‹ Traité de moraleChapitre 58 sur 233 · Var. Ou qu'on ne soit disposé · texte numérisé non relu

Var. Ou qu'on ne soit disposé

2. Var. Cette fin de phrase, depuis : à ne vouloir..., n'était pas dans l'édition de 1684

3. J'expliquerai ^ci dans le ch. viii. fNote'marginale de M.)

ont pas un égal pouvoir. Il n'y a que les justes à qui rien ne manque. Pour les autres, ils peuvent prier, s'ils connaissent leur faiblesse et s'ils veulent en être fjuéris K Ils peuvent par le secours de leur foi, et en conséquence des promesses de Jésus- Christ, et non par la nécessité de l'Ordre immuable de la justice, mériter le pouvoir prochain d'observer en toutes occasions les commandements de Dieu -.

. XIII. Je reprends en peu de paroles les vérités essentielles que je viens de prouver, et qui sont nécessaires pour la suite. Les habitudes s'acquièrent et se fortifient par les actes. Or l'habitude qui domine, n'agit pas toujours : on peut faire des actes qui n'y ont nul rapport, et quelquefois qui lui sont opposés. L'homme peut donc changer d'habitudes.

XIV. De plus il n'y a point d'homme, quelque corrompu qu'il soit, qui n'ait quelque disposition à aimer l'Ordre. Tout homme libre et raisonnable peut donc se corriger, je ne dis pas se rendre juste ^.

XV. Mais en supposant les secours * de la grâce, tout homme peut se rendre juste. Car l'amour dominant de l'Ordie immuable qui nous justifie devant Dieu, est une disposition stable et permanente, c'est une habitude. Or on peut acijuérir cette habitude par le secours de la grâce ; non seulement parce qu'on peut par le moyen de la grcâce actuelle former librement tant d'actes d'amour de l'Ordre sur toutes choses, ou de si fervents, que l'habitude en résultera; mais plus facilement et plus sûrement, parce qu'on peut s'approcher des Sacrements dans le

1. Vîir. Los mots : et s'ils veulent en l'trc frucris, n'élaicnt ]i,is diuis l'ôdilion de IGS-i.

2. Finalement, Malehrnnche semble bien damner tous les païens, y compris Socralc et Platon, qui évidemment n'ont pu « faire usage des sacrements institués par .lésus-Cbrist pour notre justification. » Celte doctrine est bien celle des jansénistes, aux yeux de qui Jésus-Christ n'était pas mort pour tous les hommes. Les lliéologiens orthodoxes enseignent : que la Rédemption est aussi ancienne que le péché d'Adam, qu'elle a commencé à produire ses effets au moment mi''me de la condamnation du premier coupable, que par l'effet de cette Rédemption, les païens et les inlidéles ont reçu et reçoivent encore " des grâces de salut >i auxquelles il leur appartient de correspondre: enfin, que celui-là seul est vraiment hors des voies du salut qui y est par sa faute, culpabiliter. Malebranchc corrigera plus tard la dureté de la doctrine janséniste, au moins en ce qui concerne les hommes nés après Jésus-Christ, liîi, et en ce qui concerne les païens, il est bien, ce semble, avec elle.

3. En d'autres termes, ce libre arbitre est suffisant pour rendre un homme quelconque humainement, naturellement vertueux ou coupable : il ne suffit pas pour le justifier, au sens théologique (qui a été iléjà plusieurs fois expliquée.

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