‹ Traité de moraleChapitre 34 sur 233 · Var. En second lieu, que l'amour... (1684 et · texte numérisé non relu

Var. En second lieu, que l'amour... (1684 et

6. Var. Que de plaisir. (1684 et 1697.) « Je ne sais que deux principes qui déterminent directement et par eux-momes les mouvements de notre amour ; la lumière et le plaisir. La lumière qui nous découvi-e nos divers biens, le plaisir qui nous les fait goûter. >i {Traite' de la nature et de la grâce, 2e discours, 2e partie, édil. citée p. 158.) Le plaisir dont il est question ici est évidemment le plaisir de sentiment produit par la délectation victorieuse de la grâce. — Comparer le passage de Pascal, sur l'Art de persuader : « Je sais qu'il (Dieu) a voulu qu'elles (les vérités divines) entrent du cœur dans l'esprit, et non pas de l'esprit dans le cœur, pour humilier celte superbe pu ssance du raisonnement, qui prétend devoir être juge des choses que la volonté choisit, et pour guérir celte volonté infirme, qui s'est toute corrompue par ses sales attachements. »

Tl TRAITE DE MORALE.

fond lu vrai bien de l'espr.t devrail s'aimer par Raison, el uiillemeiit par l'instinct du plaisir. Mais l'état où'le péché nous a réduits rend la grâce de la délectation néc3ssaire pour contrebalancer l'effort continuel de notre concupiscence. Entin je soutiens que celui qui ne rentrerait jamais en lui-môme, je dis jamais S sa foi prétendue lui serait entièrement inutile. Car le Verbe ne s'est rendu sensible et visibloque pour rendre la vérité intelligible '^. La Raison ne s'est incarnée que pour conduire par les sens les hommes à la Raison; et celui qui ferait même et souffrirait ce qu'a fait et souffert Jésus-Christ, ne serait ni raisonnable ni Chrétien, s'il no le faisait dans l'esprit de Jésus-Christ, esprit d'Ordre elde Raison. Mais cela n'est nullement il craindre ; car c'est une chose absolument impossible, que l'homme soit réellement séparé de la Raison, qu'il ne rentre jamais en lui-même pour la consulter. Car, quoi(]ue bien des gens ne sachent peut-être point ce que c'est de que rentrer en eux-mèuies, il n'est pas possible qu'ils n'y rentrent, ou qu'ils n'écoutent quelquefois la voix delà vérité, malgré le bruit continuel de leurs sens et de leurs passions. l\ n'est pas possible qu'ils n'aient quelque idée et quelque amour de l'Ordre, ce que certainement ils ne peuvent avoir que de celui qui habite en eux, et qui les rend en cela justes -^ et raisonnables. Car nul homme n'est à lui-même ni le principe de son amour, ni l'esprit qui l'inspire, qui l'anime et qui le conduit ".

XIII. Tout le monde se pique de Raison, et tout le monde y renonce: cela parait se contredire, mais rien n'est plus vrai. Tout le monde se pique de Raison, parce que tout homme porte écrit dans le fond de son être que d'avoir part à la Raison, c'est un droit essentiel à notre nature. Mais tout le monde y renonce, parce que l'on ne peut s'unir à la Raison, et recevoir d'elle la lumière et l'intelligence, sans une espèce de travail fort désolant, à cause qu'il n'a rien qui flatte les sens. Ainsi les hommes voulant invinciblement être heureux, ils laissent là-^ le travail de l'attention, qui les rend actuellement malheureux. Mais

1. \';u'. Eiiliii. jir suulioiis que celui qui ne rentrerait jamais, je dis jiimais, en lui-inùme. (KiS'i.)

2. Aug., Confesn.. 1. II, cli. viii. i^.N'ote uKu-^'inalc de M.)

3. Ce mtil est pris dans son sens ordinaiit; ou pliilosopliiquc.

-i. C'est, pour cela, veut dire loi Malebrauojie, que nous ne pouvons manquer coiiiplclcmenl ni de raison ni d'amour, puisque c'est Taction divine qui est en nous le principe, sans cesse agissant, de l'un et de l'autre.

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