‹ Traité de moraleChapitre 27 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU

stoït'ionne ' t|iii lo consulo, cl tiui lo met eu iJéo aii-ilossiis do ses ennemis; ce n'esl encore que disposition do machine, disette d'esprits, froideur de sanii', mélancolie '. Il en est de même de toutes les vertus. Si l'amour de l'Ordre n'en est le principe, elles sont fausses et vaines, indi{,nies en toutes manières d'une nature raisonnable, (jui porte l'image de Dieu même, et (|ui par la Raison ^ a société avec lui. Elles tirent leur origine de la disposition du corps *. L'Esprit-Saint ne les forme point : et (luicon(|ue en fait l'objet de ses désirs et le sujet de sa ,i;lnire, a l'âme basse, l'esprit petit, le co^ur corrompu. Mais, quoitiu'on pense une imagination révoltée, ce n'est ni bassesse, ni servitude que de se soumettre à la loi de Dieu môme. Rien n'est plus juste que de se conformer à l'Ordre. Rien n'esl plus grand que d'obéir à Dieu. Rien n'est plus généreux, que de suivre constamment, lidèlement, inviolablement le parti de la Raison: non seulement lorsqu'on le peut suivre avec honneur, mais principalement lorsque les circonstances des temps et des' lieux sont telles, qu'on ne le peut suivre que couvert de confusion et de honte ^ Car celui qui passe pour fou en suivant la Raison, l'aime véritablement ". Mais, celui qui ne suit l'Ordre que lorsqu'il brille aux yeux du monde, ne recherche que la gloire; et quoique alors il paraisse lui-même tout éclatant aux yeux des hommes, il est en abomination devant Dieu.

II. Je ne sais si je me trompe, mais il me semble qu'il y a bien des gens qui ne connaissent guère la véritable vertu; et que ceux môme3 qui ont écrit sur la Morale, n'ont pas toujours parlé fort clairement et fort juste. Certainement tous ces grands noms qu'on donne aux vertus et aux vices, réveillent plutôt dans l'esprit des sentiments confus que des idées claires. Mais,

1. Comparer. Recherche de la ve'rité, liv. IV, rli. ir. — « Ainsi les stoïciens n'ont pas raison, et peut-être se raillent-ils de nous, lorsqu'ils nous prêchent de n'êti-o point affligés de la mort d'un père, de la perte de nos biens, d'un exil, d'une prison et de choses semblables, et de ne point nous réjouir dans l'heureux succès do nos affaires... » Tout le passage est à lire.

2 Var. Et peut-être sur le tout quelque trait contagieux d'une imagination dominante. (16S4.) On se demande pourquoi Malebrancbe a supprime dans la 2'^ édition une phrase où une partie de ses idées se trouvait résumée avec une si piquanle vivacité.

3. Les mots : par la Raison, n'étaient pas dans l'édition de 1684.

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