‹ Traité de moraleChapitre 59 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU. 4o · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU. 4o

nioiivoinont do ocl nnioiir, oi iiiic les SniTeinents dct la iiDiivclle alliance n'p'nuient dans les t-d'iirs la charité jiistiliante.

XVI. Tout ce (lu'il y a donc à faire pour acquérir et pour conserver l'anioiir dominant de lOrdre immuable ou, pour abréper les lermes, l'amour de l'Ordre, consiste à rechercher avec soin, quelles sont les choses qui réveillent cet amour et qui lai font produire ses actes, et quelles sont celles ([ui peuvent empêcher le mouvement actuel de l'amour-propre. Or je ne vois (|ue deux principes (|ui déterminent le mouvement naturel de la volonté, et qui excitent les habitudes, savoir la lumière et le sentiment ^ Sans l'un ou l'autre de ces deux principes il ne se forme point naturellement d'habitude, et celles qui sont formées demeun^nt sans action. Si l'on fait attention ' au sentiment intérieur qu'on a de soi-même, on se persuadera facilement que la volonté n'aime jamais actuellement le bien, que la lumière ne le découvre, ou que le plaisir ne le rende présent a l'âme. Et si on consulte la raison, on reconnaîira (|ue cela doit être ainsi : car autrement l'auteur de la nature imprimerait dans la volonté des mouvements inutiles.

XVII. Il n'y a donc que la lumière et le plaisir qui excitent dans l'âme quelque mouvement actuel : la lumière qui lui découvre le bien qu'elle aime par une impression invincible: le plaisir qui l'assure qu'il est actuellemenl présent. Car jamais l'âme n'est mieux convaincue de la présence de son bien, que lorsqu'elle se trouve actuellement touchée du plaisir qui la rend heureuse. Cherchons maintenant les moyens par lesquels 'nous pouvons faire que la lumière se répande dans nos esprits, et que nos cœurs soient touchés par des sentiments propres a notre dessein, qui est d'exciter en nous des actes de l'amour de l'Ordre, et s de nous empèrher de former ceux de lamour-propre ; car il est évident que tous les préceptes de la Morale dépendent absolument de ces moyens. Voici l'ordre que je garderai dans cette recherche.

XVIII. J'examinerai d'abord les moyens que nous avons pour devenir éclairés sur nos devoirs. La lumière doit toujours passer la première, outre qu'il dépend beaucoup plus de nous de voir le bien que de le goûter. Car ordinairement nos volontés

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