‹ Traité de moraleChapitre 33 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE. -UE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. -UE LA VERTU

on ne peiil mériter l'intelligence de certaines vérités nécessaires, essentielles, sans les(iuelles on ne peut acquérir ni la solide vertu, ni la félicité éternelle. Néanmoins la foi sans inttîlliycnce, je ne parle pas ici des mystères, ' dont on ne peut avoir d'idée claire: la foi, dis-je, sans aucune lumière, si cela est possible, ne peut rendre solidement vertueux. C'est la lumière qui perfectionne l'esprit et le cœur : et si la foi n'éclairait l'homme et ne le conduisait à quelque intelligence de la vérité et à la connaissance de ses devoirs, assurément elle n'aurait pas les elfels qu'on lui attribue. Mais la foi est un ternie aussi équivoque que celui de Raison, de philosophie, de science humaine '.

XII. Je demeure donc d'accord que ceux qui n'ont point assez de lumière pour se conduire, peuvent acquérir la vertu, aussi bien que ceux (jui savent le mieux ^ rentrer en eux-mêmes pour consulter la Raison et contempler la beauté de l'Ordre; parce que la grâce de sentiment ou la délectation prévenante peut suppléer à la lumière * et les tenir fortement attachés à leur devoir. Mais je soutiens premièrement que, toutes choses égales, celui qui rentre le plus en lui-même, et qui écoute la vérité intérieure dans un plus grand silence de ses sens, de son imagination et de ses passions, est le plus solidement vertueux. En second lieu, je soutiens ^ que l'amour de l'Ordre qui a pour principe plus de raison que de foi, je veux dire plus de lumière que de sentiment ^, est plus solide, plus méritoire, plus estimable qu'un autre amour que je lui suppose égal. Car dans le

1. Var. Cftte virgule a été ajoutée à lu 2e édilion. Malobianclie a ci-aiiit de faire une distinction entre les mystè.-es.

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