PREMIÈRE PARTIE. — PE LA VERTU. H
lie sa conduite, à cause qu'il on arrive des suites ou inutiles ou fâcheuses '.
\.\II. Il n'en est pas de Dieu comme des hommes, de la cause Sènt'rale comme des causes particulières. Lorsqu'on résiste à l'action des hommes, on les olïonse : car, comme ils n'agissent (|ue par des volontés particulières, on ne peut résister ii leur action sans résister à leurs desseins. Mais lorsqu'on résiste h l'action de Dieu, on ne l'oflensc iiulloinent, et souvent même on favorise ses desseins: parce que Oieii suivant constamment les lois générales qu'il s'est prescrites, la comhinnison des elVets, qui en sont des suites nécessaires, ne peut pas toujours être conforme à l'ordre, ni propre à l'exécution du plus excellent ouvrage -. Ainsi il est permis aux hommes d'empêcher les ciïets naturels, non seulement lorsque ces effets peuvent leur donner la mort, mais môme lorsqu'ils les incommodent ou (|u'ils leur déplaisent. Xotre devoir consiste donc à nous soumettre à la Loi de Dieu et à suivre l'Ordre: ce nous sera une nécessité de nous soumettre à sa puissance absolue. Nous pouvons connaître l'Ordre par l'union avec le Verbe Eternel, avec la Raison universelle. Il peut donc être notre loi, il peut nous conduire ">. Mais les Décrets Divins nous sont absolument inconnus, n'en faisons donc point notre règle. Laissons aux sages de la Grèce et aux Stoïciens " cette vertu chimérique de suivre Dieu ou la nature. Four nous, consultons la Raison, aimons et suivons l'Ordre en toutes choses. Car c'est véritablement suivre Dieu, que de se soumettre à la loi qu'il aime invinciblement, et qu'il suit inviolablement ^.
XXIIl. Néanmoins, quoique l'ordre de la nature ne soit point précisément noire loi, et que la soumission ji cet ordre ne soit nullement une vertu, il faut observer que souvent on doit y avoir égard. Mais c'est toujours parce que l'ordre immuable et
1. « Dieu ayant prévu tout co qui devait suivre des lois naturelles, avant mi'me leur établissement, il ne devait pas les établir, s'il devait les renverser. » (Traité de la nature et de la grâce, édition citée p. 37.)