‹ Traité de moraleChapitre 214 sur 233 · DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS. -Hï-i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS. -Hï-i

foi et par l'espérance et aniiiK'' ' par la charité, sacrifier ses plaisirs présents aux plai'^irs futurs, se rendre malheureux pour un temps, alin d'éviter la vengeance éternelle du juste juge. C/àv la grâce ne détruit point la nature. Le mouvement (jue Dieu imprime sans cesse en nous pour le bien en général ne s'arrête jamais. Les pécheurs et les justes veulent également être heureux : ils courent également vers la source de leur félicité. Mais le juste ne se laisse ni tromper ni corrompre par les apparences (|ui le llaltent : l'avant-goùt des vi-ais biens le soutient dans sa course. Mais le pécheur, aveuglé parses passions, oublie Dieu, ses vengeances et ses récompenses, et emploie tout le mouvement que Dieu lui donne pour le vrai bien à courir après des fantômes.

IV. Ainsi l'amour-propre, le désir d'être heureux, n'est ni vertu ni vice ; mais c'est le motif naturel de la vertu et qui devient dans les pécheurs le motif du vice. Dieu seul est notre lin : Dieu seul est notre bien : la Raison seule est notre loi : et l'amour-propre ou le désir invincible d'être heureux est le motif qui doit nous faire aimer Dieu, nous unir à lui, nous soumettre à sa loi. Car nous ne sommes point Ji nous-mêmes ni notre bien ni notre loi. Dieu seul possède la puissance : lui seul est donc aimable, lui seul est donc redoutable. Nous voulons invinciblement être heureux, nous devons donc obéir inviolablement a sa loi. Car enfin, on ne peut trop se mettre dans l'esprit que le Tout-Puissant est juste, que toute désobéissance sera punie et toute obéissance récompensée. Maintenant, on est heureux dans le désordre : l'exercice de la vertu est dur et pénible -. Cela doit être pour éprouver notre foi et nous faire acquérir des plaisirs légitimes. Mais cela ne peut et ne doit continuer d'être. Il n'y a point de Dieu, si l'âme n'est immortelle et si lunivers ne change un jour de face : car un Dieu injuste est une chimère. L'esprit voit clairement tout ceci. Et qu'en doit conclure son amour-propre éclairé, son désir invincible et insatiable de la félicité ? Qu'il faut se soumettre entièrement à la loi divine, pour être solidement heureux. Cela est de la dernière évidence.

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