VI INTRODUCTION
Malebranche a reçu, depuis cette époque, une consécration en quelque sorte oflicielle et publique. Le Traité de Morale a figuré à mainte reprise, il figure en 1882 sur le programme de l'agrégation de philosophie, parmi les textes à expliquer. Si les candidats ont pu apprécier la valeur du livre, ils ont pu en constater aussi la rareté. Nous n'avons donc pas, ce nous semble, à justifier l'opportunité de la présente réimpression.
Nous avons eu sous les yeux et nous avons collationné avec soin, trois éditions :
1° La première édition : Traité de Morale^ par l'auteur de U Recherche de la Vérité, en 2 parties : 237-218 pages. Chez Reinier Leers, Rotterdam, 1684.
2° Traité de Morale, nouvelle édition, augmentée dans le corps de l'ouvrage et d'un Traité de l'amour de Dieuh la lin, par le P. Malebranche, prêtre de l'Oratoire, 2 vol. in-12. A Lyon, chez Léonard Plaignard, 1697. Cette édition, imprimée par les soins de l'abbé de Guignes, est recommandée par Malebranche dans l'avertissement à la b''' édition, 1710, de h Recherche de la Vérité^.
3° Idem, 1707. Cette dernière édition est aussi recommandée par Malebranche dans l'avertissement à l'édition de la Recherche de la Vérité ûc 1712. « Comme il s'est fait plusieurs éditions dilTérenlcs de mes livres, dont la
1. lUhUufp-ajjliic de Malcltrandic, par M. l'abbé Blampignon, extrait de la bibliographie oratorieuDe.
LNTUODICTION. VII
plupart sont iiniiarlailes ol très pou correctes, et sur lesquelles néanmoins on a fait des traductions en langue étrangère, je crois devoir avertir que de toutes celles qui sont venues à nia connaissance, les plus exactes pour le sens (car je ne parle pas des fautes qui ne le troublent pas et que le lecteur peut corriger, comme celles de ponctuation et d'oitliograplio, et quelques autres) sont :... Le 'Traité de Morale imprimé à Lvon en 1707. »
C'est cette édition de 1707 que nous réimprimons. Mais nous donnons en variantes les leçons dilTérentes des éditions de 1684 et de 1697 : elles sonlintéressantes, car elles permettent de se rendre compte des scrupules qu'éprouvaient chez Malebranche, le théologien, le philosophe et l'écrivain. Nous n'avons cru devoir respecter ni l'orthographe, souvent hésitante, ni la ponctuation lies compliquée et fatigante par la multiplication des virgules, qu'on trouve dans les éditions du temps.
Les ditïérentes éditions qui ont servi de base à la présente réimpression sont accompagnées de letlies d'envoi, d'avertissements et d'avis que nous n'avons pas trouvé utile de reproduire en entier. Malebranche y exprime cette opinion (bien connue de ceux qui l'ont pratiqué) que « n'ayant point une idée claire de l'âme, c'est une nécessité que la plupart des termes de morale n'expriment que des sentiments confus. » Il y explique aussi qu'ayant voulu s'adresser au commun des hommes et