‹ Traité de moraleChapitre 39 sur 233 · Var. Ou souhaiter du bien à quelqu'un. (16S · texte numérisé non relu

Var. Ou souhaiter du bien à quelqu'un. (16S

4. Var. Toute cette fin de phrase, depuis les mots : car il est essentiel... n'était pas de l'éd. de 1684.

5. Même observation pour la fin de phrase, depuis les mots : car c'est en Dieu... Malebranche ne veut pas que nous considérions notre semblable comme pouvant ("tre la cause de notre bonïieur. Au sens absolu, il a raison. Il est vrai cependant que notre semblable contribue à notre bonheur. On peut comparer ces définitions avec celle de Leibniz : Amare est delectari felicitate aliéna.

n'eut point en lui : mais celui qui les observe, aime Dieu "parfaitement. Vere in hoc Charitas Dei perfecta est : dit sainl Jean ', hi hoc scimus, quoniam cognovimus eum si mandata ejus observemus. Cest en cela que nous savons bien que nous coiviaissons Dieu, si nous observons ses commandements,

IV. Vous aimerez Dieu de toutes vos forces. Toutes est assez clair, mais vos forces peut donner sujet d'erreur à ceux qui n'ont pas d'humilité, ou qui en ont une fausse. Les premiers peuvent en tirer quelque sujet de vanité, et les autres d'une néglip:ence criminelle. Et votre prochain comme vous-même, Jésus-Christ nous apprend dans la parabole du Samaritain que tous les hommes sont notre prochain. Ce terme Prochain, n'est donc pas trop clair : aussi les Juifs grossiers et charnels ^ l'ontils toujours pris dans un faux sens. Comme vous-même : Certainement ceux qui aiment les vrais biens, sont les seuls qui accomplissent ^ce commandement, en aimant leur prochain comme eux-mêmes. Car un père qui aime son lils avec la dernière tendresse, et qui lui procure avec soin tous les biens sensibles, quelque amour qu'il ait pour lui, il est encore bien éloigné de l'aimer comme Dieu veut qu'on aime son prochain.

V. Ces paroles. Vous aimerez Dieu, et le reste, peuvent donc paraître obscures *. Mais ce n'est efiectivement qu'à ceux - qui veulent chicaner, ou qui ne rentrent point en eux-mêmes, pour y voir ce commandement écrit de la main de Dieu. Elles ne sont obscures '' qu'à ceux que l'onction du Saint-Esprit n'a point instruits, pour lesquels l'Ecriture sainte est un livre fermé '. Car les personnes de piété les plus grossières et les plus stupides entendent bien ce précepte. Ils savent que toute l'application de l'esprit et tous les mouvements du cœur doivent tendre vers Dieu : qu'il ne faut s'occuper que de lui, autant (jue cela est possible : que ce n'est point l'aimer véritablement que de manquer de délicatesse sur son devoir: et que blesser l'Ordre de la justice, ou l'Ordre immuable, c'est offenser effec-

Page 1