‹ Traité de moraleChapitre 188 sur 233 · DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS

pas encoio un co.ip q;io los S civorains aient droit d'user sans raison de leur aiitdriié Dieu mémo n'a pas ce droit misérable : il est esseiuieilement juste, et la Raison universelle est sa loi inviolable. Mais l'abus do l'autorité ei;clésiasli(|ue est plus criminel devant Dieu, ([ue celui i\o l'autorité royale : non seulement parce qu'il y a une diiïérence intinie entre les biens spirituels et les temporels, mais encore parce que la puissance ecclésiasli(|ue, qui a^it avec hauteur, dément le caractère (ju'elle porte de Jésus-Christ, toujours Raison, et Raison humiliée, et proportionnée à la capacité des hommes pour leur instruction et pour leur salut,

V. La lin de léiablisssement de ces deux puissances est fort diiïérente. La puissance civile est pour conserver les sociétés civiles. La puissance ecclési.-istique est pour établir et conserver la société céleste, qui se commence sur la lerie et ((ui ne linira jamais. Le devoir du Prince regarde la paix de l'Etat, la réliciié des peuples ' : celui de l'Evèque, la paix de l'Eglise de .lésus-ilhrist. Le Prince doit conserver et augmenter les biens nécessaires à la vie temporelle. L'Evèque doit par sa prédication et par ses exemples, éclairer les peuples, et comme Ministre de Jésus-Christ répandre par les Sacrements la grâce intérieure dans les membres de l'Eglise, et communiquer ainsi la vie de l'esprit à ceux qui sont soumis à sa conduite. En un mot la puissance du Prince est pour le temporel de ses sujets : celle de l'Evèiiue pour le spirituel de ses enfants.

VI. Cela supposé pour le premier principe, il faut recevoir pour le second, que comme Dieu est le maître absolu de toutes choses, ses ordres donnent droit k tous les moyens nécessaires et raisonnables de les exécuter. Un valet ijui reçoit ordre de son maître de porter promptement k son ami quelques nouvelles de conséquence, n'a pas droit, pour exécuter cet ordre, de prendre le cheval de son voisin, parce que son maître luimême n'a pas ce droit. Mais comme Dieu est le Seigneur absolu de toutes choses, lorsqu'il dit à saint Pierre : Pa.sce oves mtas, ou qu'il ordonne au Roi de conserver ses sujets en paix, il donne (autant que l'Ordre le permet, car l'Ordre est une loi inviolable - ;) il donne dis-je à ces deux puis.sances souveraines un droit absolu sur toutes les choses qui sont nécessaires pour

1. Var. Le devoir du Prince ne regarde que la paix de l'Ktat. (1684.

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