Var. Faiilasques
2. Nam cupide conculcatur nimis anie metutum, dit Luciri-o. L'analyso de Malnhr.-inchc est plus profonde ot plus sulilile. On en veut soiivenl aux autres, non pas seulement de la frayeur qu'on a eue d'eux, mais des marques d'amitié par lesquelles on croit s'rire humilie devant leurs personnes.
3. Vnr. D'esprits. fl(>84 et 1697.) Il est à croire que lédilinn de 1707 dcmiie : esprit, par faide d'iiupi-i'ssion plidnl qu'à di'ssi>in.
UKUMliME l'AKTlE- — DES DEVUIKS. i'6\
XVI. Mais, quoique souvent nous devions être contents de ceux qui ne nous donnent point de maniues sensibles de leur amitié, nous ne devons point être contents de nous-mêmes, si nous ne faisons vivement sentir la nôtre. Car, la plupart des hommes, étant plus sensibles que raisonnables, ils ne seront jamais contents de nous, s'ils ne lisent sur notre visage, et s'ils ne sont convaincus par nos services que leurs intérêts nous sont cliers. Xous sommes par devoir obligés à faire pour eux dos pas que nous ne ferions point pour nous-mêmes. Ils ne sentent point la peine (lue le mouvement nous donne; car ils se plaisent dans l'agitation. Us noiit peut-être pas le même sentiment que nous des biens de la vie présente, car leurs passions les aveuglent. Ainsi, jugeant des autres par eux-mêmes, ils croiront que nous manquons pour eux d'estime et d'amitié, si, pour leur rendre service, nous ne quittons des occupations plus saintes et plus importantes ', si nous ne faisons pour eux ce que nous ne ferions pas pour nous-mêmes: et cette pensée ne manquera pas d'exciter en eux quelques passions injustes et peut-être criminelles.
XVII. fVest pour cela que la société est une pénible et fâcheuse servitude, pour tous ceux qui n'y sont point nés et qui peuvent se passer des autres. C'est peut-être la plus rude des pénitences ^. C'est un commerce, où les personnes les plus honnêtes et les plus équitables perdent souvent beaucoup plus qu'ils n'y gagnent; ils y mettent beaucoup et retirent peu. Il ne faut point faire de liaisons particulières qui obligent à des devoirs, que la disposition de la machine ou d'autres raisons ne nous permettent pas de rendre: car il ne faut point se faire des amis pour les rendre ses ennemis. Rien n'est plus désolant (ju'un ennemi autrefois ami, et qui abuse des faveurs qu'on lui a faites. Qu'un chacun examine donc ses forces, et ne se laisse pomt surprendre au dangereux plaisir de connaître et d'être connu; et ne lie de société qu'autant qu'il est en état et dans
1. C'est le contraire de ceux dont Malebranche parlait plus haut, qui ne font rien pour leurs amis parce qu'ils ne font rien pour eux-mc'mes. Ce dont il parle ici avec tant de finesse est surtout le propre des dissipateurs.
2. 11 ne faut pas oublier que c'est un religieux qui parle, et sachons que pour Malebranche, toute conversation avec un autre qu'avec le maître intérieur, fut toujours en effet une rude pénitence : on sait à quel point il lui était dur de converser avec un Leibniz et un Bossuet, et comment la fatigue que lui imposa une visite de Berkeley hùla. dit-on, le dénoùment de sa dernière maladie.
la volonté d'en remplir les devoirs, qu'aulant qu'il peut être utile aux autres sans se faire tort à soi-inùnie, ou du moins qu'autant qu'il peut se faire moins de tort qu'il ne rend de service aux autres.