Voyez plus haut Ire partie, ch. vni, parag. 14 et
2. Malebranche croit donc que l'Ùrdro et la Raison ne sont point dépendants de la volonté de Dieu. C'est encore un point sur lequel il so sépare de Descaries. « Certainement si les vérités et les lois éternelles dépendaient de Dieu, si elles avaient été établies par une volonté libre du Créateur, en un mot si la raison que nous consultons n'était i)as nécessaire et indépendante, il me parait évident qu'il n'y aurait point de science véritable... » (IQe éclairci.ssenient à la Recherche.) Voyez aussi le S» Entretien métaphysique.
DKL'XIKMK l'AKTlE.— IIHS [)KV01KS. 26;)
c''flaiivr son amour-proiiro, aliii qu'il nous oxcilo à la vertu: en si'coud liou, t|uil ne faut jamais suivre uniijueuient le uiouveinenl de raiiuiur-propre ; en troisième lieu, qu'en suivant l'ordre iiiviolablenient, on travaille solidement a contenter son amour-propre ; en un cnot, que Dieu seul étant la cause de nos plaisirs, nous devons nous soumettre à sa loi et travailler à notre perfection, laissant à sa justice et à sa bonté de proportionner notre bonheur à nos mérites et à ceux de Jésus-Christ, en (|ui les nôtres sont dignes d'une récompense inlinie.
VII. J'ai expliqué dans la première partie de ce traité les principales choses qui sont nécessaires pour travailler à sa perfection ou pour acquérir et conserver ramour habituel et dominant de l'ordre immuable, en quoi consistent nos devoirs à notre égard. Les voici en général.
VIII. Il faut s'accoutumer au travail de l'attention et acquérir par là (|uelque force d'esprit. Il ne faut consentir qu'à l'évidence et Conserver ainsi la liberté de son esprit. Il faut étudier sans cesse l'homme en général et soi-même en particulier, pour se connaître parfaitement. Il faut mé.liter jour et nuit la loi divine, pour la suivre exactement. Qu'on se compare à l'ordre pour s'humilier et se mépriser. Qu"on se souvienne de la justice divine pour la craindre et se réveiller. Qu'on pense à son médiateur pour l'invoquer et se consoler. Regardons Jésus- Christ comme notre modèle : avouons Jésus-Christ comme notre sauveur : suivons Jésus-Christ comme notre force, notre sagesse, le principe de notre félicité éternelle. Le monde nous séduit par nos sens : il nous trouble l'esprit par notre imagination : il nous entraîne et nous précipite dans les derniers malheurs par nos passions. Il faut rompre le commerce dangereux que nous avons avec lui par noire corps, si nous voulons augmenter l'union que nous avons avec Dieu par la Raison. Car ces deux unions de l'esprit à Dieu, de l'esprit au corps, sont incompatibles. On ne peat s'unir parfaitement à Dieu, sins aband(3nner les iniérèls du corps, sans te mépriser, sans le sacrilier, sans le perdre.
IX. Ce n'est pas qu'il soit perrhis de se donner la mort, ni même de ruiner sa santé. Car notre corps n"est pas à nous : il est cà Dieu, il est à l'Etat, à notre famille, à nos amis. Nous devons le conserver dans sa force et dans sa vigueur, selon l'usage que nous sommes obligés «l'en faire. Mais nous ne devons pas le conserver contre l'ordre de Dieu et aux dépens des autres
hommes. Il faull'exposer pour le bien de rEiat,elne point craindre de l'aiïaiblir, de le ruiner, de le détruire, pour exécuter les ordres de Dieu. C'est la même chose de noire honneur et de nos biens. Tout rsl à Dieu et à la charité, et doit être conservé, employé, sacrilié en l'honneur et par dépendance de la loi divine, lOrdre inimu.'ible et nécessaire. Je n'entre point dans le détail de tout ceci, parce que je n'ai prétendu exposer que les principes généraux sur lesquels chacun est obligé de régler sa conduite pour ai river heureusement au lieu véritable de son repos et de ses plaisirs ^
1. U est clair que ces derniers mois dnivcnt l'Irc enlendiis dans un sens élevé et " spirituel. •■