PREMIÈRE PARTIE. - DE LA VERTU
juste aux yonxdo Dion : et l'on no ponlôtro juste devant Dieu, qu'on n'ait plus de disposition à aitner l'Ordre que toute autre chose, et que .soi-même; ou ce qui revient au même, qu'on ne soit disposé ' à ne s'aimer que selon l'Ordre, à ne vouloir être heureux qu'autant qu'on le mérite *. Ainsi, quand même on supposerait qu'un païen aimerait d'un amour actuel l'Ordre plus que toutes choses, ce qui no se peut faire que par le mouvement de la grâce ; Dieu f|ui ne jupe pas l'âme sur ce qu'il trouve en elle de passager, mais sur ses dispositions stables et permanentes, ne pourrait pas la regarder comme juste et sainte. Car un acte d'amour de Dieu sur toutes choses ne peut pas naturellement changer l'habitude invétérée de l'amour-propre. Cela ne se peut sans l'usage des Sacrements que Jésus-Christ a institués pour notre justilication ^ pour donnera un seul acte d'amour de Dieu la force d'en produire l'habitude, laquelle seule donne droit aux vrais biens. Ainsi nul Philosophe, ni Socrate, ni Platon, niEpictote, quelque éclairés ([u'ils aient été sur leurs devoirs, ni même ceux qu'on peut supposer avoir répandu leur sang pour l'Ordre de la justice, ne peuvent être sauvés, s'ils n'ont reçu la grâce que la foi seule obtient : puisque Dieu juste juge ne les a pu juger que sur la disposition permanente de leur volonté; et que quand il serait naturellement possible de tendre le cou au bourreau par un mouvement actuel d'amour pour la justice, cela seul ne changerait pas la disposition naturelle et invétéré.^ de l'amour-propre : disposition confirmée et augmentée à tous moments par le mouvement de la concupiscence durant tout le cours de la vie.
XII. Néanmoins comme les païens conservent toujours quelque amour pour l'Ordre, ils peuvent éviter le péché qu'ils commettent, en réveillant cet amour, en évitant ce qui excite l'amour-propre, et en ne consentant point avant que d'être forcés à consentir, comme j'expliquerai dans la suite. Mais véritablement ils ne peuvent point accomplir les commandements de Dieu. Ils ne peuvent aimer l'ordre plus qu'eux-mêmes en toutes occasions. La Raison nous en doit convaincre; et la foi nous apprend qu'ils ne le peuvent jamais. Il n'y a que ceux qui ont la foi qui le puissent ; et même entre ceux-là, tous n'en