Var. Par esprit
courent, se Irnuvont faux dans la suite: et que lorsque les gens de parti ont intérêt (]ue tel soit honnête ou malhonnête homme, la renommée le déguise et le transforme en un moment? Que chacun fasse réflexion sur soi-même. C.ombien a-t-on porté de jugements faux et téméraires surtout ce qu'on a ouï dire des personnes qu'on n'aime pas? cependant qu'on y prenne garde, si on se laisse une fois aller à croire le mal qu'on entend dire, l'imagination et les passions ne se tairont pas et en feront croire encore beaucoup davantage. Car l'imagination et les passions ne manquent jamais de répandre sur les objets qui les excitent leurs dispositions et leur malignité; de même que les sens répandent sur les corps les qualités sensibles dont ils sont touchés : car autrement comment les passions pourraient-elles justifier leurs emportements et leurs injustices *?I1 ne faut pas toujours attribuer aux autres ce que nous sentons en nousmêmes : et comme ce défaut est ordinaire, dès qu'on nous parle de quelqu'un, nous pouvons craindre (lu'on y tombe, et que celui qui nous parle ne nous dit pas tant la vérité, que ce qu'il croit véritable. De sorte que pour ne se point tromper dans l'opinion qu'on a des personnes, il faut suspendre son consentement, et regarder ce qu'on en dit seulement comme vraisemblable. On doit se défier des hommes et toujours être sur ses gardes contre leur malignité : la prudence le veut ainsi. Mais il n'est pas permis de les cundamner en soi-même: Il faut laisser à Dieu seul la qualité de juge et de scrutateur des cœurs, si l'on ne veut se mettre au hasard de commettre mille injustices.
XV. Pour faire clairement comprendre la nécessité qu'il y a de travailler à acquérir quelque liberté d'esprit ou quel(|ue facilité à suspendre le consentement de la volonté, il faut savoir que lorsque deux ou plusieurs biens sont actuellement présents à l'esprit, et qu'il se détermine à leur égard, il ne manque jamais de choisir celui qui dans ce moment lui paraît le meilleur, je suppose égalité dans tout le reste. Car c, tnme l'âme n'est capable d'aimer que par le mouvement naturel qu'elle a vers le bien, elle aime infailliblement ce qui lui paraît avoir, dans le moment qu'elle se déterminera -, plus de conformité avec ce qu'elle aime invinciblement.