religion que la chrétienne est impie : car toute autre prononce un faux jugement de la Divinité. Le Déiste, le Mahométan, le Socinien * dit à Dieu qu'il n'est pas Dieu, lorsqu'il prétend avoir accès auprès de Dieu sans l'Homme-Dieu. Car l'attribut essentiel de la Divinité c'est l'inlinité ; et du Uni à l'inlini, la dislance est inlinie, le rapport est nul.

XI. La plupart des Chrétiens ont l'esprit juif: leur religion n'est point spirituelle et par conséquent n'est point raisonnable. La vie éternelle c'est de connaître le vrai Dieu et Jésus-Christ son fils unique : c'est d'avoir des sentiments dignes des attributs divins et des mouvements conformes à ces sentiments. C'est de connaître Jésus-Christ, qui seul nous donne accès auprès du Père, et répand la charité dans nos cœurs. C'est de se bien convaincre que lui seul est Souverain Prêtre des vrais biens ou la cause occasionnelle de la Grâce, alin de s'approcher de lui avec confiance, et par son secours exciter en soi des mouvements conformes à la connaissance qu'il nous a donnée du vrai culte, (]ui honore la Majesté Divine. Mais chacun se fait une théologie, une religion, ou du moins une dévotion particulière, dont l'amour-propre est le motif, les préjugés le principe et les biens sensibles la fin. Le culte divin ne consiste souvent qu'en sacrilices extérieurs, en prières vocales, en cérémonies établies pour élever à Dieu les esprits, et qui ne servent maintenant à la plupart qu'à consoler parleur magnificence l'imagination fatiguée par le dégoût qu'ils trouvent à rendre à Dieu leurs devoirs. La coutume, le respect humain, l'hypocrisie, transportent leurs

1. Sociniens (de Socln, inort en Pologue en IGS-i) nom devenu eommun à luiitus les sei-'lus du .wie et .wii» siècle qui ont nié lu divinité de Jésus-Christ et rejeté ù peu près lous leji niystèi'es. Ce n'est, disent les tliéologiens, qu'un déisme pallié ou mitigé.

UEUXIEMK l'AHTlE. - DES UEVUIHS. ISiJ

corps dans l'Ef^Iise. Mais leur esprit et leur cœur n'y entrent point. Et si le prèlre olïre Jésiis-Chrisl à Dieu en leur présence, mi plutôt si Jésus-Christ lui-mènic s'oilVe à Sun Père pour leurs péchés sur nos autels, ils sacrifient de leur côié h l'aiiihilion, k l'avarice, à la volupté, des sacrilices spirituels dans tous les lieux où leur inia^inaiion les lraiisi)i)rte.

Page 1