‹ Traité de moraleChapitre 38 sur 233 · Ch. XIII. (/rf · texte numérisé non relu

Ch. XIII. (/rf

rUEMIliUE PAUTIE. — DE LA VEUTU. 25

prime les vérités quo par dos termes que l'usage le plus eomiiuui autorise '. Mais celui (|ui veut convalnere et éeinirer les personnes les plus entêtées, j'entends les prétendus esprits loris, et eeux (luon appelle philosophes, gens qui trouvent des diflicultés partout, il doit tâcher d'expliquer ses sentiments avec des termes qui soient, autant que cela se peut, exempts d'équivoque.

H. Ces paroles, Vous aimerez Dieu de toutes vos forces, et votre prochain comme vous-mcmc, sont claires : mais c'est principaleineni à ceux qu'enseigne intérieurement l'onction de l'esprit; car à l'égard des autres hommes, elles sont plus obscures (lu'on ne s'imagine. Ce ^mot aimer est équivoque : il signifie deux choses entre plusieurs autres, s'unir de volonté à quelque objet connue à son bien ou à la cause de son bonheur, et souhaiter à(|ueb]u'un le bien dont il a besoin '. Un peut aimer Dieu dans le premier sens, et son prochain dans le second. Mais ce serait impiété, ou du moins stupidité et ignorance, (|ue d'aimer Dieu dans le second sens ; car il est essentiel à la divinité de se suftire à elle-même. Vous êtes mon Dieu, dit le Prophète, car vous n'avez pas besoin de mes biens*. Et ce serait une espèce d'idolâtrie que d'aimer son prochain dans le premier sens; car c'est en Dieu seul que se trouve la puissance d'agir dans les esprits et de les rendre heureux ».

111. De même ce mot Dieu est équivoque, et inliniment plus qu'on ne croit : et tel s'imagine aimer Dieu, qui n'aime effectivement qu'un certain fantôme immense qu'il s'est formé. Il croit aimer Dieu en vivant dans le désordre, ou sans aimer l'Ordre sur toutes choses. Il se trompe. Bien loin d'aimer Dieu, il ne le connaît seulement pas. Car celui qui dit qu'il connaît Dieu et n'observe pas ses commandements, est un menteur, et la vérité

1. « Comme l'Écriture est faite pour tout le monde, pour les simples aussi bien que pour les savants, elle est pleine d'Anthropologies. » {Traité de la nature et de la grâce. 1er discours, éd. citée p. 92.)

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