‹ Traité de moraleChapitre 197 sur 233 · Vnr. H.-sncr. (lOSi · texte numérisé non relu

Vnr. H.-sncr. (lOSi

2. Var. Les mots : à cause du péché, n"élaienl pas dans l'édilion de 168-4. .3. Var. Sur la Ini primitive. (1684.)

nRl'XlKMK l'AHTIK. - DES DEVOIRS. 2H3

qui étonne et (iiii prosterne les imatrinalions faibles : et persuadé qu'il est (|iie ce (jui nous appartient n'est pas nous, et que la <;rantleur de l'ànie ne peut subsister avec l'Injustice et l'abus de la puissance , il ne trouve rien de plus diiïorme (|u'une ànie basse et méprisable logée dans un bàtinuMit élevé et que tout le inonde adn)ire. Kt soit qu'il se trouve* obligé lui-même par sa qualiU' et par la coutume à se rendre tout éclatant aux yeux des autres, st)it (|u'il considère les vrais ornements dont les riches tâchent de couvrir leur mis('rable tnorlaliié, il sent toujours sa faiblesse et celle des autres : il se resserre et s'anéantit en lui-même, et ne mesure les grands que sur le mérite qu'il remarque en eux.

III. Mais, outre qu'il y a très peu de ces philosophes, (|uelque philosiqihe qu'on soit, ou se laisse toujours surprendre à l'impression sensible et aux mouvements imprévus de l'imagination qui se révolte; et la vanité dont l'homme est tout rempli favorise de telle manière les jugements naturels qui se forment en nous, sans nous, touchant les grandeurs humaines, qu'on a toujours jugé et qu'on jugera éternellement de l'estime (ju'on doit avoir pour les personnes, par le train, par la magnilicence, la splendeur (|ui les environne. Or ce sont ces jugements, que chacun prononce en faveur des personnes de qualité, ou qui en ont l'apparence, (jue chacun, dis-je, prononce beaucoup plus vivement et décisivemenl par son air soumis et ses manières respectm^uses, que par ses paroles, qui inspirent l'orgueil aux hommes, et lesentète de leur grandeur. C'est cela qui les accoutume à mépriser la vertu et la Raison dans ceux (jui sont au-dessous d'eux, et à estimer sans discernement tout ce qui reçoit du relief et de l'éclat par la qualité des personnes. C'est cela qui fait qu'un seigneur brutal regarde ses vassaux comme des hommes d'une espèce méprisable, et que des serviteurs écoutent leur maître comme la vertu et la Raison incarnée. C'est cela enfin qui fait que les supérieurs ne rendent point à ceux qui leur sont soumis les devoirs qui sont dus à leur nature , et que les inférieurs se font un mérite d'aller contre la loi divine pour exécuter les commanc'ements qu'on leur fait.

IV. La nature humaine étant égale dans tous les hommes et faite pour la Raison, il n'y a que le mérite qui devrait nous

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