PREMIÈRE PARTIE. - DE LA VERTT
importuns qii<^ les passions excitent, il faut alisolunienl se servir du remède que je viens d'expli(]uer. Il faut éviter avec soin les objets qui les réveillent ', et remplir son esprit de pensées qui fassent diversion et révulsion dans les esprits. En un mot, il faut rendre les passions ridicules et méprisables : il n'y a point d'autre moyen de s'en délivrer -. Mais que ceux qui par un esprit plulosophique, ou par le mouvement de l'araourpropre éclairé, condamnent les passions comme des criminelles, ne s'imaginent pourtant pas être déjà justes aux yeux de Dieu, et ne se préfèrent point trop promptement à leurs frères. Il faut autant qu'on le peut, faire servir la nature à la grâce. Mais qu'on se souvienne toujours (jue la nature ne justilie pas; et que souveni la grâce opère dans les esprits et les convertit, sans qu'on y aperçoive de changement sensible: car je parle seulement ici de ces dispositions intérieures qui dépendent de celles de notre corps ^.
1. Var. Ce commencement de phrase n'était pas dans l'édilion de 1684.